Devant la décision de maestro Jacques Lacombe de prendre une année sabbatique de son poste à l’OSTR, la directrice générale Natalie Rousseau est convaincue que le public sera heureux de découvrir de nouveaux chefs au cours de la prochaine saison.

Pas d’inquiétude pour Natalie Rousseau

TROIS-RIVIÈRES — L’annonce de l’absence de maestro Jacques Lacombe à la direction artistique de l’OSTR le temps d’une année sabbatique provoquera sans doute beaucoup de discussions dans le public mais au bureau de direction de l’orchestre, on ne semble pas particulièrement inquiet pour la suite des choses.

Rejointe mardi soir à la sortie d’un récital de piano à Paris où elle est en vacances, la directrice générale Natalie Rousseau ne semblait nullement troublée par l’annonce officielle de l’année sabbatique de Jacques Lacombe puisqu’elle a vu les événements se dessiner depuis plusieurs mois déjà. Le directeur musical de l’OSTR a fait parvenir aux médias trifluviens une lettre dans laquelle il explique la nécessité pour lui de prendre une pause d’une année à l’OSTR pour se consacrer à son nouveau poste de directeur musical à l’Orchestre symphonique de Mulhouse, en Alsace.

«À l’automne déjà, alors que nous travaillions à élaborer la saison 2018-2019, on constatait les conflits d’horaires à venir avec Jacques. Comme pour moi, il était pratiquement impossible de déplacer des dates à la salle Thompson, on était conscients que ce serait compliqué.»

Dès lors, la directrice générale savait que le chef ne serait pas disponible pour plus de quatre des sept concerts de la saison. «J’ai donc fait les démarches pour trouver les trois chefs pour le remplacer. C’est il y a une dizaine de jours, devant les exigences du poste à Mulhouse, que Jacques m’a fait part de sa décision. Finalement, ça implique simplement que je trouve trois autres chefs parce que sur les quatre concerts où il faut remplacer Jacques, il y a un concert double.»

«En toute honnêteté, j’ai connu des situations bien pires que celle-là au cours des années. Comme les concerts sont déjà programmés, c’est toujours la vision de Jacques Lacombe qui sera derrière. On a déjà ciblé des chefs en fonction des caractéristiques de chaque concert. Moi, je pense que d’ici deux semaines, je devrais être pas mal fixée sur leur identité et je pense être en mesure de les présenter officiellement aux alentours du 19 mai.»

Si la direction sait à quoi s’en tenir depuis une dizaine de jours, les musiciens, eux, n’ont été avisés qu’hier en soirée de sorte que la directrice générale n’avait pas encore eu de réactions de leur part. «Je sais qu’il y en a quelques-uns qui vont m’envoyer des messages et qui vont avoir besoin d’être rassurés. C’est normal: Jacques est un chef très apprécié de ses musiciens. D’ailleurs, de notre côté, nous serons soucieux de ne pas aller chercher des chefs que les musiciens n’aiment pas particulièrement. Je n’ai pas de crainte particulière de ce côté. De toute façon, les musiciens eux-mêmes prennent régulièrement des années sabbatiques alors, ils vont très bien comprendre que ce n’est pas différent pour un chef.»

Comme l’explique fort bien maestro Lacombe dans sa lettre que Le Nouvelliste publie mercredi dans sa section Carrefour des lecteurs, ce sont véritablement les exigences de son nouveau poste qui le forcent à prendre pareille décision. «C’est depuis le mois d’août dernier que Jacques va régulièrement en France pour préparer son arrivée en poste. C’est certain que la première année est cruciale et c’est assurément la plus exigeante pour un nouveau chef qui doit imposer sa marque. C’est pour ça que ça va être aussi prenant pour lui. D’autant qu’il continue d’être le chef principal de l’opéra de Bonn et qu’il a d’autres engagements ponctuels ailleurs. Je suis confiante que la première saison passée à Mulhouse, Jacques sera plus libre de revenir avec nous plus régulièrement.»

Par ailleurs, on devine que la nouvelle aura un impact sur le public de l’orchestre trifluvien mais la directrice générale ne s’inquiète pas non plus d’un effet négatif que pourrait avoir cette année sabbatique sur la fréquentation des concerts de l’OSTR.

«D’abord, le public trifluvien est fidèle et des chefs invités, nous en avons toujours dans nos programmations. Je pense en fait que les gens vont le prendre comme une belle occasion de découvrir d’autres chefs, d’autres sensibilités, d’autres approches et que ça va être particulièrement intéressant pour eux. Je me souviens, il y a deux ans, quand nous sommes allés chercher Mathieu Lussier pour diriger un concert baroque, les gens l’ont découvert et l’ont beaucoup aimé. C’était une belle nouveauté. Le public va comprendre la situation et de toute façon, il sait bien que le cœur de Jacques est toujours avec nous.»