Cindy Bédard

«On sent une solidarité qui s’installe»: les artistes n’y échappent pas

TROIS-RIVIÈRES — Voilà déjà près de deux semaines de passé dans notre nouveau quotidien bousculé par la COVID-19. Le télétravail a pris d’assaut une bonne partie des Québécois, les artistes de la région n’y échappent pas. Entre concerts annulés et incertitude, on profite du moment présent pour certain et on tente de créer pour d’autres.

«C’est certain que c’est une période assez particulière pour tout le monde», lance Cindy Bédard au bout du fil.

L’auteure-compositrice-interprète de Saint-Tite a lancé son album Après l’orage au début de cette crise sans précédent. En isolement, elle s’est tournée vers les médias sociaux.

«Je sens un engouement qui est complètement différent de ce qui était prévu! Il se passe quand même quelque chose, il y a ça de beau et de rassurant dans l’humain aussi», souligne-t-elle.

«Les gens m’écrivent qu’ils vont acheter l’album. Ce qui est beau, c’est qu’il est possible de consommer la culture même en étant chez nous, lire, écouter de la musique…»

D’ailleurs, Cindy Bédard fait partie des artistes d’un collectif qui chante la danse de la limonade mise en ligne la semaine dernière sur les réseaux sociaux.

«Éloi Painchaud nous a contactés, c’est un gros collectif qui fait une chanson ensemble. On fait ce que l’on peut pour garder un peu d’espoir et faire notre rôle d’artiste pour aider la population à traverser cette période d’isolement là».

«On sent une solidarité qui s’installe, il y a beaucoup d’artistes qui donnent de leur temps», note Cindy Bédard.

En attendant de voir plus clair dans toute cette situation, Cindy Bédard prend du bon temps avec son garçon.

Sébastien Deshaies

«C’est mon côté maman qui embarque. On fait des jams de famille. Ma période de création était terminée avec l’album. Je pense qu’on est plus en mode familial et on essaie de voir le beau dans le moment présent. Il faut garder le cœur heureux quand même dans tout ça pour le bien de la santé mentale», insiste-t-elle.

Du côté du guitariste Sébastien Deshaies, concerts et conférences ont été annulés bien sûr, mais on continue de donner des cours en ligne.

«C’est insécurisant un peu parce qu’on ne sait pas trop à quoi s’en tenir actuellement, mais je reste positif. C’est beaucoup trop tôt pour prendre des décisions», souligne Sébastien Deshaies.

Malgré la partie insécurisante et déstabilisante de toute cette crise, ces nouveaux temps libres vont servir à créer du nouveau matériel.

«J’avais prévu déjà de créer du nouveau contenu avant le coronavirus. J’étais dans un travail de création d’un nouveau site web et je prévoyais ajouter du nouveau contenu de vidéo de musique. Je vais mettre du temps là-dedans en partie», affirme le musicien.

«On va continuer de créer. Je fais aussi des conférences, peut-être que je pourrais en faire une nouvelle. Je fais aussi beaucoup de studios d’enregistrement. Je fais des tests aussi. Je fais des choses que je n’ai pas le temps de faire habituellement, là je prends le temps […] On pratique nos instruments et on prépare des idées de projets».

De son côté, Denis Massé a bien failli se retrouver coincé en Europe avec son groupe Les Tireux d’Roches.

«On a failli partir, mais tout a été annulé. On est encore en train de se revirer de bord, on n’est pas encore en mode création […] On est solidaire à tout ce qui se passe», note celui qui incarne aussi le personnage d’Henri Godon.

«On avait une semaine de création de prévue là-bas, qui va probablement être reportée ici. […] Je suis toujours en création de toute façon. Ça ne change pas», a-t-il fait savoir.

Denis Massé

Denis Massé espère que toute cette crise saura rassembler le peuple dans un «énorme élan de solidarité».