Valérie Milot et Antoine Bareil.

Plaidoyer pour le conservatoire

Des consultations sont présentement en cours quant à l'avenir du réseau du Conservatoire de musique et d'art dramatique du Québec, et la mission des établissements «de région», comme celui de Trois-Rivières, est particulièrement remise en question. Deux diplômés du conservatoire trifluvien, la harpiste Valérie Milot et le violoniste Antoine Bareil, plaident pour la survie de l'école qui les a formés.
Pour Valérie Milot, il était «juste naturel» d'accepter le rôle de co-porte-parole (avec son époux) du concert soulignant le 50e anniversaire de la création du conservatoire de Trois-Rivières. Pour le couple, le souvenir des années de formation au Conservatoire de musique de Trois-Rivières dépasse la simple pédagogie.
«C'est comme une deuxième famille. Les professeurs sont des passionnés. Ils sont dévoués, ne comptent pas leurs heures. Nous sommes privilégiés d'avoir eu des professeurs aussi passionnés», commente Antoine Bareil, qui a étudié au conservatoire pendant 11 ans - dès le jeune âge de 10 ans - avant d'aller se perfectionner à Salzbourg. Antoine Bareil est violon solo de l'Orchestre symphonique de Laval et joue avec plusieurs artistes et formations.
Valérie Milot, elle, avait commencé ses études de harpe à Montréal, d'abord en privé, puis au conservatoire de la métropole. Comme elle suivait tout de même des cours théoriques et d'orchestre à Trois-Rivières, on lui a proposé une professeure qui pourrait lui enseigner dans sa ville.
«Moi, j'ai préféré finir mes études ici, chez nous. J'avais besoin de me sentir enveloppée, soutenue», témoigne celle qui a obtenu son diplôme de niveau maîtrise et qui compte plusieurs enregistrements à sa discographie.
«L'autre jour, Johanne Pothier (la directrice du conservatoire et son ancienne professeure) m'a demandé si je serais revenu m'installer à Trois-Rivières si j'avais eu à finir mes études à Montréal. Je pense que non, je ne serais probablement pas revenu. Ça me fait dire que s'il n'y avait plus de conservatoire ici, ce serait une façon supplémentaire de vider les régions au profit de Montréal et Québec», conclut Antoine Bareil.