Avec la sortie de La descente aux enfers de Perce-Neige, Michel Châteauneuf a complété la trilogie de son héros médiéval québécois.

Percer l’armure

TROIS-RIVIÈRES — Du premier au troisième roman de Perce-Neige, Michel Châteauneuf n’a pas vu son écriture se modifier, tout simplement parce que, en perfectionniste qu’il est, il l’avait peaufinée avant le roman initial. «Il m’a fallu développer un style quelque peu ronflant qui rappelle le Moyen-Âge sans qu’il soit trop lourd. Ça prenait un côté assez contemporain qui permette les clins d’oeil humoristiques. J’y ai travaillé et je pense avoir trouvé un juste milieu. Disons que Perce-Neige, c’est un peu comme Shrek au cinéma avec le contexte médiéval et l’humour parfois anachronique.»

Roman jeunesse même teinté d’humour n’exclut pas plusieurs niveaux de lecture quand on le fait bien. La descente aux enfers de ses protagonistes peut aussi être vue comme la plongée au fond de soi-même d’un humain dans un processus d’analyse. En plongeant vers les enfers, les héros traversent les diverses strates de l’histoire humaine comme le patient affronte les couches de son subconscient dans certaines psychothérapies. L’analogie fait sourire Michel Châteauneuf, content qu’on l’ait perçue. «C’est une descente aux enfers dans les deux sens du terme: Perce-Neige descend dans le monde de Lucifer et Hermès mais l’aventure lui permet aussi de réaliser qu’il a de sérieux problèmes avec ses émotions. C’est un militaire, un être de devoir, honnête et droit, obnubilé par sa mission. Pour lui, l’amour est un combat. Il prend ici conscience de sa faiblesse.»

Pas étonnant que le premier bouquin de sa trilogie soit encore à l’étude dans les cours de français de quelques écoles secondaires de la province.

D’autres références sont plus superficielles, anecdotiques. «Certaines servent à séduire le lecteur comme j’aime le dire. Quand je présente le personnage de l’oie Gertrude qui accompagne mes personnages dans leur descente dans les entrailles de la Terre, c’est une référence directe au Voyage au centre de la Terre de Jules Verne. Ça frappe l’imaginaire de beaucoup d’adultes qui ont lu l’œuvre ou vu les films. C’est une façon de toucher à l’inconscient collectif et de créer des liens avec les lecteurs. Surtout que Gertrude, contre toute attente, devient un personnage essentiel du récit.»

Il serait sans aucun doute intéressant d’entendre Michel Châteauneuf en parler plus avant. Comme lors de la conférence qu’il présentera le 24 avril prochain à la salle Hubert-Reeves du Collège Laflèche, où il enseigne, portant le titre de Comment inventer le Moyen-Âge québécois.

C’est à midi dans le cadre des Grandes rencontres du Collège Laflèche.

Autre rendez-vous avec l’auteur ouvert à tous: le samedi 21 avril à 17 h alors qu’on procédera au lancement officiel de son dernier bouquin à la Librairie Poirier.