La Saint-Titienne Cindy Bédard est revenue d’un court séjour de création à Nashville avec quatre nouvelles chansons à son répertoire.

Nashville: une muse

Trois-Rivières — Pour la musique country, Nashville est plus qu’une ville phare, c’est le centre du monde. La Saint-Titienne Cindy Bédard y a baigné pendant cinq jours entre le 25 et le 30 mars derniers et elle en est revenue enthousiaste et inspirée.

«J’ai été plus inspirée encore que je ne l’imaginais avant de partir, confiait-elle mardi. Il y a une énergie là-bas qui est exceptionnelle. C’est le festival western de St-Tite à l’année! Je suis vraiment tombée en amour avec cette ville.» La musicienne, rappelons-le, avait obtenu une bourse de création du CALQ pour une semaine de résidence en création.

«Une des choses que j’ai préférées, c’est que ce n’est pas l’idée caricaturale du country que reflète la ville. Ce n’est pas l’image des chapeaux de cow-boys, des bottes de foin et des pick-up. On voit beaucoup de jeunes musiciens avec une approche moderne et innovatrice. On sent que c’est l’amour de la musique qui les amène là.»

«J’avais en tête un cliché du fameux Bluebird Cafe, par exemple, et ce que j’y ai trouvé, ce sont de jeunes musiciens avec du matériel original et une approche très contemporaine. Ça m’a fait beaucoup de bien de me tremper là-dedans. On sent qu’ils cherchent à faire évoluer la musique country tout en restant fidèle à sa nature et ça m’a énormément plu.» Cindy Bédard s’en allait dans la capitale du Tennessee non pas comme simple touriste mais pour écrire et elle revient avec quatre chansons ficelées. «Je les ai toutes écrites là-bas. Dès le moment où j’ai pris l’avion pour m’y rendre, j’ai remarqué le nombre de gens avec un étui à guitare. Je pense que tout le monde en avait un! J’ai écrit quelque chose là-dessus.»

«C’est une des choses que j’ai trouvées très belles lors de ce séjour, c’est qu’on a l’impression que plein de jeunes musiciens migrent vers Nashville en quête d’une carrière ou pour être en contact avec ce qui se fait présentement en musique. Il y a une très grande vitalité musicale là-bas. Comme si c’était un des endroits où l’avenir de la musique est en train de s’élaborer.»

La musicienne soutient avoir été entraînée dans des avenues créatives qui ne lui sont pas habituelles, et ce, pour son plus grand plaisir. «Je dirais que j’ai introduit des accords que je n’avais encore jamais joués. Ce qui m’a surpris, c’est que j’ai visité des zones nouvelles dans mes textes aussi et même au niveau du propos. Je suis sortie de ma zone de confort: c’est bon signe. Dans le passé, je me louais un chalet quelque part dans le bois pour créer alors, j’avais toujours les épinettes pour m’inspirer. Là, c’est autre chose.»

«Depuis mon retour, je suis allée en studio et j’ai écouté les chansons avec mes musiciens et franchement, j’en suis fière. Je ne peux pas garantir qu’elles seront sur mon prochain album mais je pense bien que oui.»

Si les cinq jours de trempette ont été intenses pour la musicienne, sa vie professionnelle l’a happée sans ménagement au retour. Après une journée en studio, elle repart mercredi pour une série de spectacles au Nouveau-Brunswick en compagnie de Paul Daraîche. «Je suis partie juste à temps parce que je serai pas mal occupée dans les prochaines semaines, d’autant que je tiens toujours à sortir mon nouvel album à l’automne. Et j’adorerais retourner à Nashville bientôt. Il va falloir que je me trouve du temps quelque part, mais je ne sais pas où.»