Extraite du documentaire Un homme sage-femme, cette photo nous montre Louis Maltais au travail dans le cadre d’un des stages qui ont fait partie de sa formation acquise à l’UQTR.

Plus loin que l’image

Trois-Rivières — Le parcours exceptionnel de Louis Maltais pour devenir le premier homme à obtenir son baccalauréat du programme de sage-femme de l’UQTR a fait l’objet d’un documentaire réalisé par Martine Asselin et intitulé: Un homme sage-femme. Le film sera diffusé pour la première fois à la télévision le lundi 4 février prochain à 21 h, sur les ondes d’UNIS.TV. Il sera rediffusé le mercredi 6 février (12 h 30), le jeudi 7 février (1 h 30) ainsi que le dimanche 10 février (14 h 30).

Si l’histoire qu’il raconte est en soi assez unique pour mériter qu’on lui consacre un film, le processus de la réalisation l’est presque tout autant. Dès le départ, le hasard a fait son œuvre puisque la réalisatrice a eu vent de l’histoire quand elle a fait la route entre Montréal et Saguenay en compagnie de Louis Maltais par le hasard du covoiturage. Le jeune homme a raconté à la cinéaste qu’il s’apprêtait à entreprendre ses études de sage-femme et celle-ci a immédiatement vu le potentiel pour un film.

Martine Asselin a suivi Louis Maltais de sa toute première journée au sein du programme universitaire jusqu’à la cérémonie de remise des diplômes qui venait couronner quatre années d’efforts. «Évidemment, je ne le suivais pas tout le temps, plaide-t-elle, mais j’ai constamment été en contact avec lui. On choisissait d’aller filmer certaines journées ou certains événements qui apparaissaient plus intéressants pour nourrir le documentaire.»

«Au départ, je l’ai fait sans avoir le moindre financement. On a réussi à trouver des bailleurs de fonds en cours de route mais ce n’est qu’une fois le film terminé qu’on a finalement eu une entente avec un diffuseur. C’est un peu normal: plein de choses susceptibles de le faire avorter pouvaient arriver sur un projet aussi long: Louis aurait pu changer d’idée sur sa vocation ou même sur sa participation au film, il aurait pu échouer, etc. À mes yeux, le sujet méritait qu’on prenne une chance et les événements ont tourné en notre faveur.»

La direction du programme de sage-femme à l’UQTR s’est montrée très coopérative et le film en témoigne en faisant intervenir à plusieurs reprises des membres de sa direction. Ils n’ont même pas imposé de contraintes à l’équipe de tournage, très légère il est vrai, soutient Martine Asselin. «La seule entente qu’on avait, c’est que chaque professeur était libre de nous refuser l’accès à une activité ou à un cours si ça lui posait un problème quelconque. C’est important de comprendre qu’il y a une implication très personnelle et intime des étudiantes dans le programme et leurs études sont marquées par un très grand investissement émotionnel. Malgré ça, on n’a presque pas eu de refus et ç’a été pareil lors des stages de Louis en Maison des naissances où on a été très bien accueillis.»

Le film est davantage un regard posé sur l’évolution d’un homme à travers sa formation comme sage-femme qu’un document sur la présence d’un mâle dans un univers qu’on croyait réservé aux femmes. «On voit Louis se définir comme individu à travers ses études en plus d’acquérir des connaissances. Je pense aussi qu’on lève le voile sur une profession méconnue et qui fait l’objet de beaucoup de préjugés, encore aujourd’hui même si elle est de mieux en mieux acceptée. J’espère que le public va en tirer une meilleure connaissance de ce milieu et va apprendre à apprécier cette pratique à sa juste valeur. Je pense que le film est aussi une réflexion sur l’acceptation des gens tels qu’ils sont au-delà des notions de genre.»

La réalisatrice a été particulièrement choyée de pouvoir miser sur un individu très intéressant qui évolue devant la caméra avec un naturel assez étonnant. «Ça fait drôle de dire ça mais c’est vrai que Louis est un bon «personnage» par son attitude, son dynamisme, son ouverture d’esprit, sa sincérité. C’est une très belle personne. Dès le départ, j’ai eu l’impression qu’il me permettrait de faire un bon film et mon instinct a été bon.»

Un homme sage-femme poursuit une tournée de visionnements à travers le Québec où des discussions ont souvent lieu au terme de la projection. Des demandes d’inscription ont été faites dans des événements internationaux et pourraient lui valoir un intéressant parcours au-delà de nos frontières puisque le dossier des sages-femmes est d’actualité dans plusieurs pays.