Les solistes Marianne Fiset, Christianne Bélanger, Luc Robert et Alain Coulombe ont interprété le Requiem de Verdi avec l’OSTR samedi soir.

OSTR: de la haute voltige symphonique

TROIS-RIVIÈRES — Il y a de ces œuvres classiques qui nécessitent des ressources considérables pour être interprétées. Le Requiem de Verdi est de cette catégorie. Cette œuvre magistrale pour solistes, chœur et orchestre est de la haute voltige musicale magnifiquement bien exécutée par l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières (OSTR).

L’OSTR était accompagné samedi soir sur la scène de la Salle J.-Antonio-Thompson de son chœur, composé de l’ensemble Vocalys et du chœur du Conservatoire de musique de Trois-Rivières, ainsi que de quatre remarquables solistes. En tout, il y avait près de 175 chanteurs et musiciens sur scène. 

Maestro Jacques Lacombe aime proposer des défis d’envergure à  son orchestre. Le défi du Requiem de Verdi repose dans le nombre de musiciens et chanteurs sur scène, mais aussi sur l’intensité de l’œuvre, estime le directeur artistique de l’OSTR. 

«C’est la deuxième fois qu’on présente le Requiem en quatre ans. Le chœur a pas mal évolué depuis ce temps et c’est une grosse pièce pour lui. C’est quand même dur. Ça nous permet d’approfondir les choses. De revisiter les grandes œuvres du répertoire comme ça me permet d’aller encore plus loin», a affirmé après le concert de samedi soir Maestro Jacques Lacombe. «Je vois très clairement entre le concert d’il y a quatre ans et celui de ce soir qu’il y a quand même un très beau progrès.»

Magistraux, la soprano Marianne Fiset, la mezzo-soprano Christianne Bélanger, le ténor Luc Robert ainsi que la basse Alain Coulombe ont su émerveiller et émouvoir par leurs talents. Leurs voix se mariaient de façon remarquable. 

Les deux grandes voix masculines faisaient leurs débuts à l’OSTR samedi soir. Il faut dire que Luc Robert, qui travaillait aussi samedi soir pour la première fois avec le chef de l’OSTR, a commencé tardivement sa carrière de chanteur lyrique, lui qui était dans une autre vie pompier en Abitibi. Cette grande voix qui chante désormais dans les grandes capitales de la planète possède une incroyable musicalité. 

La soprano Marianne Fiset avait déjà chanté le Requiem de Verdi avec l’OSTR, en 2013. Lors de la finale de cette œuvre, pendant que l’ensemble des chanteurs et les musiciens soutiennent la soliste, elle a démontré toute la puissance et la beauté de sa voix. 

«Lorsqu’on propose une œuvre comme ça, c’est d’imaginer quatre voix qui vont bien ensemble qui vont bien se fondre. Et je suis assez content de la recette que nous avons là», avouait avec le sourire Jacques Lacombe. «Les timbres des deux filles, la soprano et la mezzo-soprano se mariaient vraiment très bien.»

Les commentaires à la sortie du concert étaient unanimes. Tous les spectateurs rencontrés avaient grandement apprécié l’interprétation de l’OSTR. «J’ai adoré. J’ai chanté le Requiem de Verdi à Lisbonne lorsque j’avais 22 ans», a souligné avec enthousiasme Maria Amelia Dockery. «Évidemment, ça ne se compare pas. Ils ont énormément bien chanté. Les chœurs sont incroyables. Et Jacques Lacombe l’a vraiment bien amélioré.»

«Le Requiem de Verdi est un incontournable», a lancé ébahi Phil Coulombe, un des membres de Jardin Mécanique, un groupe de musique originaire de la région. 

«Ça ne paraissait pas qu’il y avait autant de musiciens et chanteurs sur scène. Ça sonnait très bien», a ajouté Catherine Beaudoin-Duval. 

Une pièce de répertoire pour le Chœur de l’OSTR

Jacques Lacombe souhaite que le Requiem de Verdi fasse partie du répertoire du Chœur de l’OSTR. D’ailleurs, l’OSTR a également présenté cette œuvre dimanche à Lachine dans le cadre du Festival Concerts Lachine. Pour ce spectacle, l’OSTR a réuni les mêmes chanteurs et musiciens que la veille à Trois-Rivières. 

«Dans le répertoire de chœur, j’essaie de maintenir certaines œuvres de manière assez régulière. Que ce soit la 9e Symphonie de Beethoven, le Requiem de Mozart, le Requiem de Verdi, le Messie d’Haendel et le Requiem de Brahms», a noté Jacques Lacombe. «On est assez chanceux à Trois-Rivières, on a un chef de chœur extraordinaire en Raymond Perrin. On arrive à constituer un chœur symphonique avec un répertoire. Il n’y a pas beaucoup de villes au Québec qui ont ça.»