Le Trifluvien Denis Gagné incarne Peter Gabriel au sein du groupe hommage à Genesis The Musical Box qui connaît une impressionnante carrière internationale.

Musical Box: une musique toujours fascinante

TROIS-RIVIÈRES — L’ex-guitariste du groupe Genesis Steve Hackett a dit de The Musical Box que c’est non seulement le meilleur groupe à avoir rendu hommage au célèbre groupe anglais mais tout simplement le meilleur groupe hommage au monde, tous groupes confondus. La chose devrait faire rougir le Trifluvien Denis Gagné, chanteur du groupe, mais il a entendu tant de bonnes critiques à travers les ans qu’il faut croire qu’il a fini par se faire à l’idée.

The Musical Box existe depuis quelque 25 ans. Le groupe n’a jamais dévié de sa trajectoire initiale et continue de reprendre à l’identique la musique du mythique groupe britannique de rock progressif Genesis. Les cinq musiciens québécois en ont fait leur gagne-pain et à chaque année se produisent davantage à travers l’Europe que de ce côté-ci de l’Atlantique.

S’il est une chose qui a changé dans leur parcours, c’est que le spectacle actuel du groupe, A Genesis Extravaganza n’est pas une reprise intégrale d’un des spectacles de Genesis mais trois tableaux couvrant les pièces musicales du groupe entre 1970 et 1977 allant des plus récentes aux plus vieilles.

Les fans du groupe comprennent déjà que The Musical Box ne s’intéresse qu’aux années où Peter Gabriel était du voyage. C’est d’ailleurs lui que Denis Gagné incarne sur scène depuis 25 ans sans jamais avoir perdu la passion maniaque qui l’anime à l’égard du groupe britannique.

«J’ai commencé à écouter Genesis en 1976, se remémore le natif de Thetford Mines. À 10 ans, j’ai été un fan instantané. J’écoutais la chanson Supper’s Ready trois fois par jour, littéralement, et jamais je n’ai cessé d’aimer cette musique, dit le cinquantenaire. C’est plus qu’intelligent, ce qu’ils ont fait. Il s’est passé quelque chose en moi dès les premières fois et ça ne s’est jamais éteint. Ce n’est même pas un attachement au souvenir de leurs spectacles puisque je n’ai vu le groupe en spectacle pour la première fois qu’en 1982. J’ai aimé ça mais leur côté plus pop m’a toujours moins attiré.»

«Évidemment, j’ai une voix qui ressemble à celle de Peter Gabriel; j’ai tellement chanté comme lui que je n’arrive plus toujours à faire la différence entre ma voix naturelle et celle qui imite Gabriel.»

Aujourd’hui, ce n’est même pas la nostalgie qui donne à leur musique son attrait unique. «C’est une époque qu’on ne reverra pas. Il y avait une véritable exploration dans la musique et les compagnies de disques le permettaient. Les gars de Genesis avaient une sorte de génie qui tenait à un travail collectif. De notre côté, nous nous contentons de reproduire la musique le plus fidèlement possible. Comment pourrions-nous réinterpréter, prétendre faire mieux qu’eux? Personne ne tente de réécrire La flûte enchantée de Mozart...»

«Avec le temps, on a gagné en sécurité dans notre jeu parce que c’est une musique difficile à interpréter. On a réussi à y mettre la hargne que les gars de Genesis avaient, un petit côté sauvage que nous n’avions pas dans les premières années. On a aussi découvert des choses à propos des instruments qu’ils utilisaient et qu’on a nous-mêmes intégrés.»

Chacun des membres de Genesis a vu au moins un spectacle de The Musical Box et ils ont tous encensé la prestation au point que le groupe québécois a obtenu leur sceau de validation officiel. Peter Gabriel a vu plus d’un spectacle et y a emmené ses enfants pour leur montrer ce qu’étaient ses années Genesis. Phil Collins a même joué avec eux lors d’un spectacle en Angleterre en 2004.

Le grand public, lui, ne semble pas se lasser de The Musical Box. «En Allemagne, ça marche particulièrement fort, estime Denis Gagné. En Angleterre, on a beaucoup de succès mais le public anglais est plus réservé. Les réactions les plus fortes, c’est au Portugal: je ne saurais dire pourquoi. Aux États-Unis, c’est particulier: nous avons beaucoup de demandes sur la côte est et dans le sud-ouest. Dans le Midwest, il n’y a pas d’intérêt pour nous. La ville où ça marche le mieux, c’est Philadelphie.»

«On pourrait penser que ce sont les baby-boomers qui viennent voir le spectacle ce qui est vrai mais pas seulement: on a beaucoup et même de plus en plus d’adolescents dans les foules. Ils découvrent cette musique qui n’a rien à voir avec la musique populaire formatée qu’on entend aujourd’hui.»

Au moment de rencontrer Denis Gagné à la mi-décembre, le groupe revenait d’une tournée de dix semaines et demie en Europe. Ils joueront à la Place des Arts les 9 février et 18 mai alors qu’ils seront à Québec, au Grand Théâtre, les 4 et 5 janvier. Ils feront une tournée nord-américaine cet hiver et au printemps avant une autre tournée européenne à l’automne.

Les salles qu’ils visitent atteignent à l’occasion la dimension de l’Amphithéâtre Cogeco. «On n’a jamais été approchés pour y faire un spectacle mais pour avoir vu des spectacles à cet endroit, je pense que ce serait vraiment super. En tout cas, ça nous intéresse.»

À bon entendeur, salut.