Vincent Desjardins, propriétaire du studio de danse District 5 de Trois-Rivières, est fébrile à l’idée de retrouver ses élèves pour la session d’automne.
Vincent Desjardins, propriétaire du studio de danse District 5 de Trois-Rivières, est fébrile à l’idée de retrouver ses élèves pour la session d’automne.

Rentrée dans les écoles de danse: une session différente, mais loin d’être déplaisante

Amélie Houle
Amélie Houle
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Les derniers mois nous auront certainement appris que les activités et les loisirs de la vie quotidienne sont importants, voire nécessaires pour le bien-être psychologique de certaines personnes. Toutefois, en mars dernier, alors que les commerces et entreprises ont été contraints de fermer leurs portes, les écoles de danse, loin d’être des services dits essentiels, ont également dû faire de même, à leur grand désarroi, mais aussi à celui de leurs danseurs. Entre les hauts, les bas et les incertitudes à savoir s’ils pourraient de nouveau offrir des cours dans un avenir rapproché, c’est finalement avec une certaine fébrilité que les écoles de danse de la région s’apprêtent à accueillir de nouveau les danseurs pour la session d’automne... qui sera toutefois bien différente que par les années passées.

Excitation, fébrilité, plus prêt que jamais. Ce ne sont en effet pas les mots qui manquent pour décrire les différentes émotions qui sont vécues actuellement dans les différents studios de danse de la région. Pourtant, la situation aurait très bien pu laisser la place à l’incertitude, aux craintes et à l’angoisse. Dans les différents établissements de la région, loin de se laisser abattre, ce n’est pas dans cette optique qu’on souhaite envisager la session d’automne qui se déroulera dans une tout autre ambiance qu’à l’habitude, mais qui ne sera non pas moins déplaisante pour autant, promet-on.

«Ça fait du bien de recommencer, car on était loin d’être un service essentiel, donc on a été les premiers à devoir fermer et on est dans les derniers à rouvrir. Ça nous a fait de très belles vacances, mais là, il est temps que ça recommence! Et malgré les nombreuses mesures, on croit que c’est quelque chose de réalisable de notre côté et ça va donner pas mal le même genre d’énergie qu’on avait habituellement dans les cours, donc les gens vont pouvoir récupérer ça. C’est génial», avoue avec excitation Vincent Desjardins, danseur bien connu et propriétaire du studio de danse District 5 de Trois-Rivières.

«On a vraiment hâte de recommencer et on est fébrile. C’est sûr que certaines de nos enseignantes ont travaillé pendant l’été dans notre camp de jour, mais ce n’est pas la même chose, donc elles ont vraiment hâte de recommencer les vrais cours et nous aussi», soutient pour sa part la nouvelle directrice administrative de l’école de danse Transcendanse de Shawinigan, Élodie Carpentier.

D’ailleurs, alors qu’il est encore difficile de prévoir ce qui se passera à l’avenir et même dans les prochains mois, se tenir prêt à toute éventualité est essentiel dans le domaine, chose qui n’a pas été prise à la légère du côté de l’Académie de danse Mouv de Trois-Rivières.

«On est prêt avec toute la réglementation, autant du côté de notre programme Danse-Études que pour notre volet récréatif. Moi demain matin, même s’il y a une tempête de neige ou une autre fermeture en raison de la pandémie, la vie continue. Les élèves vont pouvoir garder le même horaire et les professeurs vont pouvoir faire des vidéos en direct. On est rendu qu’on pense comme ça. D’ailleurs, on a fait quatre plans comme on nous l’a demandé pour envisager tous les scénarios. On est vraiment prêt», a fait savoir la directrice générale de l’établissement, Natacha Verrette.

Natacha Verrette, directrice générale de l’Académie de danse Mouv de Trois-Rivières, est prête à toute éventualité pour la session d’automne.

De nombreuses mesures à respecter

Évidemment, bien que les cours peuvent reprendre quasi normalement dans les écoles de danse, ne donne pas des cours qui veut, bien au contraire. En effet, des consignes très strictes doivent être respectées à la lettre par les différents établissements, s’ils veulent être en mesure de recommencer à donner des cours à leurs élèves.

Ainsi, en plus des règles déjà bien connues de distanciation sociale, du lavage régulier des mains et du port du masque, les écoles de danse ont dû s’adapter à une réalité qui est toute nouvelle pour eux.

«C’est sûr qu’on a beaucoup de règles à respecter comme le ratio, mais on doit aussi respecter la distanciation sociale même si habituellement, en danse, on a l’habitude de travailler dans des formations, donc en groupe. C’est évident que le premier mois va être une adaptation, mais on peut quand même le faire avec les petits carrés qui vont être installés au sol pour respecter la distanciation», souligne Vincent Desjardins.

«On a dû faire beaucoup de changements pour pouvoir accueillir les danseurs. Chez nous, chaque fille va avoir son propre casier fermé pour ranger son matériel. Et pour la distanciation, le professeur va avoir sa zone et chaque fille va avoir son point par terre pour conserver le deux mètres. On doit aussi entre chaque cours se réserver un bon 15 minutes dédié à la désinfection du local et finalement, les parents vont devoir remplir un questionnaire concernant l’état de santé de leur enfant», énumère Natacha Verrette de l’Académie de danse Mouv.

