Le chef et directeur musical Jean-Claude Picard a conservé ses orientations initiales dans l’élaboration de la prochaine saison de l’OSTR même si la COVID a forcé certaines modifications qu’il voit comme de beaux défis à relever.
Le chef et directeur musical Jean-Claude Picard a conservé ses orientations initiales dans l’élaboration de la prochaine saison de l’OSTR même si la COVID a forcé certaines modifications qu’il voit comme de beaux défis à relever.

OSTR: une saison comme un baume

François Houde
François Houde
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Si un mot pouvait résumer l’état d’esprit de la direction artistique de l’OSTR à trois semaines des premières notes du concert initial de la saison, maestro Jean-Claude Picard pense à espoir.

L’orchestre trifluvien sera le tout premier au Québec à reprendre le collier dans sa forme intégrale pour célébrer non pas la victoire sur le virus mais la lumière au bout du tunnel.

«C’est surtout une occasion pour nous de transmettre de l’espoir à la communauté, confirme le chef et directeur musical. Nous sommes choyés à Trois-Rivières parce qu’en enlevant la conque sur la scène de la salle Thompson, on gagne suffisamment d’espace pour être en mesure de réunir tous nos musiciens en respectant les normes de la CNESST.»

Si le programme de cette saison respecte les orientations que le directeur musical voulait lui donner, il reste que le virus a forcé certaines modifications à son plan initial. «L’essentiel était de ne pas perdre notre identité symphonique. Il ne faut pas oublier non plus que nous serons affectés financièrement par la crise de la COVID et qu’il faut tenir compte des coûts. Cela dit, c’est surtout l’espace qui a forcé des changements: on a dû oublier le chœur pour deux des concerts.»

Pour le concert Beethoven du 3 octobre, on a remplacé la célèbre 9e Symphonie par la 7e. «La 9e constitue son chef-d’œuvre absolu mais la 7e est également grandiose. Elle offre aussi un côté dansant qui s’inscrira bien dans l’esprit qu’on recherche. Nous avons été très chanceux de conserver nos objectifs artistiques dans les circonstances actuelles.»

«Il y a peu d’orchestres au Québec qui peuvent compter sur une aussi bonne collaboration avec leur ville, ajoute Natalie Rousseau, directrice générale, et, pour nous, avec Culture Trois-Rivières. D’autres font face seuls à des obstacles majeurs alors que nous comptons sur de l’aide précieuse.»

«C’est certainement un baume pour moi personnellement et les musiciens de savoir qu’on va être en mesure de présenter une saison complète de concerts, indique le chef. Nous avons tellement hâte de refaire de la musique ensemble.»

Certes, des ajustements seront nécessaires. Le maestro parle de beaux défis. «Sans la conque, il y aura un ajustement pour le son. Par mesure sanitaire, on va aussi installer des panneaux de plexiglas devant les instruments à vent, ce qui va affecter le son. On explore la possibilité d’avoir recours à une certaine amplification par les colonnes de son de la salle. Il se fait des choses intéressantes ailleurs à ce chapitre et on pourrait s’en inspirer. Ça pourrait même inspirer des avenues dans le projet de rénovation de la salle.»

Visuellement, il est déjà acquis qu’un certain nombre d’instrumentistes seront cachés par l’ouverture de scène mais on pourra les voir sur des écrans géants.

En termes de contenu, Jean-Claude Picard est particulièrement fier d’offrir un concert de musique scandinave. «C’est un répertoire que j’aime énormément et les gens vont y découvrir un aspect contemplatif et poétique souvent inspiré de la nature qu’ils vont aimer. La 7e Symphonie de Sibélius est pour moi un chef-d’œuvre absolu du répertoire.»

On célébrera l’amour deux fois plutôt qu’une avec Le Lac des cygnes, le 13 février, qui réunira Tchaikovski à Carl Reinecke et Rimski-Korsakov et L’amour à la française, le 15 mai, qui permettra notamment de savourer des extraits de Daphnis et Chloé ainsi que le célébrissime Boléro de Ravel.

«Ce sera un grand plaisir pour moi de présenter Charles Richard-Hamelin joue Schumann (13 mars) à cause de la qualité de ce soliste tellement intéressant qui offrira pour la première fois le Concerto pour piano en la mineur, op. 54. Je suis sûr que le public va adorer.

Le directeur artistique s’est permis quelques appariements étonnants avec Nielsen et Poulenc. La connexion surprenante le 10 avril. «C’est peut-être un peu audacieux comme mariage mais les deux compositeurs se rejoignent assurément dans leur côté spontané. J’aime explorer des aspects moins connus avec les mélomanes; ça fait partie du plaisir unique des concerts.»

Mélomanes qui, si on en croit la directrice générale Natalie Rousseau, sont impatients de retrouver leur orchestre. «La journée même de la réouverture de la billetterie de la salle, même si nos billets n’étaient mis en vente qu’à partir du 22 août, beaucoup ont appelé pour réserver. Je sens qu’on va vendre très rapidement les quelque 250 places disponibles pour chaque concert.»

Avec Jardins d’Espagne, concert initial reporté de mars dernier, on compte inaugurer un nouveau concept: environ 250 détenteurs de billets assisteront au concert mais on veut aussi le présenter en simultané sur écran géant à la salle Anaïs-Allard-Rousseau. De plus, on va permettre à un certain nombre de détenteurs de billets d’assister à la répétition générale de l’après-midi. Ils entendront ainsi le concert intégral et pourront également assister à une séance de travail qui suivra.

«Être parmi les 250 personnes pouvant assister à l’un de ces concerts, je me sentirais privilégiée», soutient la dg.

«Je suis parfaitement d’accord, appuie le chef. On va créer un contact plus intime, plus personnel entre les musiciens et le public; ça devrait être magnifique.»

Les billets, sans formule d’abonnement pour cette saison exceptionnelle, sont accessibles via la billetterie de la salle Thompson depuis ce samedi 22 août ou par le site de l’OSTR au www.ostr.ca.