L’artiste muraliste nicolétain Maxim Charland a mis sur pied une tournée des oeuvres qui décorent Nicolet et ses environs le 11 août prochain. L’événement servira à amasser de l’argent pour sauver les femmes qui, à travers le monde, risquent de mourir des suites d’un accouchement difficile.

Pour toutes les mères du monde

TROIS-RIVIÈRES — Un artiste nicolétain du graffiti, Maxim Charland, a non seulement laissé sa marque dans la ville par la réalisation de quelques murales mais il pousse plus son implication en en faisant un outil en faveur d’une noble cause. Il propose au grand public de faire une tournée commentée de la dizaine d’œuvres dont il est l’auteur le 11 août prochain pour amasser de l’argent pour l’organisme Every Mother Counts qui cherche à rendre la grossesse et l’accouchement plus sécuritaires pour les femmes du monde entier.

La démarche est d’autant plus intéressante qu’elle s’inscrit dans le parcours de vie particulier de l’artiste. Maxim Charland a 37 ans. Il est autodidacte en tant que muraliste, un art auquel il s’est initié dans sa jeunesse à travers le graffiti. Il faut dire également qu’il est le petit-fils de l’aquarelliste nicolétain Jean-Paul Charland de sorte qu’il est permis de croire qu’il bénéficie d’une fibre artistique naturelle. Il reste qu’il a passé ses premières années sur le marché du travail à explorer plusieurs domaines autres qu’artistiques. «Je me suis cherché», admet-il tout simplement.

Il s’est trouvé en se remettant au graffiti de façon plus sérieuse il y a environ six ans mais toujours par simple passion. Depuis deux ans, la passion est devenue son unique gagne-pain. Au cours des années, il a réalisé plus d’une dizaine d’œuvres dans la région nicolétaine dont une murale sur laquelle il travaille présentement en vertu d’un contrat de la Ville de Nicolet sur le mur d’un bâtiment voisin de l’hôtel de ville.

«On retrouve de mes œuvres au Collège Notre-Dame-de-l’Assomption, à l’école secondaire La Découverte de Saint-Léonard-d’Aston, à Trois-Rivières et à différents endroits à Nicolet. Chaque contrat est différent du précédent selon la demande. Il y a quelques caractéristiques qui reviennent et qui marquent un peu mon style mais il faut avoir l’œil pour les remarquer. J’aime faire de tout mais il y a un souci d’harmonie dans les couleurs, un équilibre en même temps que du mouvement. Je n’aime pas ce qui est trop statique. Les gens me parlent souvent de la simple beauté de mes murales belles et c’est ce que je souhaite entendre. J’aime faire plaisir à ceux qui regardent.»

De son propre aveu, c’est le plaisir de créer qui demeure sa motivation première. En parallèle de son métier, il a entrepris un certain virage dans sa vie personnelle par lequel il a décidé de prendre davantage soin de lui-même, ce qui l’a amené à se lancer dans le jogging il y a quatre mois. Et comme il carbure aux défis, il a décidé de relever celui de courir des marathons. «Je me suis inscrit au Marathon des couleurs mais je rêvais de quelque chose de plus gros; j’ai décidé de m’inscrire au Marathon de New York. Pour un coureur novice comme moi, la façon d’y avoir accès, c’est de courir en amassant de l’argent pour une cause de notre choix. En m’inscrivant, j’ai découvert l’organisme Every Mother Counts et ça m’a tout de suite interpellé.»

Ne connaissant pas son père biologique, il a été élevé par sa mère à laquelle il voue une reconnaissance infinie tout comme à sa grand-mère avec qui il vit présentement. Les mères sont, à ses yeux, les véritables super héroïnes de ce monde. Or, a-t-il appris à travers Every Mother Counts, une femme meurt des suites de difficultés liées à la grossesse ou à l’accouchement à toutes les deux minutes à travers la planète. C’est 303 000 femmes qui décèdent en cherchant à donner la vie chaque année, un chiffre que l’organisme s’attache à faire fondre.

Pour avoir accès au Marathon de New York qui aura lieu le 3 novembre prochain, Maxim Charland devra obligatoirement amasser 3250 $. Lui a choisi de viser un montant plus significatif, soit 82 080 $, ce qui équivaut au nombre de femmes qui mourront durant le laps de temps le séparant du marathon new-yorkais. Il a donc mis sur pied des initiatives lui permettant d’amasser cet argent. La tournée de ses oeuvres le dimanche 11 août s’inscrit dans cette liste.

Le parcours en autobus en compagnie de l’artiste qui commentera ses œuvres pourra accueillir une quarantaine de personnes qui devront débourser 40 $ totalement dévolus à sa cause. On peut s’y inscrire en contactant le bureau d’information touristique de Nicolet-Yamaska.

Par ailleurs, pour en connaître davantage sur ses diverses initiatives visant à atteindre son objectif de 82 080 $ à remettre à Every Mother Counts, on peut consulter la page facebook The Momathon Project (https://bit.ly/2XHBaMd) ou son compte Instagram @themomathonproject.