La cinéaste Pauline Voisard a séjourné à plusieurs reprises au sein de la communauté des Soeurs de Notre-Dame du Perpétuel Secours pour créer des liens d'amitié qui se reflètent dans le film qu'elle leur consacre et qui s'intitule Femmes de lumière.

Religieuses et pétries d'humanité

La cinéaste d'origine trifluvienne Pauline Voisard poursuit son parcours qui semble inexplicablement lié à la vie religieuse ou plutôt à la vie de religieuses avec un nouveau film intitulé Femmes de lumière.
La cinéaste dirige cette fois son objectif sur la congrégation des Soeurs de Notre-Dame du Perpétuel Secours dont la maison mère est située à Saint-Damien dans la région de Saint-Michel-de-Bellechasse.
L'initiative ne vient pas d'elle mais ce sont les religieuses elles-mêmes qui l'ont invitée à poser son regard sur leur vie, leur travail, leur mission, question d'offrir un témoignage qui puisse durer dans le temps pour marquer leur 125e anniversaire de fondation.
Comme elle l'avait fait pour son film sur soeur Jeanne Vanasse Les yeux de Jeanne, Pauline Voisard s'immisce dans la vie quotidienne de ces femmes qui consacrent leur vie aux pauvres et jette sur elles un regard attendri.
Pour y arriver, elle a dû travailler longtemps pour assurer un apprivoisement mutuel qui fait en sorte que la caméra semble invisible aux intervenantes.
«Je les ai d'abord rencontrées en juillet 2015 pour débuter le projet en mettant mes conditions, raconte la cinéaste. Je leur ai bien dit que je ne vais pas à l'église et qu'il fallait qu'elles me fassent complètement confiance parce que le film allait être mon regard sur elles. Elles ont fait preuve d'une coopération totale.»
Elle a vécu plusieurs séjours de quelques jours chez les religieuses pour mieux les connaître et élaborer les axes de son film d'une durée d'une cinquantaine de minutes.
«Ce qui m'a le plus frappée chez elles, c'est la qualité de leur accueil, leur ouverture au monde. Dans leur maison au Lac Vert, par exemple, elles accueillent des gens de toutes religions qui viennent y passer quelques jours de recueillement. Par ailleurs, elles sont toutes très actives, même certaines âgées de 90 ans qui continuent de jouer un rôle dans la communauté.»
Son film témoigne aussi de l'organisation du chapitre puisque la cinéaste a suivi de près l'élection de leur secrétaire générale dans un processus démocratique assez exemplaire.
«L'élection arrivait au terme d'une démarche de trois semaines de discussions entre les représentantes de tous les chapitres de la congrégation à travers le monde pour définir les orientations de la congrégation au cours des prochaines années. Toutes ont eu la possibilité de s'exprimer.»
«J'avoue que j'ai été impressionnée par leur fonctionnement et par leur respect envers mon travail. Ce n'est pas comme ça que je percevais le clergé. Il n'y a rien de sectaire dans leur attitude et elles font preuve de lucidité dans leur regard sur le monde et sur le rôle qu'elles y jouent.»
Le témoignage d'une religieuse québécoise est, à cet égard, frappant, quand elle explique comment elles ont erré dans le passé lors d'interventions auprès de communautés africaines dont elles n'ont pas suffisamment respecté les coutumes. «On faisait de notre mieux, mais ce n'était pas ça qu'il fallait faire.»
«Au-delà du fait que ce sont des religieuses, dit Pauline Voisard, ce sont de beaux personnages qui justifiaient pleinement qu'on leur consacre un film. De l'extérieur, elles m'apparaissaient austères mais j'ai découvert des femmes généreuses, habitées par leur mission d'éducation et d'aide aux plus démunis.»
Dans notre monde matérialiste à l'excès, le film apporte non seulement une dense matière à réflexion mais aussi une bouffée d'air frais. La cinéaste souhaitait que le film ait à offrir quelque chose qui dépasse les convictions religieuses, quelque chose d'universel et elle y est arrivé.
À preuve: Radio-Canada a acheté les droits de diffusion non pas dans le cadre de l'émission Second Regard mais bien pour Les grands reportages.
Le public devra cependant patienter assez longtemps avant de le voir. Par contre, le film sera présenté le 28 mai au Musée des religions de Nicolet où on recommande de réserver sa place. Il sera aussi projeté au Musée de la civilisation de Québec le 3 juin prochain.