Tori Boggs et Jason Nious du Cirque du Soleil.

Réaliser un rêve de petite fille

TROIS-RIVIÈRES — À force de travail et d’acharnement, son rêve de petite fille s’est réalisé, Tori Boggs a intégré le Cirque du Soleil. «Mes parents m’avaient promis que si un jour je réussissais et que je faisais le Cirque du Soleil, ils viendraient me voir, peu importe l’endroit dans le monde», raconte avec émotion Tori Boggs.

En effet, alors qu’elle était toute petite, la professionnelle de la corde à sauter a vu un spectacle du Cirque du Soleil à Orlando en Floride. Il ne lui en fallait pas plus. C’était décidé, un jour, elle serait aux côtés de ces artistes époustouflants. Lorsque le Cirque du Soleil l’a contactée, elle avait peine à y croire.

Samedi soir, alors qu’elle prenait place pour une dernière fois sur la scène de l’Amphithéâtre Cogeco, Tori Boggs a jeté un regard dans la foule. Sa mère avait fait le voyage depuis l’Ohio pour regarder sa fille réaliser son rêve. «Même si elle ne comprend pas un mot des paroles, le spectacle l’émeut beaucoup. Elle sait tout le travail qu’il y a derrière cette soirée et les réactions de la foule la rendent très fière», raconte Tori Boggs. Son père a également fait le déplacement, il s’est offert le billet d’avion pour son anniversaire et il est venu regarder sa fille comme il lui en avait fait la promesse il y a près de 20 ans.

Une prestation enlevante
Vingt-neuf fois championne du monde de corde à sauter, la prestation de Tori Boggs a de quoi impressionner sur la scène. Celle qui sait enchaîner plus de 1000 sauts à la corde en moins de trois minutes et qui a été deux fois capitaine de Team USA ne laisse aucun spectateur indifférent lorsqu’au beau milieu du spectacle, sa corde à danser s’enflamme. «J’ai conçu moi-même ma corde à sauter. C’est ma création et elle est unique», lance-t-elle les yeux brillants. Est-ce que c’est du vrai feu? «Évidemment», s’exclame-t-elle.

Du haut de ses 25 ans, la jeune artiste n’a pas froid aux yeux, elle multiplie les prouesses sur la scène. Ce qui la terrifie le plus...le banjo. «Lorsque je suis arrivée, on m’a demandé si je pouvais également jouer un peu de banjo. J’ai dit non, j’étais terrifiée à l’idée de me retrouver sur une scène devant des milliers de personnes et jouer de cet instrument. J’étais complètement en dehors de ma zone de confort», raconte-t-elle avec humour. Finalement, elle a relevé le défi.

Des souvenirs imprégnés
Ce qu’elle conservera de son passage en sol trifluvien, c’est l’accueil de la foule. «Les spectateurs sont incroyables, ils sont vraiment très attentifs et réagissent à nos prestations», souligne-t-elle. Elle ajoute qu’elle a été impressionnée par la qualité et le talent des artistes avec qui elle a partagé la scène, mais aussi de leur générosité. «C’est une expérience unique et je suis vraiment heureuse d’avoir eu cette opportunité», confie-t-elle.

Repousser ses limites
Ce n’était pas la première fois que Jason Nious foulait les planches en compagnie des artistes du Cirque du Soleil, mais encore cette fois-ci, ils ont su lui faire repousser ses limites. «Je suis un professionnel de ‘‘stepping et de body percussions’’. La première fois qu’ils m’ont engagé, c’était comme acrobate. J’ai dit non, je ne suis pas un acrobate! Ils m’ont dit d’essayer et je l’ai fait. Cette fois-ci lorsque je suis arrivé, ils m’ont donné des baguettes et ils m’ont demandé de faire des percussions sur des tonneaux. J’étais complètement déstabilisé», raconte-t-il. Finalement, celui qui a charmé la foule trifluvienne pendant 20 représentations au cours de l’été a relevé le défi proposé.

Ses mouvements de stepping et sa rapidité d’exécution sont impressionnants, mais c’est sa présence dans la foule pendant le spectacle qui a le plus marqué les spectateurs. «Pendant le spectacle, je me retrouve dans la foule et j’invite une personne à faire du stepping avec moi. C’est sans aucun doute mon moment fort. Chaque représentation je croise une nouvelle personne et les réactions sont toutes différentes», s’exclame-t-il en arborant un large sourire.

Fils de parents militaires, Jason Nious a voyagé à travers le monde. Il habite actuellement à Las Vegas. La première fois qu’il est venu au Québec, il a passé sept mois à Montréal... en hiver. «Cela avait été un choc thermique», lance-t-il en riant. Mais cette fois-ci, il découvre le Québec en été. «Je n’en reviens pas. C’est magnifique. J’ai vraiment aimé mon été à Trois-Rivières. Je me suis baigné dans le fleuve et dans un lac. C’est très différent du désert de Las Vegas», précise-t-il.

Une découverte
Jason Nious a découvert le «stepping» à l’âge de 16 ans. «J’ai vu une prestation à la télévision. Je l’ai enregistrée avec mon VHS et je l’ai regardé en boucle des centaines de fois jusqu’à ce que je réussisse parfaitement à reproduire tous les mouvements», se rappelle-t-il. Et ça y était, il allait devenir une référence mondiale dans le domaine et voyager un peu partout sur la planète.

Il admet cependant que cette fois, le défi était de taille. «J’ai eu quelques difficultés avec la langue. Les paroles des chansons sont très imagées et la production m’a traduit certaines d’entre elles pour que je comprenne bien le sens et l’émotion à refléter», souligne-t-il.

Pour Jason Nious, se retrouver sur la scène de l’Amphithéâtre Cogeco a été un réel plaisir. «Nous avons vraiment une belle équipe. Les responsables de la création et ceux de la direction m’ont vraiment impressionné par la qualité de leur travail et leurs connaissances», termine-t-il.

Quoi qu’il en soit, samedi soir, lorsqu’ils se sont avancés une dernière fois sur la scène pour saluer le public avant que ne se ferment les lumières, c’est avec un fort sentiment d’accomplissement et de fierté, mais aussi avec un petit pincement au coeur que les 27 artistes ont dit merci au public de Trois-Rivières pour une dernière fois.