La nouvelle directrice du Musée des Abénakis, Anne-Julie Tremblay.
La nouvelle directrice du Musée des Abénakis, Anne-Julie Tremblay.

Musée des Abénakis: porter la vision d’une communauté

TROIS-RIVIÈRES – La nouvelle directrice du Musée des Abénakis Julie Anne Tremblay arrive à Odanak dans un contexte on ne peut plus particulier mais se montre optimiste devant les perspectives de développement qu’offre l’institution.

«Je ne suis officiellement arrivée en poste que le 11 mai alors, je suis encore en plein apprentissage mais ça représente une très belle opportunité pour moi. J’ai travaillé pendant plusieurs années comme consultante en muséologie notamment auprès d’Avataq, l’institut culturel des Inuits au Nunavik et j’ai aussi travaillé sur des expositions pour l’ONF ou la Biosphère. Comme j’ai un bon bagage en muséologie autochtone, ce poste vient mettre à contribution beaucoup de ce que j’ai accumulé comme bagage professionnel.»

La nouvelle directrice insiste sur le fait qu’elle ne vient pas à Odanak pour révolutionner les pratiques instaurées. «Développer une muséologie qui est parlante pour les populations autochtones m’intéresse particulièrement. Très souvent, la muséologie a été développée par les Blancs et pouvoir l’élaborer en collaboration avec les Premières Nations, ça m’apparaît très important. La réappropriation de la culture et de la langue, je trouve ça très intéressant. Le fait que le Musée des Abénakis s’adresse au grand public mais aussi à la communauté abénakise, m’interpelle beaucoup et c’est une pratique que je veux développer encore davantage dans le Musée. Je veux que la communauté se sente touchée par nos expositions.»

Cette approche est d’autant plus pertinente pour le Musée d’Odanak qu’il se situe au sein même d’une communauté abénakise et que les membres de celle-ci sont très impliqués dans le fonctionnement de l’institution. «Nous avons des employés qui viennent de la communauté, précise la nouvelle directrice générale, et c’est aussi le cas pour plusieurs membres du conseil d’administration. Parmi ceux-ci, on en trouve même dont les grands-parents ont présidé à la fondation du Musée alors, ils se sentent intimement concernés par lui. La responsable de notre collection est abénakise, elle connaît très bien cette collection et même plusieurs des artisans à qui on doit de précieux artéfacts. Moi, je ne viens rien révolutionner: je viens seulement partager ma vision avec eux.»

Au chapitre des projets, Julie Anne Tremblay compte procéder au renouvellement de l’exposition permanente. «On ne sait pas précisément encore à quel moment on va pouvoir le faire mais ça devrait être dans les mois à venir. Ça va être un beau travail de collaboration avec la communauté pour déterminer quels thèmes on va aborder et de quelle manière on va le faire.»

«On va renouveler aussi l’exposition d’archéologie qui est au rez-de-chaussée. On va remontrer des artefacts déjà vus mais on va aussi en présenter de nouveaux. On espère être en mesure de présenter cette exposition quelque part cet automne.»

Évidemment, la pandémie que nous vivons ne facilite pas les choses pour une institution muséale puisqu’on doit s’adapter aux nouvelles consignes sanitaires et à Odanak, ce sera en fonction d’une réouverture le 13 juillet. Par contre, dans un contexte plus global, Julie Anne Tremblay estime que le tourisme autochtone est l’objet d’un bel engouement depuis quelques années. «Le tourisme autochtone a vraiment le vent dans les voiles, ça ne fait aucun doute. Les gens manifestent un véritable intérêt et je pense que normalement, ça aurait été très évident cet été. Évidemment, avec la COVID, les perspectives ont changé de ce côté. Ce qui est bien de la nouvelle situation, c’est que ça devrait favoriser le tourisme local alors, on a hâte de voir comment ça va se manifester au cours des prochaines semaines.»