Le contact avec le public est un des meilleurs atouts de l’humoriste Philippe Bond qui sera en spectacle mercredi soir à la salle J.-A.-Thompson de Trois-Rivières.
Le contact avec le public est un des meilleurs atouts de l’humoriste Philippe Bond qui sera en spectacle mercredi soir à la salle J.-A.-Thompson de Trois-Rivières.

Philippe Bond aime son public et son public l’aime

TROIS-RIVIÈRES — La relation d’amour entre l’humoriste Philippe Bond et son public est à la base même de son succès et il en est pleinement conscient: il a intitulé le spectacle Merci. Ce mercredi 11 décembre, à la salle Thompson, il en sera à la troisième représentation de ce solo qui a pris naissance en mars dernier.

Or, au moment où vous lisez ces lignes, il a vendu quelque chose comme 65 000 billets de ce troisième spectacle solo, un record pour lui dans pareil laps de temps.

«On vient de lancer le communiqué annonçant qu’on a franchi les 50 000 billets mais ça fait déjà quelques semaines qu’on a atteint ce plateau. On voulait en faire l’annonce en même temps que la remise d’une plaque spéciale mais ça prend des semaines pour la fabriquer et les billets continuent de se vendre de sorte qu’on en a 15 000 de plus. Honnêtement, j’en suis super fier. On avait vendu 150 000 billets de mon premier spectacle et 190 000 du deuxième: on est encore en progression: je n’en reviens pas!»

«Je pense que ma personnalité est pour beaucoup dans le succès du spectacle, confie en toute modestie l’humoriste récemment quarantenaire. Mon père était un gérant de caisse Desjardins et quand on sortait dîner ensemble, je le voyais parfois payer le repas à de bons clients en me disant que dans la vie, il faut savoir donner sans attendre de retour et que ça nous est remis au centuple. Il y a deux ou trois mois, en Gaspésie, j’ai croisé deux femmes qui voulaient un selfie avec moi. Je les ai trouvées sympathiques et j’ai payé leur repas. Elles m’ont écrit récemment pour me dire qu’elles avaient acheté dix-huit billets pour assister avec un groupe d’amis à ma prochaine représentation à Gaspé. Je pense que mon père avait raison.»

Philippe Bond est un conteur par nature. Il affirme qu’il lui a fallu un certain temps, même après sa sortie de l’École nationale de l’humour, pour trouver son créneau mais qu’il sait désormais parfaitement ce dans quoi il excelle.

«Je l’ai souvent dit et c’est vrai: tout ce que je raconte dans mon spectacle est basé sur des choses qui me sont réellement arrivées. Bien sûr, je les exagère quelque peu pour ajouter un élément comique mais c’est toujours du vécu. C’est pour ça que je peux me permettre d’improviser autour d’une anecdote parce que comme je l’ai vécue, je sais toujours où j’en suis. Ce n’est pas simplement un texte appris par cœur.»

L’improvisation joue évidemment un grand rôle dans Merci. Bond calcule même que son spectacle s’est allongé d’une bonne vingtaine de minutes depuis la première en mars dernier.

«C’est sûr que comme conteur, j’ai une bonne marge de manœuvre. Je m’enregistre à chaque spectacle pour avoir une copie de mes improvisations et au retour à la maison, je réécoute des passages que mon ingénieur du son a notés. Les meilleurs, ceux qui provoquent de gros rires, je les garde. Récemment, après environ 100 représentations de Merci, j’ai même coupé un numéro entier mais j’avais tellement ajouté de contenu que je suis quand même revenu à un format plus long que les 100 minutes que j’avais lors de la première.»

Pourquoi avoir éliminé ce numéro? «Je trouvais qu’il tombait à un mauvais moment parce que j’avais deux numéros tournant autour du même sujet un après l’autre. Ça me chicotait et un soir, j’ai décidé de supprimer complètement le premier. Depuis, l’autre numéro qui lui succédait marche deux fois plus fort. Normalement, au cours de la première année d’un spectacle, je ne change rien. Dans la deuxième, j’apporte des petites modifications et dans la troisième année, je commence à intégrer des portions d’un prochain spectacle.»

C’est l’ambiance de chaque soirée qui détermine la longueur des improvisations et malgré la fatigue qui peut venir avec la vie de papa d’un petit bébé, Philippe Bond affirme que jamais il ne fige devant une opportunité de sortir de son texte.

«J’y vais selon l’ambiance. À Trois-Rivières, on va arriver vers 15 h, je vais aller faire des emplettes et manger sur la rue des Forges. Je vais jaser avec les serveurs ou avec des gens dans la rue: il ressort toujours des bijoux de ces rencontres-là que je vais utiliser dans la soirée. Le nombre de fois où des gens m’ont demandé si j’anime encore Taxi payant, tu ne peux pas t’imaginer!»

«Je ne me fatigue pas de ces rencontres. Ce sont ces gens-là qui me permettent de gagner ma vie à faire ce que j’aime le plus au monde alors, je serais tata de refuser de me faire prendre en photo et de jaser avec eux. Peu importe mon état d’esprit, quand je mets mes vêtements de scène, mes techniciens me le disent: c’est comme si je mettais une cape de superhéros. Il y a un déclic qui se fait dans mon cerveau et jamais je n’ai manqué d’inspiration.»