Adam Johnson, chef associé à l’Orchestre symphonique de Montréal, dirigera son tout premier concert avec l’OSTR ce samedi à la salle Thompson.

OSTR: plus loin que l’homme n’est jamais allé

TROIS-RIVIÈRES — L’ère post-Jacques Lacombe débutera ce samedi pour l’OSTR avec le premier concert de la saison 2018-2019 prévu pour 20 h à la salle Thompson. En vérité, Jacques Lacombe ne sera pas totalement absent puisqu’on lui doit le contenu de cette saison dont cette soirée d’exploration spatiale à laquelle on a donné le titre Aux frontières du cosmos.

Pour l’occasion, c’est Adam Johnson, chef assistant à l’OSM, qui sera au pupitre pour diriger le poème symphonique Les planètes de Gustav Holst dont on célèbre cette année le centenaire de la création. S’ajoutent au programme le popularissime Star Wars de John Williams ainsi que le Concerto pour harmonica «L’astronote» de Daniel Lessard. Ce dernier sera accompagné de la narration d’un poème de Raoul Duguay par le comédien québécois Stéphane Demers.

Le programme ne manque pas d’attrait mais les mélomanes seront sans doute aussi intrigués d’aller à la rencontre d’un jeune chef canadien dont la cote est à la hausse. Celui-ci semble se faire une fête de s’attaquer à ce défi. «C’est la première fois que je dirige l’orchestre mais dans le passé j’ai joué avec l’OSTR donc, je me retrouve avec des gens qui ne me sont pas inconnus, d’indiquer celui-ci dans un français impeccable. J’ai beaucoup aimé la proposition qui m’a été faite: chaque œuvre à ce programme est exceptionnelle. J’ai eu énormément de plaisir à préparer le concert. Il faut dire aussi que j’ai déjà dirigé le Star Wars dans le passé, une des œuvres les plus populaires parmi les musiques de film.»

«J’aime la cohérence du programme parce qu’on sait que Les planètes de Holst ont beaucoup inspiré John Williams dans la composition de sa pièce. L’œuvre de Holst est monumentale et absolument magnifique. Chacun des sept mouvements est très différent des autres. Le défi de l’interprétation est donc d’entrer dans le monde unique de chaque mouvement. C’est à la fois très puissant, très doux mais aussi très émouvant. On y retrouve tout ce qu’on peut aimer vivre à travers une œuvre grâce notamment à la présence d’un chœur. C’est vraiment spectaculaire comme musique.»

Si Holst s’est inspiré de chacune des planètes connues il y a cent ans pour les mouvements de son poème symphonique il a donné à chacun de ces astres une caractéristique. Ainsi, le premier mouvement, composé en 1914, présente Mars «Celui qui apporte la guerre». «Dans le cas de la guerre, Holst a voulu évoquer non pas l’héroïsme qu’elle peut engendrer mais bien la désolation et l’horreur. Je pense que c’est très pertinent pour nous aujourd’hui.»

Tout en demeurant fidèle au thème, Jacques Lacombe a su élargir la variété du programme en y incluant l’œuvre de Daniel Lessard et un instrument inusité à l’orchestre. «C’est la première fois que je travaillais avec l’harmonica comme soliste et c’est très intéressant, d’indiquer Johnson. Lessard est un musicien de jazz et son style en est influencé. Il trouvait que l’harmonica faisait le pont entre le folklore et le classique. Avec le texte qui sera récité et qui parle de voyage astral, ce sera fascinant.»

Maestro Johnson dit vouloir se mettre au service des intentions des compositeurs, évidemment, mais soutient néanmoins que l’interprétation offerte par l’orchestre trifluvien samedi portera une marque unique. «Il faut se laisser habiter par la musique au cours de la préparation. Et même si on a une conception très précise de ce qu’on veut, un aspect de la prestation tient à une magie particulière. Ça va dépendre de la communication entre moi et les musiciens, l’énergie particulière de la salle, l’inspiration du moment, etc. On a beau tout préparer, une part du résultat ne peut pas être prévisible et c’est là toute la beauté et la magie d’un concert en direct.»

Aux dires de la directrice générale de l’OSTR, Natalie Rousseau, la toute première répétition de la section des cordes avec Adam Johnson s’est particulièrement bien déroulée mercredi avant-midi, lui laissant espérer de très belles choses pour samedi. «Le premier contact a été vraiment superbe, je suis très contente. Adam connaissait la bonne réputation de l’orchestre pour la qualité de ses musiciens, mais de travailler avec eux, de constater qu’il obtient d’eux exactement ce qu’il souhaite, ça confirme ce qu’il avait entendu.»

Il n’est pas inutile de rappeler qu’on est en plein processus de sélection d’un nouveau chef permanent pour remplacer Jacques Lacombe et la dg ne nie pas qu’Adam Johnson est un candidat potentiel. «Au terme de la saison de l’OSM, il sera libre. Oui, il pourrait être un candidat mais on en a un certain nombre sur notre liste. Nous avons établi un genre de portrait-robot du chef que nous cherchons et ces critères sont larges. On ne veut pas simplement quelqu’un pour tenir la battue. Ça prend un excellent musicien, après tout il succédera à Jacques Lacombe, ça prend quelqu’un qui communique bien avec les musiciens, quelqu’un d’articulé, capable de bien travailler avec les médias, etc. On verra s’il remplit tous nos critères mais ce que j’ai vu jusqu’ici est très intéressant.»

Par ailleurs, Natalie Rousseau admet que la vente des billets pour le concert de samedi est un peu plus lente que prévu, mais ne croit pas que ça tienne strictement à l’absence du maestro trifluvien. «C’est lent et franchement, ça m’étonne, à cause de la qualité du programme et de son côté accessible. On présente quand même le très populaire Star Wars.»

«Par contre, on constate depuis deux ans que le public achète de plus en plus ses billets à la dernière minute. C’est une tendance que des collègues de partout au Canada m’ont rapportée depuis quelques années et ça a pris un certain temps à nous atteindre. Par contre, c’était déjà vrai l’an dernier alors que Jacques était le chef: nos salles étaient pleines mais beaucoup de billets s’achetaient la veille ou la journée du concert. Ça pourrait être le même phénomène cette année. Je serai en mesure de le vérifier samedi soir.»

On comprend donc qu’il reste présentement des billets, disponibles via la billetterie de la salle Thompson.