Alors que la distanciation physique est obligatoire pour retirer les mesures de protection, dans certains cas, comme à l’école de danse Transcendanse de Shawinigan qui enseigne également les arts du cirque, il devient impossible de respecter cette mesure. D’autres solutions doivent donc être apportées.

«Évidemment, pour les cours de cirque, des mesures particulières sont prises. Notamment, les professeurs doivent porter la visière, car il y a plus de contact physique avec les élèves. On doit également procéder à la désinfection des mains et du matériel aérien entre chaque élève», précise Élodie Carpentier.

Le port du masque a également été un enjeu pour les différents établissements au cours des dernières semaines. Si les élèves de plus de 10 ans devront le porter lors de leurs déplacements, ils pourront cependant le retirer une fois dans la salle de danse. Un soulagement pour les divers intervenants qui voyaient mal leurs élèves pratiquer leur passe-temps avec un masque au visage.

«Au départ, notre inquiétude concernant les masques, c’était de savoir si on allait devoir danser avec, mais finalement, on a eu la bonne nouvelle qu’on pouvait les enlever pour danser, donc c’est génial», avoue Vincent Desjardins.

... et quelques défis à relever

Évidemment, qui dit mesures sanitaires strictes à respecter dit aussi des défis à relever. Les écoles de danse de la région en sont bien conscientes.

«C’est sûr qu’en diminuant les ratios et avec les nombreuses mesures, c’est plus de gestion pour nous. On a évidemment des coûts supplémentaires et moins de revenus, mais ce ne sont pas des choses qui sont énormes. Mais avec tout ce qui s’est passé, ça ne nous dérange pas de notre côté de respecter toutes ces règles-là pour nous permettre de recommencer. C’est vraiment différent pour nous, mais moins pour notre clientèle», explique Vincent Desjardins.

«Les défis pour nous seront plus au niveau de la gestion des élèves pour leur faire respecter le deux mètres. Sinon, les parents qui aiment venir regarder leurs enfants ne pourront pas rester dans l’école, donc ce sera plus difficile pour eux», souligne pour sa part Élodie Carpentier.

Élodie Carpentier, directrice administrative de l’école de danse Transcendanse de Shawinigan assure que toutes les mesures sanitaires seront prises afin d’assurer la sécurité des danseurs.

Parmi les défis, la diminution de la capacité d’accueil dans chaque groupe a également été nécessaire pour tous les établissements afin de s’assurer de respecter les règles de distanciation sociale. Ceux qui disposent de locaux plus spacieux sont ainsi avantagés à ce niveau. C’est le cas de l’Académie de danse Mouv qui vient tout juste de déménager dans des locaux plus grands.

«On a maintenant quatre grands locaux, donc oui, on doit réduire un peu notre capacité d’accueil, mais c’est vraiment minime dans le contexte.»

Des inscriptions qui vont bon train

Mettre en place toutes les mesures sanitaires exigées est une chose, mais les danseurs seront-ils au rendez-vous? C’est évidemment la question qui est sur toutes les lèvres. Pour les établissements sondés, il semblerait bien que oui.

«Malgré ce qui arrive actuellement, on a plus d’inscriptions qu’à l’habitude. Habituellement, en une semaine, on a environ 30 % de notre clientèle qui est inscrite et là, en une semaine, on vient d’atteindre le 50 %. Je pense que le monde a hâte de revenir et ils ont surtout envie de bouger», note Natacha Verrette.

Un son de cloche qui est similaire du côté du de l’école de danse District 5. «On a commencé les inscriptions il y a environ un mois et on a déjà une belle réponse même si on ne peut pas accueillir des groupes complets comme avant. J’ai été vraiment surpris de la réponse, car quand on a dit que les inscriptions commençaient, les gens nous écrivaient en abondance. D’ailleurs, déjà la première journée, on avait en 24 h plus 150 inscriptions. On constate que plusieurs personnes se sentent bien là-dedans, alors que d’autres vont plus attendre de voir comment les choses vont aller et rembarquer par la suite», précise Vincent Desjardins.

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Une diminution de la capacité d’accueil

Pandémie oblige, les écoles de danse de la région ont évidemment dû apporter quelques changements au sein de leurs établissements afin de respecter les mesures émises par la santé publique. La distanciation sociale étant du nombre, tout un chacun a évidemment dû revoir sa capacité d’accueil à la baisse. Alors que pour certains, la situation semble moins alarmante en raison de la grandeur des locaux qui permet à un plus grand nombre d’élèves d’y être simultanément, tout en respectant la distanciation physique, pour d’autres qui ont des locaux plus restreints, une diminution plus marquée du nombre d’élèves est nécessaire pour la session d’automne. Voici un aperçu de la diminution d’achalandage anticipée en raison des règles sanitaires en vigueur pour les trois écoles de danse sondées.

  • École de danse District 5: environ 30 % de diminution
  • École de danse Transcendanse: environ 40 % de diminution
  • Académie de danse MOUV: entre 15 et 20 % de diminution