Le violoniste André Brunet, de Saint-Sévère jouera au Carnegie Hall vendredi dans le cadre d’un spectacle que son groupe, le Vent du Nord, présente conjointement avec un autre groupe de musique traditionnelle: De Temps Antan.
Le violoniste André Brunet, de Saint-Sévère jouera au Carnegie Hall vendredi dans le cadre d’un spectacle que son groupe, le Vent du Nord, présente conjointement avec un autre groupe de musique traditionnelle: De Temps Antan.

Musique traditionnelle et prestige

François Houde
François Houde
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Affranchie du carcan des idées reçues, la musique traditionnelle québécoise rayonne aujourd’hui à travers le monde et elle conquiert même certaines des plus grandes scènes du monde. Le groupe le Vent du Nord en fera une spectaculaire démonstration au cours des prochaines semaines alors que d’une part, il se joindra au groupe De Temps Antan pour présenter un spectacle au très prestigieux Carnegie Hall de New York ce vendredi 24 janvier et le 1er février, le groupe sera à Glasgow, en Écosse, pour présenter un spectacle version symphonique avec l’Orchestre Écossais au Glasgow Royal Concert Hall.

Ce dernier événement s’inscrit dans le contexte d’un festival appelé Celtic Connection auquel le groupe a participé à de nombreuses reprises dans le passé. Le cas du Carnegie Hall est plus surprenant et prestigieux aux yeux du violoniste du groupe, André Brunet, un résident de Saint-Sévère en Mauricie. «Ça fait longtemps que c’est dans l’air parce que nous avons participé à quelques reprises à un événement, l’APAP, qui sert de vitrine auprès de producteurs américains. Des gens de New York nous y ont vus quelques fois et ça fait un moment qu’ils nous disent qu’ils veulent nous présenter dans leur ville. Ça s’est concrétisé officiellement au printemps dernier.»

Le spectacle que les producteurs ont choisi est celui que les deux groupes présentent ensemble et intitulé Solo. «On présentera le spectacle intégral de 90 minutes. Ce sera dans la deuxième salle du Carnegie Hall, le Judy and Arthur Zankel Hall, une salle de 600 places. Nous sommes tellement fiers de transporter la musique traditionnelle de chez nous dans un endroit aussi prestigieux. C’est un rêve qui se concrétise mais en fait, je n’ai même jamais rêvé que je pourrais y jouer un jour.»

Le projet Solo a généré un album en plus du spectacle et il constituait à l’origine une occasion pour les deux groupes de jouer davantage au Québec à la période des Fêtes, la grosse saison de la musique traditionnelle. Le concept a très bien fonctionné. «En fait, on avait prévu de se rasseoir au terme de la dernière période des Fêtes pour imaginer un nouveau projet avec De Temps Antan, raconte André Brunet. C’est donc la dernière fois qu’on va présenter ce spectacle avant longtemps; quelle finale! De plus, après l’avoir présenté de nombreuses fois, le spectacle est arrivé à son ultime degré de maturité. On l’a joué à plusieurs endroits à travers le monde et les réactions du public sont aussi enthousiastes en Suisse, en France ou en Belgique qu’elles le sont au Québec.»

«Notre mandat à New York, de poursuivre le violoniste, c’est de faire connaître la musique traditionnelle de chez nous alors on va y aller à fond la caisse. On est conscients qu’on porte nos couleurs nationales et on va leur présenter notre musique comme on aime la faire. On calcule qu’on n’a pas le choix d’être authentiques, le plus simplement possible. On n’a aucune idée des retombées que ça peut entraîner et ça importe peu: on veut seulement vivre le moment le plus intensément possible.»

Les deux groupes qui représenteront huit musiciens sur scène partiront jeudi matin pour New York animés d’une fébrilité inhabituelle. «C’est sûr qu’il y a un côté très émotif à ça à cause du prestige mais pour une autre raison qui m’est personnelle. Quand je faisais partie de La Bottine souriante en 2001, on devait jouer lors d’un événement consacré au Québec au Garden Trade Center situé directement en face du World Trade Center. Le spectacle était prévu pour le 13 septembre. Évidemment, il n’a jamais eu lieu mais le destin fait que 18 ans plus tard, la chance se présente de nouveau. C’est vraiment spécial.»

Le Vent du Nord sera de retour à la maison le dimanche 26 janvier mais dès le lendemain, les musiciens feront leurs bagages pour partir vers l’Europe pour une tournée de trois spectacles au Royaume-Uni, incluant celui du 1er février à Glasgow, avant une autre série de six au Danemark. Retour en Amérique pour trois spectacles aux États-Unis avant de retourner en Europe à partir du 21 mars pour une série de représentations en Allemagne et en France. Il reste que le concert symphonique, accompagné de 47 musiciens, constituera un moment fort. Ce spectacle est dans les bagages du groupe depuis une décennie et a été présenté une bonne dizaine de fois. «Ça va chercher un aspect de notre musique qu’on ne retrouve pas autrement, commente André Brunet. Les arrangements de Tom Myron font ressortir une finesse et des subtilités qu’on ne pourrait pas imaginer autrement tout en rappelant les sources celtiques de notre musique traditionnelle québécoise.»

«On a eu une année 2019 extraordinaire et franchement, l’année 2020 débute vraiment bien.»