Réunis pour la conférence de presse annonçant la programmation de l’édition 2019 de la Biennale internationale d’estampe contemporaine de Trois-Rivières, on retrouvait, de gauche à droite: Jean-Bernard Charette, président du ca de la Biennale, François Morelli, président d’honneur et Élisabeth Mathieu, directrice générale et artistique.

Qualité, prestige et accessibilité

TROIS-RIVIÈRES — La 11e édition de la Biennale internationale d’estampe contemporaine du 16 juin au 8 septembre promet d’aller à la rencontre du grand public avec l’arrivée de nouveaux sites d’exposition et un contenu dont le propos, très marqué par les inquiétudes sociales et politiques actuelles, saura rejoindre les préoccupations de tous.

Dans l’ensemble, sur 445 dossiers soumis, on a retenu 53 artistes en provenance de 21 pays qui présenteront 280 œuvres réunies dans les quatre habituels lieux d’exposition que sont la Galerie d’art du Parc, le Centre Raymond-Lasnier, le Musée Pierre-Boucher et l’ancienne gare ferroviaire sur la rue Champflour. On calcule qu’environ 25 % des participants de 2019 proviennent du Canada et que 25 % des artistes représentés ont 35 ans et moins.

Pour la première fois, l’événement annonce une collaboration avec le Musée d’art de Joliette qui présentera cinq œuvres et une matrice à son imposant public. Les autres lieux de diffusion seront le nouvel Espace 11e BIECTR, où seront installés les bureaux de la direction pendant l’événement au 1554 de la rue Notre-Dame centre, à Trois-Rivières, le Centre culturel Pauline-Julien, le Musée Pop, la Galerie r3 de l’UQTR, l’Espace Jeanne-Vanasse au pavillon des sciences du cégep de Trois-Rivières, le Centre de diffusion Presse Papier, l’ancienne caserne du village de Champlain, la Maison et atelier Rodolphe-Duguay, le Centre d’art Jacques et Michel Auger, la Place Ste-Victoire et le Centre Atoll art actuel. Ces trois derniers lieux sont situés à Victoriaville.

En cette période où les instances subventionnaires sont souvent frileuses en culture, il est réjouissant de constater que l’événement trifluvien a pu dénicher de nouveaux commanditaires dont Loto-Québec qui revient à ce titre après une pause. Il faut dire que l’organisme célèbre cette année les 40 ans de sa collection qui a débuté avec l’acquisition d’estampes, justement. Ce retour permettra d’ajouter deux prix à la liste de ceux qui existent déjà soit celui de la relève, pour les artistes de 35 ans ou moins et celui des artistes émergents (35 ans et plus).

Autre nouveauté, la poétesse Vanessa Bell a été invitée à écrire de courts textes poétiques offerts à la lecture du public le long de son parcours entre les différents lieux d’exposition. Ces textes présenteront les sept groupes dans lesquels les artistes participants ont été divisés par la direction pour cette 11e édition. Le public pourra aussi entendre les textes grâce à une application pour téléphones.

Parmi les activités au programme, on retrouve des rencontres/mini-conférences et visites guidées tout au cours de l’été. Les visiteurs pourront se procurer un passeport au coût de 5 $ leur donnant accès à ces rencontres où les artistes vont parler de leurs œuvres ainsi qu’aux visites.

La conférence de presse de mardi a permis de dévoiler le nom du président d’honneur qui est François Morelli, qui a combiné une carrière enviable en tant qu’artiste multidisciplinaire à une autre, tout aussi riche, comme enseignant. S’il s’avère un choix de qualité pour la Biennale, lui affirme que l’événement trifluvien est très prestigieux. «Qu’une biennale en arts visuels au Québec ait 22 ans d’existence, c’est déjà tout à fait remarquable. J’ai vu plusieurs éditions antérieures mais pour avoir parcouru les œuvres de cette année, je peux dire que cette édition est d’une qualité incroyable avec beaucoup de diversité dans les techniques, les propos ainsi qu’un rayonnement international énorme. C’est un événement très important, aussi actuel que pertinent et c’est assurément un must au Québec cet été.»

De son côté, la directrice générale et artistique Élisabeth Mathieu se réjouit d’apports financiers de dernière minute. «Le retour d’anciens partenaires qui viennent contribuer financièrement et l’ajustement de la subvention du CALQ, font qu’on a eu une marge de manœuvre qui n’était pas prévue dans le budget de départ. Nous sommes très heureux de nos nouveautés comme les deux expositions parallèles à Victoriaville ou l’autre au Musée d’art de Joliette. Ça nous permet d’aller chercher une nouvelle connexion avec le public du Musée de Joliette qui a excellente réputation et de continuer à développer notre propre public.»

Par ailleurs, en termes de contenu, la directrice artistique a été particulièrement interpellée par une préoccupation générale évidente des artistes pour les causes sociales et politiques. «Je ne sais pas à quoi ça tient précisément mais on sent que les œuvres de cette année sont marquées par une certaine noirceur. Les artistes nous parlent toujours de leur vécu mais cette année, il est flagrant qu’ils sont préoccupés par les menaces politiques et environnementales, notamment, qui pèsent sur nous tous. Il y a très peu d’œuvres colorées en 2019 et vous allez constater que la visite des salles d’exposition va venir avec une lourde charge émotive. Les artistes sont nos contemporains et vivent les mêmes choses de sorte que le grand public va se reconnaître dans le propos souvent très percutant.»

On espère évidemment que cette incursion sur de nouveaux territoires aidera à augmenter l’achalandage global de l’événement même si on ne mise pas forcément là-dessus. «On ne peut jamais prévoir avec assurance l’effet que ça va avoir mais on pense qu’avec l’ajout de Joliette, on peut espérer que des gens de Montréal vont s’y rendre et tant qu’à y être, poursuivre leur route jusqu’à Trois-Rivières.»