Isabelle Dumais présente jusqu’au 15 octobre son exposition Le sublime et le subtil au Centre d’exposition Raymond-Lasnier.

Nuances et contrastes au Centre d’exposition Raymond-Lasnier

(Trois-Rivières) Après avoir accueilli des artistes de la Biennale internationale d’estampe contemporaine au cours de l’été, le Centre d’exposition Raymond-Lasnier fait présentement place à deux artistes de Trois-Rivières: Isabelle Dumais et Félix Michaud.

La première est bien établie et précédée d’une solide réputation à laquelle elle fait honneur encore une fois avec Le sublime et le subtil. C’est d’ailleurs plus qu’un titre, presque une description. Isabelle Dumais étant aussi bien écrivaine qu’artiste en arts visuels, elle ajoute à ses tableaux de courts textes très pertinents et révélateurs de son approche, comme si elle mettait des mots sur des impressions que laissent ses toiles.

Dans un texte de présentation, l’artiste dit: «Je présente des tableaux résolument abstraits, dépouillés mais sensibles.» On ne saurait mieux décrire ses œuvres.

Les seize toiles qu’elle présente, récentes pour la plupart, sont toutes d’une même facture. Abstraites, assurément, faites de couches superposées qui donnent une étonnante profondeur à ses toiles. Dans certains cas, des lignes droites, allant jusqu’à former un carré, ou même une fenêtre, viennent donner une note de rigidité à l’évanescence du tout. Le contraste de la ligne donne une frontière au flou, à l’à peu près. C’est la confrontation du rationnel et de l’émotionnel.

Elle utilise aussi du papier encollé, de toutes petites billes ou alors, passe de la toile au panneau de bois comme support pour ajouter à la texture et à l’extrême sensibilité qui émane de chaque œuvre. Quelle que soit la technique utilisée, ses toiles sont hypnotisantes. Les traces des coups de pinceau ou la juxtaposition de toiles l’une contre l’autre révèlent la présence de l’artiste, d’une volonté derrière le rien profond et dense qui donne un tout étonnamment puissant. Les subtiles nuances de couleurs, présentes dans chacune des toiles, sont une incitation à plonger, aller voir derrière, là où se trouve la beauté. Comme si l’artiste elle-même se cachait derrière ces nuages colorés. 

Il y a un monde entre le premier coup d’œil et le véritable contenu des toiles. Peut-être faut-il un peu de temps pour apprivoiser ce travail si ça ne fixe pas d’emblée votre regard. L’effort est récompensé: ce qui peut apparaître comme de l’à-peu-près est, de toute évidence, une somme considérable de travail méticuleux. Des couches de couleurs qui se marient, se mêlent les unes aux autres pour densifier le propos. Ce n’est pas évident à décrire, mais c’est beau. C’est pudique, pur et complexe mais surtout fascinant. C’est à voir. Ou à savourer intimement.

 Félix Michaud

Dans l’autre salle du centre d’exposition, le contraste est assez net avec le travail de Félix Michaud présenté dans cette exposition intitulée Brisées. Lui aussi fraie avec l’abstrait mais à partir d’un substrat très réaliste. L’artiste prend des photos de sites naturels, de forêts, de plages, en superposant plusieurs clichés pris d’un même point de vue. Parfois même à l’aide d’un trépied. Le résultat transcende la réalité. Dans le cas des photos prises grâce à un support, c’est la nature qui fait une grosse partie du travail: les portions fixes du paysage demeurent alors bien nettes sur la photographie finale alors que feuilles et branches que le vent fait bouger imposent des portions floues. 

Dans d’autres cas de clichés captés librement, c’est toute l’image qui est marquée par le mouvement, gommant la précision des lignes, contours et détails pour rapprocher l’image de l’abstraction. Dans certaines séries, puisque la plupart des 26 œuvres sont divisées en séries, certaines œuvres font penser à des paysages impressionnistes. Intéressant.

Les deux expositions sont présentées jusqu’au 15 octobre.