Certains élèves des écoles Saint-Paul et Saint-Philippe de Trois-Rivières pourront poursuivre leur apprentissage de la musique dans les prochaines années grâce à la poursuite du programme BOUM parrainé par l’OSTR.

Pour la musique et bien plus encore

TROIS-RIVIÈRES — Lancé l’an dernier, le projet BOUM est devenu un programme qui fera une différence dans la vie de plusieurs élèves des écoles Saint-Paul et Saint-Philippe de Trois-Rivières pour des années à venir. Parrainé par l’OSTR, le programme éducatif permet à vingt-deux élèves d’apprendre la musique avec tous les bienfaits que cela procure, et ce, sans frais pour les parents.

Précisons que BOUM est l’acronyme du Band orchestral urbain de la Mauricie et que le programme mis en place est inspiré du El Sistema créé en Argentine et qui vise un apprentissage alternatif assez intense de la musique en favorisant l’intégration sociale des jeunes.

Le programme parascolaire compte cette année 11 nouveaux adhérents. Ceux-ci se lancent dans une aventure exigeante puisqu’ils bénéficient de deux heures d’activités musicales tous les jours après les heures régulières de cours. Ils suivent des cours d’instruments à cordes, violon ou violoncelle dès la deuxième année, de chant choral, de théorie musicale, de percussions, d’activités artistiques et aussi un cours de yoga. Maxime Le Meur, diplômé universitaire, est l’enseignant principal et il compte sur des professeurs d’instrument ayant tous une formation musicale approfondie et une expérience en enseignement.

Le financement du programme est assuré par l’OSTR qui le puise auprès de plusieurs généreux partenaires du milieu. Ainsi, jeudi, lors de la conférence de presse pour parler de ce programme, la Fondation Richelieu a annoncé sa participation de l’ordre de 25 000 $ pour les cinq années à venir. Le programme permettra notamment au groupe de participer au Concert de Noël de l’OSTR le 15 décembre prochain sur la scène de la salle Thompson.

Plus que par le strict apprentissage de la musique, le programme se justifie par ce qu’il apporte à l’éducation globale des enfants. «Quand je suis revenue à Trois-Rivières en provenance de Corée du Sud, raconte Natalie Rousseau, directrice générale de l’OSTR, j’ai été frappée par les faiblesses de notre système d’éducation. Je me suis demandé ce que l’OSTR pourrait faire pour donner des outils supplémentaires aux enfants et l’apprentissage de la musique peut faire ça. On veut essentiellement bâtir quelque chose de meilleur pour la société.»

Manon Rocheleau, directrice de l’école Saint-Paul, qui accueille le programme, adhère complètement à cette vision. «J’avoue que j’étais sceptique au début l’an dernier. Je voyais ça comme un pari que de partir un programme comme ça avec des élèves de la 2e à la 5e année. Surtout que c’est 170 jours dans l’année scolaire, ce qui n’est pas rien. Je peux dire aujourd’hui que c’est un pari que Mme Rousseau a gagné haut la main. Les élèves ont fait de grands pas et acquis de gros apprentissages et pas seulement en musique: on parle du vivre ensemble, de l’effort, du sens de la solidarité, de la persévérance, de l’assiduité et du dépassement de soi. De plus, la majorité des participants de l’an dernier ont voulu poursuivre.»

«Ajouter la musique à ce qu’on offrait déjà aux élèves, c’est beaucoup. J’ai toujours eu des jeunes qui avaient envie de faire de la musique mais dans des quartiers comme celui où nous sommes, ce n’est pas toujours possible alors, l’offrir gratuitement, c’est énorme. On les prend, peu importe leur âge, on va à leur rythme et les ateliers sont bien structurés. La première condition pour moi, c’était que les jeunes aient du plaisir et ils en ont.»

«La première retombée que je constate, c’est l’effet évident sur leur estime de soi. On leur offre des défis à leur hauteur et ils découvrent des ressources en eux-mêmes qu’ils ne soupçonnaient même pas. Ça contribue aussi aux habiletés sociales. Ce sont des compétences humaines énormes. En plus, quand on les voit en prestation, qu’on les voit évoluer, on est vraiment fiers d’eux. L’école ne pourrait offrir ça par elle-même sans l’apport de l’OSTR.»

Nouveau chef

Dans un autre ordre d’idée, la directrice générale de l’orchestre trifluvien a indiqué que le processus de sélection d’un nouveau chef va bon train. «Le comité de sélection a resserré sa liste de dix candidats ciblés initialement à six. On est en processus d’entrevues longues et on va voir les chefs diriger à gauche et à droite. Nous avons des candidats de très haut niveau et l’excellente réputation de l’orchestre fait qu’ils sont très intéressés. On fait cependant face à une situation inattendue: certains chefs voudraient avoir l’occasion de diriger l’orchestre pour se faire une idée plus précise. C’est compréhensible mais d’un point de vue logistique, c’est un défi très important.»

«Il faut comprendre que de trouver des dates pour réunir l’orchestre et le chef candidat, c’est tout un casse-tête: tous ces gens-là ont des agendas de premier ministre! Ça pourrait retarder le processus d’embauche jusqu’à six mois. Est-on prêt à retarder le processus pour satisfaire à cette condition ou est-ce que le conseil d’administration va plutôt préférer qu’on prenne une décision plus rapidement? Il appartiendra au c.a. de décider du processus final. L’objectif initial était de nommer quelqu’un avant la mi-décembre et à ce stade-ci, je ne l’exclus pas mais ça pourrait aussi retarder. Est-ce qu’on ne garde que deux chefs potentiels qui vont rencontrer l’orchestre lors d’une même journée? C’est aussi quelque chose qui peut se faire. Ce qui est sûr, c’est qu’il nous reste d’excellents candidats qui pourraient tous faire cheminer l’orchestre de façon intéressante.»

Dans le contexte de la conférence de presse de jeudi sur le projet BOUM, il est apparu évident que l’intérêt du futur chef à s’impliquer dans la communauté fera partie des critères majeurs de sélection.