Le directeur exécutif des Écrits des Forges Étienne Poirier présente le recueil La part habitée du ciel du poète québécois Michel Létourneau, livre en nomination pour le Prix littéraire du Gouverneur général en poésie pour 2019.

Nomination très prestigieuse pour les Écrits des Forges

TROIS-RIVIÈRES — Alors que le Festival international de poésie de Trois-Rivières bat son plein, quelle meilleure nouvelle pouvait-on apprendre que la nomination d’un recueil édité aux Écrits des Forges pour le Prix littéraire du Gouverneur général en poésie? Le livre en question est La part habitée du ciel du poète québécois Michel Létourneau.

Il s’agit évidemment d’un grand honneur pour la maison d’édition trifluvienne bien qu’elle n’en soit pas à sa première nomination du genre puisque pas plus tard que l’année dernière, elle se retrouvait dans la même situation; le recueil La cruauté du jeu de France Théorêt a été mis en nomination pour le prestigieux prix canadien en plus de remporter le Grand Prix Québécor de poésie du Festival trifluvien.

«Au cours de notre histoire de 48 ans, nous avons édité trois recueils qui ont remporté le Prix du Gouverneur général, d’indiquer le directeur exécutif des Écrits des Forges Étienne Poirier. C’est vrai que ça date quelque peu mais avec la nomination de l’an dernier et celle de cette année, c’est vraiment valorisant. Ça reste le prix le plus prestigieux au Canada et pour la maison d’édition, ça procure également un prestige considérable.»

Même s’il n’est pas directeur littéraire, Étienne Poirier dit que quand il a lu le manuscrit prêt pour l’édition, il a su qu’il avait entre les mains un livre exceptionnel. «D’abord, Michel Létourneau est un très grand poète et tous ses recueils sont remarquables mais celui-ci est tout à fait exceptionnel. J’ai été soufflé par la force de cette poésie, sa beauté ainsi que la maîtrise de son auteur. J’ai tout de suite su en le lisant que c’est une grande oeuvre.»

«Malheureusement, Michel Létourneau est trop peu diffusé malgré son très grand talent et on espère que La part habitée du ciel va corriger cette lacune. Si des gens cherchent des recueils pour s’initier à la poésie ou pour entretenir leur intérêt, c’est un ouvrage vraiment exceptionnel que je recommande fortement.»

Un Prix du Gouverneur général implique une bourse de 25 000 $ pour l’auteur alors que la maison d’édition doit se contenter de 3 000 $ qui doivent obligatoirement être consacrés à la promotion de l’ouvrage. «L’impact pour la maison d’édition est difficile à chiffrer dans le créneau spécifique de la poésie. Pour un roman, un tel prix transforme très souvent le livre en un best-seller mais en poésie, les retombées sont plus modestes et moins directes. Une maison qui publie des recueils lauréats gagne en crédibilité et va attirer davantage d’auteurs de talent. Elle aura également plus de crédibilité auprès des institutions. On peut penser qu’un enseignant va puiser ses livres de référence auprès de maison qui offre une qualité d’ouvrages reconnue.»

Aux Écrits des Forges, les tirages initiaux sont de 350 exemplaires mais les chiffres de ventes fluctuent en fonction de la notoriété des auteurs. Ils ont la chance de publier les recueils de David Goudreault dont ils peuvent écouler des milliers de copies. Pour d’autres auteurs moins connus, des ventes de 200 exemplaires sont plus près de la norme. «À 600 exemplaires, on peut presque parler de best-sellers, calcule Étienne Poirier. Par exemple, La cruauté du jeu s’est vendu à quelque 300 exemplaires. Un prix comme celui du Gouverneur général va avoir pour effet de faire vendre le recueil sur une longue période de temps. La vie commerciale d’un recueil normal va être à peu près d’une année mais s’il est auréolé du Prix du Gouverneur général, il va se vendre de façon régulière pendant plusieurs années. Si on prend Les cendres bleues, de Jean-Paul Daoust, par exemple, il se vend encore régulièrement même s’il a été publié en 1995. Il faut dire que celui-là est un véritable classique, cependant.»

Profitant de la présentation du Festival international de la poésie, la maison d’édition trifluvienne ouvrira ses portes au public de mercredi à vendredi, de 9 h à 17 h. Les gens pourront ainsi rencontrer des responsables qui se feront un plaisir de répondre à toutes les questions concernant leur travail sans compter que des objets de collection seront offerts à la vente. Les bureaux des Écrits des Forges sont situés au 997-A de la rue Royale au centre-ville trifluvien.