La chanteuse louisevilloise Nathalie Viau se dit très heureuse de son passage à La Voix dimanche soir dernier. Non seulement a-t-elle offert une prestation à la hauteur de son talent, mais surtout, elle a pu sensibiliser le public à la nécessité d’offrir des cours de musique dans les écoles primaires.

Nathalie Viau à La Voix pour la cause avant tout

TROIS-RIVIÈRES — Deux jours après la diffusion de son audition à l’aveugle dans le cadre de l’émission La Voix, la Louisevilloise Nathalie Viau pose un regard satisfait sur la trop courte aventure en se réjouissant de voir qu’elle lui a donné une tribune pour sensibiliser le public à la nécessité de conserver les cours de musique dans les écoles primaires.

Rappelons que l’interprète était accompagnée, lors de son audition, d’un groupe d’élèves auxquels elle enseigne la musique dans quatre écoles de la MRC de Maskinongé: deux écoles à Maskinongé, une à Sainte-Ursule et l’autre à Saint-Justin. Si les juges de l’émission ont clairement manifesté leur conviction qu’il faut offrir des cours de musique à l’école, la question a pris une connotation plus spectaculaire quand Pierre Lapointe a appris que l’enseignante avait carrément sacrifié une partie de son salaire pour conserver les cours de musique dans les écoles où elle enseigne.

Nathalie Viau sent le besoin d’atténuer un peu l’affirmation. «Dire que j’ai sacrifié une part de mon salaire, c’est un peu gros. En fait, ce qui est arrivé, c’est que les écoles ont décidé de diminuer le temps consacré à la musique de sorte que ce qu’on m’a offert correspond à 56 % d’une tâche pleine. On m’a indiqué que si je ne le prenais pas, on laisserait tomber les cours de musique. Je ne pouvais pas accepter que mes élèves ne puissent plus faire de la musique, alors, j’ai accepté une tâche moindre. Cela dit, je suis payée conformément à la tâche que j’ai acceptée. J’avais la possibilité d’avoir une tâche pleine ailleurs mais il n’était pas question que mes jeunes soient privés de musique.»

La nuance n’atténue en rien la noblesse de son action. Mais pourquoi estime-t-elle que la musique est si importante?

«Il y en a dans mes groupes qui sont en difficultés scolaires graves mais qui excellent en musique. Ceux-là, je les mets de l’avant lors de nos concerts. Il y a enfin un domaine dans lequel ils sont bons et admirés par les autres élèves: c’est extrêmement important pour eux. Ça leur apporte une estime de soi qu’ils ne trouveraient pas autrement. C’est précieux. Moi, je sais que la musique sauve des vies. J’ai été très malade dans le passé et la musique m’a permis de passer à travers cette épreuve.»

Pour les élèves de 5e et 6e année, elle n’a plus avec eux, malheureusement, qu’une heure de musique tous les dix jours.

«C’est très dommage parce qu’ils sont hypothéqués. Ils ne peuvent pas conserver un bon niveau. Je prends de mon temps pour essayer de leur en donner plus. En plus, il y a un problème de budget pour des instruments: mon conjoint et moi avons retapé de vieux xylophones brisés pour que les élèves aient tous des instruments pour jouer. Je dois donner des cours dans la bibliothèque d’une des écoles et évidemment, ça affecte les autres professeurs dans leurs propres cours. Ils l’acceptent parce qu’ils sont conscients de la valeur de la musique. On maintient ces cours grâce à une implication de plein de monde.»

«Dans ces conditions, je suis contente d’avoir pu sensibiliser des gens à la nécessité de garder des cours de musique à l’école grâce à La Voix. Je suis optimiste de nature et j’ai bon espoir qu’il en ressorte quelque chose de positif.»

Cela dit, la prof aurait aimé poursuivre l’aventure télévisuelle plus loin pour véhiculer encore davantage son message.

«J’étais allée passer des auditions dans le passé mais on m’avait dit que j’étais trop vieille. Cette fois, j’y suis allée pour mes élèves. Qui sait? Ça pourrait peut-être nous amener à monter des concerts-bénéfices pour eux.»

Pour l’interprète qu’elle est, l’expérience a été précieuse. «Je n’en garde qu’un très bon souvenir. J’ai été déçue pour les élèves de ne pas être retenue mais je suis très fière de moi. J’ai revu l’enregistrement quelques fois et j’ai vraiment bien chanté. Je n’aurais pas pu faire mieux et c’est tout ce qui compte. Je vois aussi dans les nombreux commentaires reçus que les gens ont apprécié.»

Par ailleurs, cette chanteuse qui traîne une trentaine d’années de show-business dans ses bagages poursuit son parcours. Elle aimerait former un nouveau petit groupe avec deux musiciens dans une formule qui se prêterait bien à des spectacles dans de petites salles.

«J’ai des exigences: il faut au moins une solide répétition par semaine en plus du travail à la maison. Je suis rigoureuse et je veux offrir un produit de qualité; on le fait bien ou on ne le fait pas du tout. Je l’ai connu dans le passé avec des groupes comme Quorum et j’ai besoin de ce professionnalisme-là. Je sais que je peux encore faire des choses intéressantes en musique. C’est d’ailleurs ce que je souhaite aux autres concurrents de la région que je connais et dont j’apprécie le talent.»