Chanteur plus assumé, musicien plus accompli, Nicolas Pellerin amorce une belle étape dans sa carrière.

Nicolas Pellerin: «Je m’assume plus comme chanteur»

TROIS-RIVIÈRES — Les fans du groupe remarqueront sans doute la place inhabituelle que prend la voix de Nicolas Pellerin sur l’album. Plus à l’avant-plan, plus près de l’auditeur.

«Je pense que je m’assume plus comme chanteur, admet l’artiste après une courte réflexion. On pourrait dire que sur Chouïa, j’ai traité ma voix plus sérieusement.»

«J’ai toujours chanté en accompagnement de la musique parce que ça prenait quelqu’un pour chanter les paroles. Avec le temps, j’ai pris une certaine assurance. Au point où j’en suis rendu dans mon évolution, je me suis penché un peu plus sur le timbre, l’énergie. Je pense même en toute modestie que ma voix est plus belle.» Les auditeurs devraient acquiescer sans hésitation.

Il est même en mesure d’identifier précisément le point d’origine de cette évolution. «C’est depuis l’enregistrement de 3/4 fort quand j’ai chanté la complainte Fleur de Lyson. J’ai pris confiance à partir de là parce que j’ai senti que j’avais ce qu’il fallait pour lui conférer une plus grande émotion par ma seule voix. J’ai appris à apprivoiser le micro, à mieux contrôler ma respiration. Je tiens à ce que ma voix reflète mieux l’idée maîtresse qui est derrière la chanson. Le résultat, c’est que j’aime beaucoup mieux chanter maintenant. J’y prends plaisir plus que jamais. Inspiré par la grande sensibilité de Stéphane (Tellier) sur sa guitare, j’ai travaillé sur la mienne comme chanteur.»

La technique est une chose, mais ne suffit pas. La voix est expression de l’individu dans son entier bien au-delà de ce que la volonté peut imposer. «Je constate qu’il y a dans ma façon de chanter quelque chose qu’on n’apprend pas à l’école. J’ai développé un certain «lâcher prise». J’ai 38 ans, j’ai un parcours de vie. Je sais ce que d’autres musiciens font nettement mieux que moi et je suis à l’aise avec ça. J’ai aussi une idée de mes forces et je les assume. Je pense que moi comme Simon (Lepage) et Stéphane nous sommes plus matures. On n’est plus un band de jeunes. On peut évidemment faire la fête mais on sait aussi exprimer intensément les messages plus émouvants et plus graves qu’on trouve dans les chansons traditionnelles.»

«J’ai vraiment hâte de me retrouver sur scène pour ça. On va vraiment s’amuser parce que ça nous donne un plus grand éventail d’émotions à offrir. On a assez d’expérience pour bien saisir à quel type de public on a affaire dès les toutes premières minutes du spectacle. On va pouvoir aller les chercher autant dans l’énergie que dans l’émotion. C’est ça qui fait de bons shows dont les gens se souviennent longtemps.»