Adepte inconditionnel du style new country, le Mauricien d’adoption Phil G. Smith a décidé de l’offrir en français avec un premier album intitulé «On fait du country».

Phil G. Smith: trouver son style, sa voie

TROIS-RIVIÈRES — L’actuelle popularité de la musique country ne crée pas que de nouveaux fans mais aussi des artistes qui peuvent assumer pleinement leur passion. Avec sa vision du new country en français, Phil G. Smith fait assurément partie de ce groupe.

Le jeune homme de 28 ans est en pleine ascension avec la sortie de son premier album officiel intitulé On fait du country, sorte de cri de ralliement pour assumer publiquement sa passion pour la musique country. Comme tant de jeunes adultes, c’est le new country américain qui a sa faveur, et ce, depuis sa tendre enfance. Sa propre musique se tient en équilibre entre le country, le rock et le pop et elle a séduit le public du Festival western de Saint-Tite, notamment, puisqu’il y a remporté le prix Étoiles Stingray il y a deux ans.

Il n’a pas séduit que Saint-Tite puisque le jeune Gatinois d’origine mais habitant désormais Sainte-Geneviève-de-Batiscan en Mauricie s’est produit le 16 mai dernier au Théâtre Petit Champlain de Québec en première partie de Patrick Norman. En juillet prochain, le 25 plus précisément, il se produira au Fort Causap de Causapscal avec Guylaine Tanguay.

Fan de Tim McGraw, du Zach Brown Band, de Luke Bryan et autres Eric Church, ce n’est pas par besoin de se démarquer que Phil G. Smith écrit toutes ses chansons en français. «Pour moi, il a toujours été clair que je voulais faire du new country comme il a été tout aussi clair que ce serait en français. D’abord parce que je ne suis pas à l’aise en anglais et ensuite, parce que je voulais une vérité dans mes chansons. Je veux chanter de façon aussi naturelle que je parle. Et justement, pour en arriver à ce que ce soit aussi naturel, c’est énormément de travail.»

Il l’avoue lui-même: il est le plus impitoyable des juges de son travail. «J’ai un respect infini pour des grands comme Patrick Norman ou Paul Daraîche, par exemple, mais c’était essentiel pour moi d’arriver avec un style différent, quelque chose qui me ressemble totalement. C’est vrai dans les textes comme dans la musique. Par contre, je dois dire que c’est grâce à ma rencontre avec John-Anthony Gagnon-Robinette qui a réalisé l’album, que les choses ont vraiment pris forme. On a fait un vrai travail de collaboration pendant plus d’un an. On a bâti la musique ensemble, échangeant nos idées à chacune des étapes. J’allais chez lui et on travaillait chaque chanson dans un processus d’enregistrement continu qui s’est étalé sur les douze derniers mois. Pour moi, ce disque-là et ceux qui vont suivre j’espère, c’est un travail en duo.»

Il reste que c’est désormais à lui que reviendra la responsabilité de le défendre sur scène où il prend toute son identité de musicien. «Le mot d’ordre pour moi sur scène, c’est d’avoir du fun. Je veux que les gens viennent voir mes spectacles pour passer du bon temps. L’idée de monter sur la scène d’un événement au soleil couchant alors que les gens prennent une bonne bière, c’est le contexte idéal. Les douze chansons de l’album ont été composées en fonction de prendre toute leur dimension en spectacle.»

Il faut croire que l’artiste a bien misé puisqu’il parle d’une dizaine de spectacles à venir dans les prochaines semaines alors qu’il espérait plutôt ne voir de retombées qu’en 2020. Il sera d’ailleurs au Festiroule country de Trois-Rivières la semaine prochaine, une première prestation dans son patelin d’adoption si on exclut sa présence à Saint-Tite. «On vit de bonnes années dans le country présentement, admet-il. On sent un véritable intérêt pour le genre et les artistes profitent d’une visibilité accrue ainsi que d’une belle ouverture de la part du public même s’il reste beaucoup de travail à faire de ce côté.»

«Certaines de mes chansons ont bien tourné sur des radios country depuis la sortie d’un album EP en 2017 mais on n’est pas rendu au point où les grosses radios commerciales sont prêtes à ouvrir la porte au country. Pourtant, quand on va au Festival western de Saint-Tite, on voit bien qu’il y a un mélange de générations qui est porteur.»

Ce diplômé de l’École nationale de la chanson de Granby en 2011 avoue un certain stress en abordant le défi de faire sa place à côté des artistes consacrés qu’il continue d’admirer sans réserve. Lui a choisi son propre style, assumant sa personnalité comme ses influences. Les premiers échos lui indiquent que le public comme les gens de l’industrie semblent prêts à le suivre mais le défi se dresse toujours devant lui et l’excite au plus haut point. Pour ce qui est de son album, il est présentement disponible sous forme de CD dans les différents magasins où on vend des disques ainsi que sous forme numérique sur les principales plate-formes.