L’expédition extrême de Frédéric Dion au Yukon en 2016 a fait l’objet d’un récit que l’aventurier présente dans un tout nouveau livre, SURvivre avec l’Antidoute en vente le 5 décembre prochain.

Oser l’aventure ultime: croire en soi-même

TROIS-RIVIÈRES — Après le succès de son premier bouquin, Antarctique Solo paru l’an dernier, ce n’est pas une surprise de voir Frédéric Dion présenter un deuxième récit d’aventures. Celui-ci, qui paraîtra officiellement le 5 décembre, s’intitule SURvivre avec l’Antidoute et il relate l’expédition d’août 2016 alors que l’aventurier avait été largué dans un coin non identifié du Yukon, sans nourriture, tente ou sac de couchage.

Largué sur un territoire parfaitement inconnu avec pour seules ressources ses vêtements, une embarcation pneumatique, un briquet, un couteau multitâches et du fil avec un hameçon, l’homme avait pour mission de rejoindre la civilisation par ses propres moyens. Ce n’est pas révéler un secret que de dire qu’il y est parvenu en une douzaine de jours mais comment il s’y est pris et quelles embûches il a dû surmonter, constituent la trame de ce récit. 

Fort de son expérience en Antarctique, l’aventurier avait pensé, avant même son départ le 16 août 2016, à la possibilité d’écrire un bouquin sur cette nouvelle folie. Il s’était d’ailleurs assuré de rester en contact quotidien avec Bryan Perro pour que celui-ci puisse écrire un blogue relatant les péripéties de ce saut dans le vide. «Quand j’ai lu les blogues, ça m’a vraiment fait triper. La façon qu’il a trouvé de raconter la finale me donne des frissons à chaque fois que je la lis. J’ai compris qu’il y avait là matière à un excellent récit. Il y avait de l’émotion et c’est par ça que je peux capter l’attention du lecteur et lui passer mon message.»

Le livre permet à Frédéric Dion de partager chaque moment de son expédition hors du commun. Les bons comme les mauvais moments. Il a d’ailleurs le mérite de ne pas embellir les choses et présente avec réalisme les difficultés de ce périple. On ne parle pas de face-à-face épiques avec des animaux sauvages ou d’exploits athlétiques mais de banalités quotidiennes comme le froid, l’humidité constante, la faim, la difficulté à dormir qui finissent par peser lourd sur le moral.

«Je sais que les gens se demandent pourquoi quelqu’un se donne pareils défis et je pense que le livre y répond: pour moi, c’est une quête de bonheur. Trouver le moyen de rester heureux dans ce genre de conditions et, à cause des difficultés, avoir réellement l’impression de réaliser mon plein potentiel, c’est très gratifiant.»

Cette confrontation aux éléments naturels et à ses propres besoins fondamentaux donne lieu à des épisodes assez prenants. Mais quand on lui demande ce qui a été le plus difficile dans toute cette expédition, la réponse surprend. «C’est sûr que le froid et la faim ont été difficiles à supporter et entre les deux, je dirais que le pire, c’était le froid. À certains moments, je sentais que j’avais de la difficulté à prendre des décisions rationnelles parce que j’étais très affaibli par le manque de sommeil et la faim. Mais je dois avouer que ce qui a été le plus difficile, c’était l’aspect psychologique dans les périodes où le doute prenait le dessus.»

C’est la raison pour laquelle, derrière l’aspect spectaculaire de son exploit, Frédéric Dion offre un aperçu intéressant sur une notion essentielle qui est de loin son outil le plus précieux non seulement dans cette aventure mais dans tous les aspects de sa vie: il l’appelle l’Antidoute.

C’est une façon d’aborder les défis en ne regardant plus la finalité mais en attaquant la chose par petits tronçons avec un objectif précis à chaque étape du cheminement. C’est aussi une attitude qui privilégie de façon absolue le moment présent, «...le seul sur lequel on peut avoir du contrôle», explique-t-il tout simplement. 

Dion est convaincu que le bonheur humain n’est pas déterminé par des causes extérieures à lui mais par l’attitude que l’individu a devant celles-ci. Il croit, pour l’avoir expérimenté dans des conditions extrêmes, que chacun a un pouvoir sur son attitude et que celle-ci peut être une porte d’accès au bonheur. «On dit souvent qu’on peut choisir ou subir. Moi, je crois qu’on peut se donner la capacité de choisir. J’en parle dans le bouquin en l’appliquant à l’aventure. Je ne dis pas que c’est toujours facile, mais qu’à travers les difficultés, on peut apprendre sur soi et gagner en confiance. On en arrive à mieux connaître les pièges que nous tend notre propre cerveau dans certaines situations difficiles et, en arrivant à les identifier, on peut les contrer pour se réaliser.»

À travers le récit, l’aventurier élabore un peu plus sur certains aspects de la théorie ayant même recours à des graphiques tout en gardant les explications les plus simples et concrètes possible. «Bien sûr, j’illustre mes idées en les appliquant à des situations extrêmes mais ce sont des choses qui sont tout aussi vraies pour n’importe qui dans des défis très quotidiens. Nous avons tous nos difficultés, chacun à son propre niveau. Pour avoir entendu des témoignages lors de mes conférences, je crois que ce que je propose peut parfois être une étincelle permettant à des gens d’en arriver à changer leur vie pour le mieux. Ça, ça donne un véritable sens à tout ce que je fais.»

«Il faut bien comprendre que je ne dis pas aux gens comment agir mais je suggère une façon d’aborder les choses qui peut leur permettre de faire leur propre cheminement.»

Le livre sera en vente dès le 5 décembre. Entre temps, on peut voir Frédéric Dion dans l’émission Expédition extrême présentée le mercredi soir, 20 h, à Z avec de nouveaux épisodes jusqu’à la mi-janvier. 

Pour ce qui est d’éventuelles aventures, Frédéric Dion indique qu’il ne compte pas s’embarquer dans un autre défi majeur avant 2019, histoire de mettre sur pied un autre projet d’émission de télévision qui, croit-il, a tout ce qu’il faut pour avoir du succès.