Avec ses Grands Hurleurs, Nicolas Pellerin amène la musique traditionnelle là où elle n’est jamais allée.
Avec ses Grands Hurleurs, Nicolas Pellerin amène la musique traditionnelle là où elle n’est jamais allée.

Nicolas Pellerin et Les Grands Hurleurs: soudés comme jamais

TROIS-RIVIÈRES — En choisissant un chemin singulier qui prend ses aises avec la musique traditionnelle, essentielle source d’inspiration, Nicolas Pellerin et Les Grands Hurleurs ont trouvé une voie qui leur assure non seulement le succès mais, plus précieux encore, le plaisir. Le public de la Mauricie aura l’occasion d’en être témoin quand ils occuperont la place du choix du Festival Trad de Shawinigan le samedi 23 novembre, 20 h, à la Maison de la culture Francis Brisson de Shawinigan.

Le musicien caxtonien convient que les prochaines semaines seront particulièrement fébriles pour le trio et que la fin de l’année est toujours une période intense de leur année. «Il y a le mois de décembre pendant lequel on joue toujours beaucoup parce que c’est le moment par excellence pour la musique traditionnelle au Québec mais on est aussi très pris pendant l’été.»

Pour cette dernière portion du calendrier, les horizons ont tendance à s’éclaircir. Il y a un an, au moment de lancer leur dernier album, les musiciens souhaitaient ouvertement se tourner un peu plus vers l’international et les portes s’ouvrent de ce côté. Les Grands Hurleurs étaient en Finlande à la toute fin d’octobre pour se produire devant des producteurs de spectacles d’un peu partout sur la planète et les offres ont, depuis, commencé à arriver. «Il y a des choses intéressantes du côté de la France, notamment, et on a confiance de pouvoir réunir quelques spectacles l’année prochaine qui nous permettraient de faire deux bons séjours en Europe. On ne cherche pas à être sur la route huit mois par année mais simplement explorer quelques marchés qu’on pourrait investir sur le long terme», explique le chanteur du groupe.

Le style musical des Grands Hurleurs qui privilégie une musique d’essence traditionnelle mais sérieusement fouettée par des influences jazz, rock, folk ou même classique font qu’ils ne sont pas confinés au créneau de la musique trad. À défaut de meilleure appellation, on les associe à la musique du monde. «On a fait un séjour au Tennessee l’été dernier dans un festival de musique du monde et les gens cherchaient à nous classer dans une catégorie spécifique sans vraiment y arriver. Le public était curieux et il aimait notre musique sans pouvoir nous cerner. Hors du Québec, on présente un répertoire axé sur la musique qui groove pour que le public puisse vivre quelque chose même s’il ne comprend pas ce qu’on chante. Déjà, quand ils me voient chanter tout en tapant du pied et en jouant du violon, les gens d’ailleurs sont souvent un peu décontenancés; je leur explique que c’est inscrit dans notre culture traditionnelle au Québec.»

Après douze mois ayant généré près de 125 spectacles, un calendrier dont rêvent bien des artistes de scène, le groupe est musicalement soudé comme jamais. «Au Tennessee, on a fait 53 spectacles en vingt jours l’été dernier dans un festival. Et on arrivait de dix jours à Winnipeg où on avait présenté une vingtaine de spectacles; pas besoin de te dire qu’en revenant de ça, le groupe était rodé à mort! Le public ne l’entend pas nécessairement mais on est vraiment à notre meilleur. On est excessivement précis et on peut vraiment se laisser aller sur scène parce que la confiance est totale. Notre musique a vraiment pris de la maturité depuis la sortie de l’album Chouïa.»

Les spectacles à venir un peu partout en province seront construits autour de tout ce que compte le répertoire du trio que Nicolas Pellerin forme avec Simon Lepage et Stéphane Tellier. «Après quatre albums, on commence à avoir le choix des pièces et de toute façon, sur notre dernier, on reprenait déjà d’anciennes pièces qu’on transformait pas mal. Mais on a aussi intégré dans le spectacle deux reprises toutes récentes: Ta fête, de Stromae et la chanson des Triplettes de Belleville parce que notre guitariste était dans le groupe de Benoît Charest à l’époque de la sortie de la chanson des Triplettes. Je suis assez fier de notre version de Ta fête, dit Pellerin avec un sourire entendu. On l’emmène vraiment ailleurs mais j’aimerais beaucoup que Stromae l’entende; je pense qu’il aimerait ça.»