Denis Villeneuve a reçu son doctorat honorifique en présence de plusieurs personnalités et diginitaires mardi à l’UQAM.

«Pour obtenir ce doctorat, ça m’a pris 30 ans»

MONTRÉAL (PC) — Le cinéaste Denis Villeneuve a reçu mardi matin un doctorat honorifique de l’Université du Québec à Montréal, un diplôme qu’il aura «mis 30 ans» à obtenir et pour lequel il aura «dû dépenser 300 millions $».

La remise de cette distinction a eu lieu en présence des diplômés de l’Université qui célébraient leur collation des grades, à la Place des Arts.

Denis Villeneuve est monté sur scène muni non pas d’un, mais de deux discours: un dont il a admis être très fier, écrit depuis un certain temps, et un autre qu’il a choisi de faire à la dernière minute, après «s’être réveillé au milieu de la nuit en ayant la conviction profonde (qu’il) faisait fausse route».

Ce premier discours, il l’a gardé pour lui, optant plutôt pour le second, écrit à l’aube, dans lequel il a parlé de sa lenteur, s’est qualifié de «rêveur professionnel» et a conseillé aux étudiants de se trouver «un bon thérapeute».

«Je n’ai pas de félicitations à recevoir et je ne suis pas un exemple à suivre. Pour obtenir ce doctorat, ça m’a pris 30 ans. Et j’ai dépensé plus de 300 millions $», a-t-il noté.

«Je n’ai pas de grandes révélations à vous faire ce matin. Si vous aviez voulu des paroles de sage, il aurait fallu m’inviter dans 20 ans», a-t-il ajouté.

Denis Villeneuve est diplômé de l’UQAM en cinéma. En point de presse après la cérémonie, le cinéaste de 50 ans a souligné aux journalistes que son arrivée dans cet établissement, après un détour par les sciences, l’a profondément rendu heureux et que c’est à partir de ce moment que la vie a commencé à être belle.

Il se souvient d’ailleurs avec amusement que l’un de ses professeurs avait lancé aux étudiants, à l’époque, qu’il n’y aurait pas de cinéastes parmi la classe, qu’il n’y aurait que de bons spectateurs.

Celui qui n’avait pu assister à sa propre collation des grades à la fin de son parcours universitaire a toutefois admis s’être senti comme un imposteur lorsqu’il a reçu son doctorat honorifique.

«J’étais un peu gêné, quand je voyais les vrais docteurs monter sur la scène», a-t-il admis après la cérémonie.

Cet honneur, qui le touche beaucoup, arrive cependant à un bon moment pour lui, alors que la frénésie du cycle «Blade Runner 2049» vient de prendre fin.

«Ça arrive vraiment à un moment où j’ai l’impression qu’il faut que je réfléchisse à comment évoluer comme cinéaste, comment me renouveler», a-t-il expliqué.

Denis Villeneuve renoue maintenant avec l’un de ses vieux plaisirs, l’écriture, puisqu’il travaille sur le scénario de «Dune», un processus qui, de son propre aveu, prendra beaucoup de temps.

Le cinéaste québécois prévoit cependant prendre un moment pour célébrer, non pas son doctorat honorifique, mais plutôt le travail de sa fille, qui souhaite suivre les traces de son père.

«Ce soir, je vais faire un événement très spécial: ma fille, qui est en cinéma (à Concordia), va avoir la première projection de son court métrage», a-t-il conclu avant de quitter les journalistes, visiblement fier.