François Dubé, Philippe C. Leboeuf, Louis Alexandre Beauchemin et François Pothier Bouchard forment QW4RTZ qui sera en spectacle le 6 mai prochain au Cabaret de l'amphithéâtre.

QW4RTZ: un peu plus loin, toujours

Très loin de s'atténuer, il semble que le lien ombilical unissant le groupe vocal QW4RTZ au public trifluvien se raffermit. Le groupe a capella se produira le 6 mai prochain au Cabaret de l'amphithéâtre et la salle de 325 places affiche complet.
Devant cet état de fait on ne peut plus réjouissant, les gars du quatuor ont profité de l'entrevue avec Le Nouvelliste pour faire la promotion d'un autre spectacle le 12 novembre à la salle Thompson.
«On travaille présentement sur notre prochain spectacle et on ne pensait pas mettre les billets en vente si rapidement pour la représentation de Trois-Rivières, mais comme il n'y a plus de places pour le 6 mai, aussi bien offrir une autre option à nos fans», explique Philippe C. Leboeuf. 
«Au Cabaret de l'amphithéâtre, ce sera une des toutes dernières représentations du spectacle qu'on promène depuis quelques années. Loin d'être blasés, on est encore enthousiastes parce qu'il est solide, qu'on le possède à la perfection et qu'on peut aller plus loin dans l'interprétation. C'est fou parce qu'au début, quand on le préparait, on craignait vraiment de ne pas arriver à répondre à ce que Serge Postigo nous demandait. Aujourd'hui, on est tellement à notre aise qu'on a l'impression de pousser le tout un peu plus loin encore.»
«La réalité du métier, c'est qu'on ne peut jamais s'asseoir sur nos lauriers, constate François Pothier Bouchard. On doit se renouveler avec du nouveau matériel, repousser nos limites encore et encore pour surprendre nos fans et éviter une impression qu'on se répète. La musique, c'est devenu un monde particulier: il n'y a pas de sécurité. On peut frapper un mur n'importe quand. Heureusement, en travaillant avec Serge, on est bien conseillés par quelqu'un qui nous pousse constamment.»
«Ce spectacle qu'on présentera au Cabaret a été très important dans notre parcours, indique Louis Alexandre. Il a défini notre identité. C'est une étape où tout s'est soudé pour nous. Avant, nos idées allaient dans toutes les directions, mais depuis, on sait précisément ce qu'on sait faire et ce qu'on veut.»
L'entrevue s'est déroulée dans la salle même du Cabaret de l'amphithéâtre avec des fenêtres donnant sur les très grandes estrades de l'amphithéâtre extérieur. Impossible pour les Trifluviens de QW4RTZ de ne pas rêver un peu. Se sentiraient-ils en mesure d'affronter un jour ce monstre avec ses 3500 places assises?
«Je pense que ce serait possible, répond Louis Alexandre. Évidemment, c'est dans une perspective à long terme, mais je pense qu'avec Serge Postigo, on trouverait une façon d'habiter ce lieu adéquatement. Au spectacle de l'ouverture officielle, on avait fait chanter Hallelujah de Leonard Cohen et ça avait très bien marché. Par contre, un spectacle complet, ça impliquerait des ajustements.»
«En même temps, quand on a commencé, poursuit Philippe Leboeuf, on avait l'impression que notre musique a capella ne pourrait trouver sa place que dans l'intimité de petites salles de 250 personnes. On a découvert qu'on arrive à créer une chaleur et une proximité avec le public même à la salle Thompson.
Ç'a été le cas au FestiVoix, devant 4500 personnes. On a même chanté devant quelque 50 000 personnes lors du spectacle de la fête nationale l'été dernier et on y a appris pas mal de choses: l'écoute est toujours différente selon les publics et il faut s'ajuster en fonction du contexte, quitte à remodeler un peu la mise en scène.»
«Je suis persuadé qu'à quatre, avec nos micros bien distancés, on peut très bien occuper la scène, analyse François Pothier Bouchard. Bobby McFerrin était seul sur scène sans instrument et il a présenté des spectacles dans des stades. Le secret, c'est de faire voyager l'énergie jusqu'au fond de la salle et ça, on sait qu'on y arrive.» 
Par ailleurs, le quatuor continue de faire preuve d'un professionnalisme que plusieurs pourraient leur envier. Ils se sont mis sérieusement à l'entraînement en gymnase pour améliorer leur condition physique.
«Notre spectacle est exigeant physiquement, mais surtout, on ne peut pas se permettre de connaître des baisses d'énergie, explique Louis Alexandre. À cause de la formule a capella, on n'a pas vraiment de pause complète que, dans un autre spectacle, les musiciens peuvent remplir.
Par ailleurs, on doit aussi être en contrôle de notre respiration: c'est évident qu'elle influe sur le timbre et la qualité de notre voix. Pour tout ça, on n'a pas le choix: il faut être en excellente condition physique.»
L'enthousiasme des chanteurs étant constant, QW4RTZ travaille aussi à un deuxième album. «On a une bonne banque d'idées, soumet François Dubé. La réponse de nos fans au premier album a été extraordinaire et c'est, à petite échelle, un très beau succès.
D'ailleurs, on va bientôt diffuser un nouveau clip tiré de cet album. L'aventure d'A capella 101 nous a beaucoup appris sur le volet enregistrements de notre carrière. Le spectacle demeure notre mode privilégié d'expression, mais c'est tellement éphémère; les gens veulent avoir quelque chose de QW4RTZ qu'ils peuvent emporter chez eux.»
«On a compris qu'on doit se réapproprier complètement les chansons, précise Louis Alexandre. François possède cet art de créer des arrangements uniques qui nous identifient. Oui, on va reprendre des chansons connues, mais elles seront complètement différentes présentées par nous. On a trouvé l'approche qui nous convient. Et si on n'est pas toujours en mesure de sortir des albums complets, on va sortir des simples.»
Avant la réalisation de tous ces projets, il y a un rendez-vous marqué au feutre rouge dans leur agenda. C'est le 6 mai.