Le chanteur Tim Hicks n’a pas eu à déployer trop d’efforts pour stimuler un public conquis d’avance et particulièrement enthousiaste lors du spectacle qu’il offrait à la salle Thompson samedi soir.

Plein de nouveaux amis

Trois-Rivières — L’expérience menée par le Festival western de Saint-Tite a été une convaincante réussite. Le spectacle qu’a donné Tim Hicks à la salle Thompson samedi soir a attiré environ 700 spectateurs, ce qui est intéressant, mais plus important, il a attiré une foule jeune, enthousiaste et foncièrement différente de ce à quoi on est habitué dans la grande salle de la rue des Forges.

Alors que les diffuseurs se creusent la tête pour trouver une façon de rejoindre la jeune clientèle, une porte dont on ne se doutait même pas qu’elle était là, vient de s’ouvrir. Le «new country» est peut-être un ingrédient de la mystérieuse recette magique. Ce qui est certain, c’est que samedi, le public était bruyant, énergique et il a réservé à Tim Hicks le genre d’accueil dont il va se souvenir. Lui qui désirait explorer le marché québécois, il ne pourra voir dans ce spectacle et les deux autres de la tournée qu’a organisée le Festival western de Saint-Tite qu’une confirmation que le Québec francophone lui est ouvert. On est encore loin de la ferveur populaire qu’il suscite dans le reste du pays, mais il a certainement obtenu des publics de Gatineau, Québec et Trois-Rivières la réponse qu’il souhaitait.

Notez, il a tout fait pour se faire aimer. D’abord, il a présenté un spectacle parfaitement rodé, ficelé comme un saucisson. Avec cinq musiciens solides, enthousiastes et très enjoués pour le soutenir, il a offert une performance impeccable. Ils ont notamment profité d’un son très bien équilibré au niveau tout juste assez élevé pour exalter les fans restés obstinément debout d’un bout à l’autre des 90 minutes du spectacle.

Un autre aspect qui joue en faveur de Tim Hicks: il est foncièrement sympathique. D’abord, son style col bleu sans prétention lui sied à merveille et est en parfaite adéquation avec sa musique simple, bien sentie et très accrocheuse.

Fidèle à la tradition du country, Hicks est apparu sincère d’un bout à l’autre, même dans sa volonté de remercier le public en français. Son sens aigu de la performance scénique n’a en aucun moment pris le pas sur la qualité du contact avec les fans. On n’a jamais senti quoi que ce soit de mécanique dans ce spectacle conçu à partir de son plus récent album, Shake These Walls, même s’il apparaissait évident que chaque musicien sur scène en possédait parfaitement chaque détail.

Aucun doute que les deux descentes de Tim Hicks sur le parterre de la salle parmi les spectateurs pendant deux de ses chansons étaient clairement établies d’avance mais il l’a fait avec une telle fraîcheur et un tel enthousiasme que c’en était presque touchant. La deuxième fois, c’était pour prendre des selfies avec les gens. Sympathique initiative.

La surprise dans tout ça, c’est moins que Tim Hicks soit une bête de scène et un type très sympathique, mais qu’il ait autant de fans ici. Le public a entonné sans hésiter toutes les chansons de son dernier album, chantant presque tout seul en rappel un classique: Stronger Beer. Preuve que Hicks ne s’est pas bêtement limité qu’aux chansons de son dernier album mais qu’il a puisé quelques tubes de ses deux précédents comme Got a Feeling, Get By, Dust and Bone, My Baby, Young, Alive and in Love et d’autres.

L’excellente réponse du public n’a évidemment pas échappé à Claude Marchand, directeur de la diffusion et de la gestion à la salle Thompson.

«C’est un créneau qu’on n’avait pas exploité encore et je suis impressionné par la réaction du public. Quand le producteur nous a approchés et que j’ai vu le produit, j’ai accepté tout de suite. C’est du très bon country rock, dans un excellent spectacle et c’est clair qu’il y a des choses qui vont découler de ce spectacle. Je vois là une clientèle inhabituelle pour nous mais qui mérite qu’on s’attarde à elle: on regarde déjà comment on peut les attirer de nouveau. Ça pourrait être un retour de Tim Hicks ou d’autres artistes dans ce créneau-là et ça pourrait aussi se faire dans d’autres de nos salles. Ce qui est sûr, c’est que c’est très intéressant.»

Du côté du Festival western de Saint-Tite, on ne pouvait qu’être heureux d’avoir ajouté le volet «Saint-Tite sur la route» à une programmation déjà étoffée. «La tournée a très bien fonctionné, se réjouissait la directrice des communications Geneviève Frappier. Ça apporte un aspect de promotion pour notre événement et ça fait entrer dans les salles un style musical qu’on y retrouve peu. On veut faire découvrir cette musique-là et je m’aperçois que ce n’est pas la clientèle habituelle de la salle Thompson qu’on retrouve ce soir: on voit beaucoup de chemises à carreaux et de chapeaux de cowboys et je trouve ça l’fun. Ça positionne le Festival western en dehors de l’événement proprement dit et on est déjà très fiers de ce qu’on a réalisé parce que les retombées sont déjà intéressantes. Je pense qu’il est permis de croire que c’est un volet qu’on va reprendre dans les années à venir.»