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La directrice générale du Musée POP Valérie Therrien voit le rapport annuel 2020-2021 comme le témoignage d’une gros succès en période de pandémie.
La directrice générale du Musée POP Valérie Therrien voit le rapport annuel 2020-2021 comme le témoignage d’une gros succès en période de pandémie.

Rapport annuel du Musée Pop: un succès, malgré la pandémie

François Houde
François Houde
Le Nouvelliste
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Le Musée POP a rendu public jeudi son rapport annuel 2020-2021. Or, bien qu’il témoigne d’une année profondément perturbée par la pandémie de COVID-19, le document offre un constat réjouissant sur la façon dont l’institution a su manoeuvrer dans les circonstances et finalement, très bien tirer son épingle du jeu.

Il est vrai qu’en forçant une fermeture globale de sept mois, la crise pandémique est venue freiner un élan qui aurait entraîné le musée vers des records de fréquentation après ceux de 2019. Par contre, après un premier confinement difficile, l’équipe s’est remise à la tâche et a pu, en s’adaptant aux mesures mises en place par la Santé publique, reprendre un erre d’aller.

On a pu présenter de nouvelles expositions physiques et élaborer une riche programmation virtuelle qui a permis d’aller rejoindre plus efficacement certaines clientèles. De plus, le Musée POP a remporté un prix d’excellence décerné par la Société des musées du Québec pour son exposition Attache ta tuque! Une virée décoiffante dans la culture québécoise.

«Certes, la COVID a laissé des traces, indique la directrice générale Valérie Therrien dans le rapport annuel, mais elle nous a permis aussi de nous réinventer et de gagner le pari de demeurer présents et pertinents auprès de nos publics. Particulièrement auprès du public scolaire qui a répondu positivement, et en très grand nombre, à nos propositions virtuelles et en classe.»

Appelée à commenter en entrevue, elle a qualifié de très positif ce rapport. «En rédigeant le rapport, Claire Plourde (responsable des communications et développement des publics) et moi, on a fait le constat que l’équipe a été ultra performante. Et ce, même si on a été fermés sept mois, qu’il a fallu mettre des gens en chômage temporaire, etc. La capacité d’adaptation de l‘équipe du Musée POP est vraiment extraordinaire.»

Malgré les nombreux écueils de cette année à nulle autre pareille, la directrice soutient que le musée se trouve dans une posture financière adéquate malgré une perte de revenus autonomes de l’ordre de 70 %. «Pour cette année, ça va. Ce qui nous inquiète ce sont les prochaines années parce que bientôt, les subventions liées à la pandémie vont se terminer et le retour à la croissance de la fréquentation qu’on connaissait avant va prendre plus de temps à revenir.»

«Dans ce contexte, on a mis en place des mesures de suivi et d’adoption des budgets plus fréquents pour exercer un contrôle plus serré dans les prochains mois et années. On a assurément une préoccupation pour les années à venir. Il ne faut pas oublier qu’on vit avec une baisse progressive de nos subventions au fonctionnement de près de 47 % depuis 2016. Les mesures de redressement mises de l’avant ont permis une hausse de fréquentation et une augmentation des revenus de location de salles, mais là, on repart de loin pour aller retrouver cette croissance-là.»

«Notre modèle d’affaire fait que chaque nouveau projet doit être financé par de l’argent extérieur, principalement public. On doit donc compter sur de l’aide au fonctionnement et de l’aide aux projets. On en a eu beaucoup au cours des dernières années, mais il va falloir que ça se poursuive de la part de tous les paliers de gouvernement. Heureusement, jusqu’ici, on a présenté de bons projets qui nous ont permis de mettre en place des expositions comme L’ADN des superhéros ou En d’dans.»

Le rapport annuel suggère que, depuis la mise en place du plan de redressement, l’équipe a beaucoup appris, ce qui lui a permis d’être particulièrement efficace et créative devant le défi posé par la pandémie. «On a appris à faire des miracles avec rien et ça fait désormais partie de notre ADN. On va continuer de travailler comme ça après la pandémie, mais on doit continuer de recevoir de l’aide financière au fonctionnement et selon les projets. En comptant seulement sur la vente de billets ou les revenus autonomes, c’est extrêmement difficile de monter de bonnes expositions pour attirer le public.»

Pour l’instant, la programmation est remplie jusqu’en 2023 grâce notamment à des expositions itinérantes. «Nous sommes contents de les accueillir, mais on préfère monter nos propres créations. La prochaine de celles-ci, pour laquelle on commence déjà à déposer des demandes d’aide financière, ça va être pour 2023.»

Parallèlement, le volet virtuel du Musée POP a été sérieusement stimulé par la pandémie avec d’excellents résultats. «Nous sommes hyper satisfaits de notre programme virtuel. On est allés chercher des clientèles qu’on ne touchait pas. On a augmenté la clientèle surtout avec le volet scolaire qui a connu une hausse exceptionnelle. En avril de cette année, par exemple, on a une hausse du scolaire de l’ordre de 61 % grâce au virtuel. On a touché quelque 400 élèves de plus qu’au même mois en 2019. En juin, ça va probablement être 20 % de plus qu’en 2019. C’est vraiment super. On est allés chercher une part de marché supplémentaire avec des écoles de l’extérieur de la région et même une de Nanaimo en Colombie-britannique. C’est toute la francophonie internationale qui devient accessible avec le numérique.»

«D’une part, les activités virtuelles nous apportent des revenus, mais ce qui compte aussi, c’est que le visiteur ait accès à la mission du musée que ce soit en présence physique ou en virtuel, et ça, ça reste notre objectif de base.»

Il est par ailleurs clair aux yeux de la directrice que jamais elle n’aurait cru possible de se sortir aussi bien d’une crise comme celle qu’a engendrée la pandémie en 2020-2021. «Ç’a été tellement dur sur le moral quand on a dû fermer parce qu’on se voyait perdre les acquis gagnés depuis 2016. Ça faisait trois ans qu’on se battait corps et âme pour survivre avant que la pandémie ne frappe. Alors, quand on voit comment on est passés à travers, on ne peut que voir ça comme un gros succès.»

«Honnêtement, un rapport comme celui-là nous donne des ailes pour poursuivre le boulot. Il nous reste à continuer à travailler comme on le fait depuis quelques années et à rester extrêmement créatifs pour monter de beaux projets. L’équipe du Musée POP est tellement engagée, résiliente et fait preuve d’une telle capacité d’adaptation, c’est vraiment impressionnant. Il ne reste plus qu’aux visiteurs à revenir nous voir au cours des prochains mois.»