Le chef et directeur musical de l’Orchestre Pop de Trois-Rivières Michel Kozlovsky a éprouvé beaucoup de plaisir à préparer les arrangements des musiques country des deux prochaines prestations de la formation musicale.

Orchestre Pop de Trois-Rivières: l’audace par le country

TROIS-RIVIÈRES — Une des caractéristiques du tout jeune Orchestre Pop de Trois-Rivières est d’aborder plusieurs genres musicaux avec un égal plaisir. Il en offrira un bel exemple en fin de semaine prochaine alors que la formation musicale ouvrira sa deuxième saison d’existence dans un concert portant la marque de la musique country intitulé Grand Saloon symphonique en compagnie du groupe trifluvien les Ticky Jones. Les représentations auront lieu le samedi 24 novembre à 19 h 30 et le lendemain à 14 h 30.

On n’associe pas d’emblée un orchestre symphonique de 35 musiciens avec ce style musical mais c’est bien l’intérêt du défi que s’est lancé l’orchestre. Un élément vient cependant justifier amplement cette intrusion dans le monde country puisque le concert aura sa portion dévolue aux musiques de films westerns dont quelques-unes du grand Ennio Morricone. Dans cette partie, l’orchestre s’enrichira de la présence de la quinzaine de chanteurs du chœur Zone Jazz sous la direction de Claude Ménard. C’est donc globalement une cinquantaine de musiciens qui s’uniront pour rendre hommage à la musique country.

C’est le chef et directeur musical Michel Kozlovsky qui a réalisé les arrangements et ce grand pianiste classique affirme avoir eu beaucoup de plaisir à explorer cette musique.

«D’abord, il faut dire qu’Ennio Morricone est un musicien exceptionnel et sa musique a non seulement marqué l’imaginaire des spectateurs mais également les films eux-mêmes. Elle a eu beaucoup plus d’impact sur les œuvres de Sergio Leone qu’on peut le penser. À des dialogues sans intérêt, ce dernier préférait le silence des acteurs appuyé par une musique significative. Comme les cowboys sont présentés comme des hommes plus grands que nature, la musique des westerns l’est également.»

Le public pourra notamment entendre le thème de L’homme à l’harmonica, de Il était une fois dans l’ouest, du Bon, la brute et le truand ou de la série télévisée Bonanza.

Pour ce qui est des arrangements sur la musique du quatuor trifluvien Les Ticky Jones, composée de créations et de reprises de succès, elle présentait un défi supplémentaire. «Donner un habillage orchestral à des chansons originales devant l’artiste qui les a créées est un privilège unique et excitant, admet le directeur musical. Je l’ai fait avec Breen Leboeuf l’an dernier pour l’Orchestre Pop et ç’a été un grand plaisir. Le défi est de donner un éclairage différent à la chanson tout en respectant sa nature de façon à ce que les gens disent qu’ils n’auraient pas pensé que ça puisse prendre cette forme-là.»

«J’avoue que je ne m’attendais pas à avoir autant de plaisir à faire le travail que j’ai accompli pour ce concert. J’ai découvert beaucoup de choses sur la musique country. Notamment, que c’est une musique d’émotion. Ce ne sont pas l’invention mélodique ou harmonique qui sont au cœur de cette musique mais les paroles et c’est ce qui doit guider l’arrangeur. Par exemple, une des chansons parle d’une fille en amour avec un soldat: ça permet d’amener une atmosphère militaire avec l’orchestre.»

«L’autre défi tient à l’émotion même. Il faut chercher à en rendre la vérité, ce qui n’est pas toujours simple.» À l’autre bout du spectre, les Ticky Jones reprennent Mon oncle Edmond de Jean Lapointe, une chanson assurément légère. «Là, on est dans un autre monde plus farfelu mais l’orchestre doit encore être là pour appuyer l’émotion, quelle que soit sa nature. En écoutant tout ce qui nous était proposé comme répertoire, j’ai eu la surprise de constater qu’il y avait beaucoup à faire musicalement avec tout ça. J’ai voulu m’assurer que non seulement moi, j’aie du plaisir à le faire mais les musiciens également. On a eu une répétition en compagnie des Ticky Jones et j’ai pu constater par la réaction des musiciens qu’ils sont eux aussi très contents du répertoire.»

Le chef s’attend à une occupation globale pour les deux représentations d’au moins 85 % des sièges de la salle Anaïs-Allard-Rousseau, une excellente réponse. «C’est une preuve que l’Orchestre répond à un besoin évident à Trois-Rivières», soutient Michel Kozlovsky.

Il reste des places disponibles via la billetterie de la salle Thompson. Les billets se vendent au coût de 28 $ l’unité ou par un abonnement au coût de 75 $ pour les trois concerts.