Billy Branch et Ronnie Baker Brooks ont assuré la première partie samedi soir de Buddy Guy.

«Nous sommes dans les ligues majeures»

TROIS-RIVIÈRES — Lorsqu’un événement présente une programmation comprenant des artistes comme Buddy Guy, Samantha Fish, Randy Bachman ou encore George Thorogood And The Destroyers, il s’assure de susciter beaucoup d’intérêt auprès des amateurs de blues. Ces musiciens de grand talent étaient les têtes d’affiche de la 10e édition de Trois-Rivières en blues et ont grandement contribué au succès de l’événement.

«Nous avons eu une année extraordinaire», lance sans hésiter Christian Gamache, le président de Trois-Rivières en blues. «Toutes nos prévisions ont été dépassées. C’est notre meilleure édition à vie pour notre 10e.»

Les spectacles présentés à l’amphithéâtre ont attiré des foules considérables. Selon les organisateurs, qui se gardent bien pour l’instant de divulguer des statistiques, tous ces spectacles payants ont été présentés devant des salles combles. Chaque soir, les quelque 3500 places assises de l’amphithéâtre étaient remplies et plusieurs spectateurs étaient sur l’espace gazonné.

«Nous sommes très satisfaits. Nous avons attiré du monde, des festivaliers ou des responsables de festival, de partout, même de Tampa Bay ou de Las Vegas. On a même eu le maire de Plattsburgh qui est venu voir notre événement», souligne Christian Gamache. «De plus en plus, il y a du monde de partout qui se présente à Trois-Rivières en blues. Et j’en suis vraiment fier.»

Samedi, les festivaliers avaient rendez-vous à l’Amphithéâtre Cogeco avec Buddy Guy, une véritable légende du blues. Déjà intronisé au Rock and roll Hall of Fame, Buddy Guy a influencé des légendes de la musique et des virtuoses de la guitare comme Jimi Hendrix, Eric Clapton et Stevie Ray Vaughan. Lui-même excellent musicien, Buddy Guy trône au 23e rang des 100 meilleurs guitaristes de tous les temps du palmarès du magazine Rolling Stone. Malgré ses 82 ans, le guitariste a donné une performance électrisante. Il s’est même permis d’aller dans la foule pour faire chanter sa guitare.

George Thorogood était une des têtes d’affiche du 10e Trois-Rivières en blues.

«C’est un moment marquant pour plusieurs festivaliers», précise le président de l’événement.

Buddy Guy a été précédé sur scène de Steve Strongman et de Chicago plays the Stone avec Ronnie Baker Brooks et Billy Branch. Il s’agissait d’une belle programmation mettant à l’avant le son électrique du blues de Chicago.

La renommée grandissante de Trois-Rivières en blues rend le travail des organisateurs bien plus facile lorsque vient le temps d’attirer des artistes. Et l’Amphithéâtre Cogeco a grandement contribué à faire passer le festival à un autre niveau. «On est rendu dans les ligues majeures. Pour beaucoup d’artistes qui viennent de l’extérieur, c’est leur festival», assure le président de Trois-Rivières en blues.

«Tout se passait au centre-ville, mais nous avions une limite dans la qualité des artistes. On ne pouvait pas produire des artistes comme ZZ Top, car la logistique était trop grosse pour le centre-ville. Avec l’amphithéâtre, on produit des spectacles de plus grande envergure. Trois-Rivières est un incontournable pour les gens de blues.»

La présence de grands noms du blues sur la scène de l’Amphithéâtre n’a toutefois pas dénaturé le festival qui a toujours voulu conserver son identité très urbaine. Pas moins de 17 scènes sont installées dans des restaurants, des bars ou des cabarets du centre-ville pour vibrer au son du blues. «Nous avons noté un gros achalandage sur ces scènes», note Christian Gamache.

Il faut dire que le temps chaud qui a touché la région de jeudi à dimanche matin a grandement aidé les organisateurs. À l’exception de dimanche où la pluie s’est invitée à la fête, tous les spectacles ont pu se tenir sur les scènes extérieures du centre-ville. «On a dû changer les plans dimanche, mais on s’est rapidement ajusté. On a déplacé les spectacles prévus sur la scène de la rue Badeaux au Memphis Cabaret», précise M. Gamache.