Patrick Norman sera en spectacle au Théâtre du Cégep de Trois-Rivières le 9 novembre.

Patrick Norman: la musique hier comme demain

Trois-Rivières — 50. Un demi-siècle. Une éternité dans l’univers de la musique. Des grenailles dans le cœur d’un passionné qui en veut encore plus.

Patrick Norman est tellement reconnaissant d’avoir l’opportunité de célébrer cet anniversaire en faisant ce qu’il fait de mieux, de la musique. «C’est comme si le temps s’arrêtait en ce qui concerne la musique. D’aussi loin que je me souvienne, la musique a pris possession de moi. Ç’a toujours été ça qui m’a rendu heureux. C’est ce qui m’a donné une raison d’exister. Étant d’une nature timide dans mon profond, ça m’a permis d’extérioriser et d’allonger mes bras... mes visions. C’est un beau cadeau que la vie m’a fait, la musique.»

«Je fais la musique de la même façon. Je la fais avec la passion. C’est intemporel. J’ai toujours été fasciné face à la musique, je suis toujours étonné de voir à quel point ce petit don qu’on a de faire de la musique peut nous amener à faire des vies extraordinaires, inespérées.»

Sa longue carrière est remplie de succès, élevés au rang de classiques, et d’une volonté de créer, encore et toujours, des pièces inédites. «L’expérience ça change beaucoup de choses! Ça te permet de chercher moins longtemps. Tu revois plein d’erreurs et tu les évites. On se rend plus vite au bout de nos idées. Le temps nous permet d’être moins déstabilisés!»

Alors qu’il s’amène au Théâtre du Cégep de Trois-Rivières avec son spectacle Bonheurs partagés le 9 novembre, il s’apprête également à lancer un nouvel album, Si on y allait, le 15 novembre.

«C’est pour ça qu’on fait tout le reste, c’est pour en arriver sur scène. Tout le reste, les gens peuvent l’avoir tellement facilement en appuyant sur un bouton mais être live sur une scène, c’est tout ce qui nous reste, heureusement!»

Ce nouvel album moitié classiques revisités et moitié nouveautés, est à l’image de ce qu’il considère être sa recette pour demeurer présent dans le cœur des gens. «Se renouveler et rester le même. Les chansons sont intemporelles. Quand on est en amour a été composée au début des années 80 par Robert Laurin et moi. On l’a enregistrée en 84. Je la chante toujours en 2019 et elle est toujours belle. Les gens la chantent et l’embrassent encore.»

Tous les morceaux de son nouvel album, son 33e, ont été enregistrés dans un studio de Nashville mais il ne leur colle aucune étiquette. «C’est très Patrick Norman», lance-t-il simplement.

Sur cet album, le morceau-titre revêt une dimension particulière puisqu’il a été écrit par Alain Leblanc et Daniel Laquerre pour Patrick Norman et sa conjointe, Nathalie Lord, qui l’interprètent en duo.

«Quand tu y vas pour les bonnes raisons à Nashville, c’est la mecque. Mais y’a un petit côté Vegas ou Disney World, tout y est surexploité dans une cacophonie totale. Mais quand tu y vas pour les bonnes raisons, pour enregistrer et y voir des spectacles, tu peux y voir de bons artistes émergents qui ont de la profondeur dans un environnement très démaquillé. C’est le fun les machines à boucane et les explosions mais si tu mets l’artiste tout seul avec sa guitare, il faut qui livre la marchandise.»

C’est ce dépouillement qu’il apprécie et qui s’incarne dans ses projets.

Mon cœur est à toi, T’aimer quand même et La vie est bonne sont au nombre des douze pièces qui seront sur l’album. Elles ont toutes un lien commun. Le temps. C’était la meilleure façon, pour lui, de célébrer toutes ces années à faire ce qu’il aime viscéralement.

Opéré récemment

Bien que Patrick Norman ait passé sous le bistouri récemment pour remplacer du cartilage dans son pouce gauche, il se console en disant que la réhabilitation va bon train. Il ne peut cependant pas jouer de guitare et c’est ce qui le tiraille le plus. Pour son passage à Trois-Rivières, il s’est entouré des multi-instrumentistes André Proulx et Jean-Guy Grenier qui prendront la relève le temps de la guérison.