Le groupe Qw4rtz a offert un cadeau de fin d’année aux élèves de l’école Saint-Thérèse de Trois-Rivières en allant les rencontrer lundi en début d’après-midi. Le groupe sera en vedette le 4 juillet au FestiVoix. Autour de François Dubé, assis, on retrouve, de gauche à droite, Louis Alexandre Beauchemin, François Pothier Bouchard et Philippe C. Leboeuf.

Qw4rtz: une année de défis

TROIS-RIVIÈRES — Assurément, les gars de Qw4rtz vivent ces temps-ci des moments exaltants qui témoignent de leur polyvalence comme de leur irréprochable professionnalisme.

Le quatuor était lundi en visite à l’école Sainte-Thérèse de Trois-Rivières où ils ont offert un cadeau de fin d’année aux élèves. Un cadeau vivement apprécié par ces jeunes offrant un portrait multiculturel assez réjouissant. Si les conférences devant les écoliers font partie de la vocation du groupe, ses membres ne semblaient nullement blasés par l’exercice adapté à une clientèle plus jeune. «Qui sait si ça ne va pas en inciter certains à s’intéresser à la musique, à prendre des cours? plaide Louis Alexandre Beauchemin pour justifier l’intérêt de QW4RTZ pour ce type d’activités. On fait davantage de ces conférences devant des élèves d’écoles secondaires mais on rencontre aussi des plus jeunes et on a adapté le contenu. Il y a moins d’interventions parlées et plus de musique. Je pense que les enfants ont beaucoup aimé ça et c’est une récompense en soi.»

On le sait, QW4RTZ sera en spectacle au FestiVoix le 4 juillet et c’est à la direction de l’événement qu’on doit l’initiative de cette rencontre pour faire la promotion de la chanson francophone auprès des jeunes. «Pour fêter les 25 ans du FestiVoix et la fête de la ville de Trois-Rivières, qui, mieux que Qw4rtz, un groupe trifluvien qu’on a vu naître et qui a grandi avec nous? estime Anne Boucher, directrice des communications et coordonnatrice à la programmation de l’événement estival. On pense que ça allait de soi qu’on leur demande à eux de nous monter un spectacle gala.»

L’attachement de Qw4rtz à la communauté trifluvienne n’a jamais fait de doute et ce défi en témoigne de façon convaincante quand on prend conscience de la somme de travail que ça exige. «Je pense qu’on est devenus maîtres dans l’art de se mentir à nous-mêmes, rigole Louis Alexandre. On se doutait que ce serait du travail et on a embarqué quand même sauf que c’est pas mal plus exigeant qu’on pensait.»

Le groupe accueillera une brochette d’invités de leur choix pour ce grand spectacle: Breen Leboeuf, le groupe Trois-Quatre, Karim Ouellet, Alexandre Désilets, Gabriella ainsi que deux chorales locales: la Maîtrise du Cap et la chorale de l’école Val-Marie pour un total de quelque 60 choristes. Un spectacle à grand déploiement, en somme, qui aura cette particularité inédite de demeurer un spectacle entièrement a cappella. Comme Qw4rtz assure ses propres arrangements, François Pothier Bouchard a donc planché sur les partitions pour les remettre suffisamment tôt pour que tout le monde soit en mesure de bien les apprivoiser.

«Disons qu’on s’est donné des défis supplémentaires, commente l’arrangeur. On avait envie de chanter au moins une chanson de chacun des invités, ce qui veut dire du nouveau matériel. Dans l’ensemble, on a presque la moitié des chansons du spectacle qu’on n’a jamais interprétées. C’est beaucoup! Surtout qu’on tient à donner notre couleur à chaque arrangement.»

«En même temps, on est parfaitement conscients que c’est un privilège et qu’on ne pouvait pas refuser pareille offre, indique Philippe C. Leboeuf. On a participé au FestiVoix avant même que ça porte le nom de FestiVoix et alors que nous, on ne s’appelait même pas encore Qw4rtz! On est revenu pratiquement chaque année sauf en 2017, je pense. C’est une reconnaissance extraordinaire qu’on nous demande de faire ce spectacle pour célébrer le 25e anniversaire de l’événement et on est extrêmement touchés. Ça veut dire qu’on a cheminé pas mal.»

Les maîtres du monde
Impossible de ne pas aborder le plus récent fait saillant de leur étonnant parcours: leur participation à une activité du Sommet du G7 alors qu’ils ont chanté pour les sept plus importants dirigeants du monde occidental au Manoir Richelieu. La chose ne s’est pas faite sans péripéties puisque c’est dans le véhicule de tournée, en route vers Charlevoix, que la basse du groupe, François Dubé, a été contraint de déclaré forfait, victime d’une fulgurante pharyngite. «Je faisais de la fièvre et j’étais extrêmement faible, raconte-t-il. À un moment donné, j’ai dit aux gars que je n’y arriverais pas et je leur ai demandé de me conduire à l’hôpital.»

Le trio restant a logé plusieurs appels à Xavier Roy avec qui ils avaient déjà travaillé et celui-ci a accepté de remplacer Dubé. «Il a répété certaines partitions à la hâte et surtout, il a passé l’étape des vérifications de sécurité en mode express pour pouvoir être là, de raconter François Pothier Bouchard. Ça s’est quand même très bien passé.»

«On a chanté autour d’un feu de camp dans une atmosphère très relax qui a peut-être contribué à favoriser les discussions entre les chefs d’État, dit Philippe C. Leboeuf. Ce n’était pas prévu au programme mais à la suite de ça, les dirigeants ont eu une nouvelle rencontre et il paraît qu’ils sont arrivés à s’entendre sur certaines choses. Si on a pu contribuer un tant soit peu à favoriser la bonne entente, on en est vraiment très fiers.»

«Justin Trudeau nous a présentés à ses invités comme faisant partie des plus grands talents au Canada; c’était déjà excessivement flatteur, dit Louis Alexandre. Juste d’être là devant certains des plus grands dirigeants du monde et de constater tout le déploiement de sécurité, c’était carrément surréaliste. C’est quelque chose d’absolument unique qu’on ne revivra pas.»