Le directeur général du FestiVoix Thomas Grégoire dit que toute l’équipe de l’événement est très sensible à la parité hommes/femmes et que sa programmation 2018 en témoigne avec environ 40 % d’artistes féminines.

Pas très loin de la parité

TROIS-RIVIÈRES — Au lendemain du dévoilement de la programmation de la prochaine édition du FestiVoix, un message sur Facebook déplorait jeudi qu’il ne s’y trouve qu’une proportion minime de femmes.

Dans son message sur sa page Facebook, Émilie H. Hou se désole qu’on en arrive à pareil résultat alors qu’on parle un peu partout de parité hommes/femmes dans différentes sphères du monde du spectacle. Elle donne même une liste de 32 artistes ou groupes féminins qu’elle aurait aimé voir dans la programmation du FestiVoix. Le message a suscité quelques commentaires en accord avec cette position et 25 icônes d’approbation.

Le FestiVoix, par le biais de sa directrice des communications Anne Boucher, a répondu directement sur la page Facebook de l’interlocutrice en indiquant que presque toutes les artistes proposées avaient été contactées pour être de la programmation mais n’étaient pas disponibles ou ne pouvaient être de la programmation pour d’autres motifs techniques.

Le directeur général de l’événement Thomas Grégoire, de son côté, a indiqué en entrevue qu’il était légitime que pareille question soit soulevée et qu’il en était même heureux. «Nous sommes très sensibles à la question de la parité hommes/femmes pas seulement dans la programmation mais dans tous les aspects de notre organisation. Notre équipe d’employés compte 80 % de femmes, notre conseil d’administration n’est pas à parité simplement parce qu’il est composé d’un nombre impair de membres, nos bénévoles étaient féminines à 74 % en 2017.»

«Pour ce qui est de la programmation, je comprends que des gens ont réagi aux seuls noms qui se trouvent sur l’affiche officielle mais pour avoir fait le décompte de tous les artistes qui seront au FestiVoix en 2018, je peux confirmer que nous comptons environ 40 % de femmes. Et je ne compte pas les femmes dans des chorales par exemple.»

«Il est certain que nous sommes très sensibles à la représentation féminine dans notre programmation mais nous sommes aussi sensibles à plusieurs aspects tout aussi importants. Notre premier guide, c’est d’être fidèles à nos critères de qualité, de diversité et d’accessibilité. Ensuite, nous sommes préoccupés par la représentation d’artistes de la région par rapport à des artistes de l’extérieur, par la présence d’artistes émergents par rapport à des artistes établis, par la présence de multiples styles musicaux, par le nombre d’artistes francophones par rapport à des anglophones, par la place des Québécois par rapport à des artistes d’ailleurs. Bref, c’est tout ça qui entre en ligne de compte au moment de faire une programmation sans oublier qu’il faut que ça entre dans les limites de notre budget.»

Il confirme par ailleurs que pratiquement toutes les artistes proposées par Émilie H. Hou ont été approchées mais qu’on n’a pu arriver à une entente avec elles. «Il faut comprendre aussi que nous ne voulons pas nuire aux salles de spectacle de la région et que nous ne présenterons pas d’artistes qui seront bientôt en salles ici ou qui l’ont été récemment. Certaines ne présentent d’ailleurs que des spectacles en salles ces temps-ci. Dans d’autres cas, il y a des questions de cachet sur lequel on n’a pu s’entendre, des questions de disponibilité, etc. Il faut aussi voir que nous travaillons sur plusieurs années et qu’on ne veut pas non plus présenter un même spectacle plusieurs fois en quelques éditions à peine.»

«Je comprends très bien que des gens s’interrogent et je trouve ça sain mais il ne fait aucun doute que nous sommes très sensibles à la parité hommes/femmes dans le cadre de notre événement et nous en arrivons à des chiffres qui me semblent intéressants.»

Pour ce qui est de l’idée d’imposer des quotas, Thomas Grégoire ne s’y montre pas très favorable. «Je pense que l’important, c’est de développer la sensibilité à ces facteurs. De là à atteindre un équilibre mathématique parfait, je pense que c’est illusoire avec tous les autres critères dont nous devons tenir compte.»