Les auteurs du rapport proposent l'imposition des dépenses publicitaires dans des médias dont 75% de la masse salariale est basée ailleurs qu'au Canada. Cet argent mènerait à la création d'un fonds pour «soutenir l'innovation numérique en information».

Recommandations pour aider les médias

Un rapport qui s'est penché sur l'avenir des médias canadiens recommande de fournir gratuitement le contenu en ligne de Radio-Canada à tout éditeur.
Le rapport recommande également une révision des règles d'impôts pour alléger la charge des médias en ligne qui fournissent de l'information principalement canadienne.
En imposant les dépenses publicitaires des annonceurs dans les médias en ligne dont 75 pour cent de la masse salariale n'est pas basée au Canada, on créerait un «Fonds pour l'avenir du journalisme et de la démocratie».
Ce fonds, d'après les recommandations des auteurs du rapport, serait mis sur pied par une première et unique contribution de 100 millions $ provenant des coffres fédéraux. Ensuite, l'impôt de 10 pour cent sur les publicités des médias en ligne «étrangers» y injecterait entre 300 et 400 millions $ par année.
Le fonds servirait à «soutenir l'innovation numérique en information».
On y pigerait également le financement d'un second service de La Presse canadienne, auteur de ces lignes, service qui serait sans but lucratif et qui déploierait 60 à 80 journalistes à travers le pays pour couvrir de l'information régionale et locale comme les tribunaux et les hôtels de ville.
Le rapport intitulé «Le miroir éclaté: nouvelles, démocratie et confiance dans l'ère numérique» est l'oeuvre d'Edward Greenspon, un ancien journaliste du Globe and Mail, aujourd'hui président-directeur général du Forum des politiques publiques (FPP).
Il veut voir Radio-Canada devenir un «fournisseur public universel d'un journalisme de qualité».
Il recommande donc que le radiodiffuseur public partage gratuitement son contenu numérique avec tout éditeur, tout en recommandant de commencer par les organismes sans but lucratif afin de minimiser les dommages qu'une telle diffusion gratuite pourrait avoir sur les compétiteurs de Radio-Canada.
L'organisme s'est basé sur une étude à laquelle ont participé des représentants des quotidiens québécois Le Devoir et La Presse, ainsi que le réseau Radio-Canada.
Le rapport du FPP reconnaît que le débat au Québec sur l'avenir du journalisme est différent. Il ne recommande cependant rien de spécifique au marché québécois.
M. Greespon estime que les voix québécoises qui réclament crédits d'impôts pour l'industrie et fonds de transition font fausse route.
«Nous ne croyons pas que le crédit d'impôt est la route à suivre», a-t-il proposé lors du lancement de son rapport, dans les bureaux du FPP, jeudi matin.
«Parce qu'on ne peut pas prédire l'avenir. (...) Si nous avions mis en place un fonds de transition il y a cinq ans, nous serions en train d'en demander un second aujourd'hui», a-t-il dit.
«Nous essayons de créer une situation où nous n'aurons pas à retourner et demander (plus d'argent au gouvernement)», a-t-il ajouté.
Cette étude a été faite à la demande du ministère du Patrimoine canadien. Le ministère a lancé une vaste consultation publique sur le contenu canadien dans le monde numérique, le printemps dernier.