Philippe Laprise

Philippe Laprise: voyager à travers les idées

Des idées, Philippe Laprise n'en manque sûrement pas. Du temps pour les réaliser peut-être mais il se fie beaucoup à son instinct. Il n'hésite pas à suivre un filon qui l'allume et qui fait écho à ce qu'il devient, un homme. C'est d'ailleurs ce combo d'idées éclatées et d'épanouissement qu'il présente dans le spectacle qu'il rôde présentement à travers la province.
«De ce qui ressort, il y a le thème de la maturité, de l'homme en moi. J'ai fait beaucoup de projets jeunesse mais il faut comprendre que j'ai 41 ans que je suis un homme qui a des enfants et des responsabilités. Je pense que cet homme-là va prendre plus sa place dans le prochain spectacle.»
«Je ne cherche pas à m'éloigner des projets jeunesse. Je serai toujours ouvert à en faire. Je ne cherche pas à changer les affaires. En fait, je suis moi-même. J'ai réalisé qu'à travers ce que je raconte maintenant, l'homme de 41 ans, celui que je suis devenu, prend plus de place que l'ado un peu attardé que j'étais il y a quelques années. Je suis en train de devenir un homme mature. Ma blonde serait tellement contente d'entendre ça!»
N'allez surtout pas penser qu'il s'assagira pour autant. «Moi je ne fit pas dans la boîte. Mon show va être différent, il va probablement durer plus longtemps et avoir un entracte.»
Grandement inspiré par Jean-Marc Parent il souhaite proposer une nouvelle formule pour son prochain spectacle. «Jean-Marc Parent, c'est mon idole. Alors c'est clair qu'il m'a beaucoup influencé dans ma vie et dans le choix que je fais de raconter des histoires. En même temps, j'ai été super influencé par Louis-José Houde, Martin Matte et Jean-Michel Anctil, parce qu'un show, il faut tout de même que ce soit très ramassé. J'aime me laisser de la place pour m'amuser.»
Dans ce spectacle de rodage habilement intitulé Entre 2 shows, il se donne la liberté de tester une nouvelle formule qui contrastera avec ses précédents spectacles. 
«J'ai des numéros où je raconte des anecdotes tirées de ma vie et puis, dans la deuxième partie, j'entre plus en conversation avec le public pour créer un numéro avec eux autres. L'idée que j'ai en arrière de ça, c'est de les faire parler pour faire un numéro avec eux autres pour que ce soit toujours nouveau chaque soir.»
«J'ai toujours rêvé de faire un numéro avec le public. J'essaie de faire un partage. Je voudrais que ce soit plus vivant que de rester assis toute la soirée.»
«Sincèrement, il va toujours avoir des comiques qui vont dire des conneries. D'habitude, ça prend une ou deux minutes et puis c'est fini. Dans les brainstorms, les premières idées à sortir ce ne sont généralement pas les meilleures. Après deux ou trois minutes, ça commence à mûrir et là on commence à avoir quelque chose. Le public est très généreux et très respectueux. Il y a beaucoup de familles qui viennent voir mon show
D'un projet à l'autre
Philippe Laprise adore la scène. Bien qu'il embrasse les autres projets qui lui sont proposés, c'est dans cet univers, où le contact avec le public est privilégié, qu'il se sent le mieux. 
«Faire des shows sur scène c'est ce que j'aime le mieux,  pour la liberté. On ne doit rien à personne, on n'est pas sous l'oeil de personnes qui contrôlent tout.» 
C'est sans doute en partie ce qui explique le peu de temps qu'il a mis avant de remonter sur les planches à la suite de sa deuxième tournée. 
«J'ai déjà beaucoup d'avance pour un troisième show. J'ai arrêté Plus sexy que jamais le 1er avril et le 7 avril (de la même année) je commençais Entre 2 shows. Je voulais roder les numéros que je fais un peu partout. Je n'avais pas le goût d'aller dans les bars.»
À l'heure où ce type de tribune est prisé par grand nombre d'humoristes pour valider leur processus créatif, Philippe Laprise ne trouvait pas son compte dans cette formule. 
«J'aime roder longtemps. Je n'aime pas faire un 10 ou 15 minutes. J'ai besoin d'avoir plus de temps pour garder seulement le meilleur. Ça me permet aussi d'essayer des affaires vraiment pétées, vraiment niaiseuses et vraiment poussées. De roder mon spectacle dans des salles, ça me permet de faire ça. De plus, c'est mon public qui vient, je ne suis pas imposé à du monde.»
«Dans mon style d'humour à moi, où j'aime improviser et écrire le numéro après, je préfère une formule qui me permet d'avoir le plein contrôle.»
«Des fois, c'est le fun de tester des numéros de 6 ou 7 minutes mais c'est aussi le fun de prendre le temps et d'aller au bout d'une idée et de voyager à travers ça.»
TDAH: la difficulté d'accepter
Si Philippe Laprise est avantageusement connu auprès des jeunes, il a aussi établi un lien particulier avec les parents et enfants qui doivent composer avec un trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité (TDAH) puisqu'il a lui-même reçu ce diagnostic dans la trentaine.
Le porte-parole du regroupement des Associations Panda profite de sa notoriété pour sensibiliser la population et aider les personnes qui composent avec cette réalité quotidiennement. 
«Dans le spectacle Plus sexy que jamais, j'avais un numéro complet sur le TDAH. Il y a beaucoup de gens qui attendent la sortie du spectacle en DVD pour le montrer à leurs enfants ou à des proches», raconte-t-il pour illustrer l'écho que trouvent ses propos sur le sujet.
«Ça aide les jeunes mais aussi les adultes. Il ne faut pas oublier qu'il y a beaucoup d'adultes qui n'ont jamais reçu de diagnostic et qui en souffrent. Ça aide ces personnes-là à mettre la lumière sur ce qu'ils ont et à accepter ça. Parce que le plus difficile dans cette histoire, c'est de l'accepter. On ne mourra jamais d'un TDAH. Il faut juste apprendre à vivre avec mais il faut surtout l'accepter. C'est quelque chose de beaucoup plus dur pour les parents», raconte le papa de trois enfants qui lance qu'ils sont «pas mal toute la gang des TDAH.»
Pourtant, même si cette condition n'est pas toujours facile à contrôler, il demeure positif dans sa manière d'en parler. «Il faut juste se dire qu'on a une différence et que c'est hot. Tout le monde veut un TDAH dans les réunions de brainstorm! Tout le monde veut ça dans son entreprise. On est créatif, on est complètement pété. On ne se juge jamais. Des fois on blesse parce qu'on va trop vite dans ce qu'on avance. C'est ce qui fait qu'on est tellement mignon et adorable!»
Dans Entre 2 shows, il abordera plus brièvement le sujet. «Je glisse qu'un de mes enfants a un TDAH, on en parle un peu mais après j'enchaîne parce que j'en ai déjà parlé.» Il n'hésitera toutefois pas à saisir la balle au bond si le public lui fait une passe durant le spectacle car c'est clair à l'entendre que la cause lui tient particulièrement à coeur.