Le Spécial 25e de QW4RTZ aura été un moment fort de la dernière édition anniversaire du FestiVoix.

Mon FestiVoix

TROIS-RIVIÈRES — Il y a autant de FestiVoix que de festivaliers. Chaque participant a sa propre vision de l’événement et conserve de chaque édition, sa propre collection de souvenirs. Voici, en vrac, des choses que je retiens de ma propre expérience de cette 25e édition.

Veuillez noter que je n’ai pas tout vu, loin de là, que je n’y étais pas non plus tous les jours. Ça ne m’a pas empêché d’y vivre de fort beaux moments.
On commence par quoi? La météo, évidemment. C’est trivial mais que vous le vouliez ou non, c’est le tout premier élément du succès d’un festival d’été, plus encore que sa programmation. C’est bête, mais c’est ça. Je ne me souviens pas d’une édition aussi chaude, ni aussi sèche. Trop chaude? Pas pour moi. Il n’y a qu’en toute fin d’après-midi ou en début de la soirée, quand le soleil plombait encore, que ça pouvait incommoder. Quelques spectacles à la scène de la vieille prison ont payé la note mercredi et jeudi dernier avec un achalandage en grosse baisse. Plus tard en soirée, cette température était idéale avec, sur le bord du fleuve, une suave petite brise. Seul inconvénient:  l’invasion de mannes attirées par les lumières de la scène principale qui ont servi de collation aux artistes. Miam!
Paul Piché
Ça fait des années qu’on répète que la scène du couvent des Ursulines est particulière, offrant un cocon qu’on ne retrouve nulle part ailleurs. Le spectacle de Paul Piché en a offert une preuve touchante. Je ne suis pas un fan de l’auteur, compositeur et interprète mais il m’a touché par sa simplicité, son humilité et sa sincérité. Il a reçu les applaudissements nourris du vaste public à chaque fois comme une sorte d’offrande inattendue, la main sur le cœur, avec le sourire gêné d’un vieil adolescent timide. L’ovation, après l’interprétation simplissime de L’escalier, lui a arraché quelques larmes. Je l’ai trouvé vrai, beau et le public a eu droit à une rencontre humaine et intime que seule cette scène peut offrir avec sa très grande capacité qui n’altère en rien le côté bucolique du décor non plus que la proximité qu’il permet avec l’artiste.
Pépé et sa guitare
La variété demeure la marque de commerce du FestiVoix. Pour le meilleur et pour le pire, diront les puristes. C’est quand même ce qui fait que je peux retenir aussi bien Paul Piché que le joyeux Pépé qui s’est commis sur la nouvelle scène de la vieille prison, parfaite pour son style un brin décoiffant mais plein d’humour. Sa désinvolture, pour employer un terme poli, fait oublier la qualité de son humour et de ses chansons. Le garçon est brillant, inspiré et son spectacle est l’expression même du mot rafraîchissant. Du pur plaisir. Un festival d’été, c’est pour ce genre de prestations que ça existe.
Michel Pagliaro
L‘éternel Pag a beau avoir 69 ans, il est allumé comme un débutant. En version acoustique, à la vieille prison, on appréciait mieux la qualité de son bon vieux rock et de son blues. Lui qui en a vu bien d’autres, il donnait vraiment l’impression d’être comblé d’être là en compagnie du brillant Jeff Smallwood pour l’accompagner devant un site qui débordait de fans pour l’ouverture du FestiVoix. À toute fin pratique, ce succès initial a confirmé la pertinence de cette nouvelle scène acoustique qui a probablement constitué la meilleure innovation de cette édition 25e anniversaire.
QW4RTZ
Confier au quatuor a capella un mandat de célébrer le 25e anniversaire du FestiVoix a été une brillante idée des organisateurs. D’abord, parce que c’est un groupe trifluvien qui célèbre mieux que personne la voix, identité fondamentale de l’événement. En plus, des Trifluviens sur la grande scène pour la journée de l’anniversaire de la fondation de Trois-Rivières ça ne pouvait mieux convenir. Le risque que le public n’embarque pas dans cette aventure était bien là mais la réponse a été exceptionnelle. La foule était très nombreuse et ouverte à l’expérience d’un spectacle complet sans autre instrument que la voix. Il faut dire aussi que les gars de QW4RTZ sont sérieux, ce sont des bûcheurs qui ont trimé dur pour élaborer ce spectacle. Une autre belle réussite à mettre sur leur CV déjà bien rempli. Bravo.
Stéphane Wrembel
La programmation jazz du parc des Ursulines était parfois un peu lourde et pointue pour le grand public. Mais le jazz manouche de Stéphane Wrembel a tout racheté. Une prestation d’une virtuosité complètement folle pour une musique festive et extrêmement agréable qui trouvait dans le jardin un parfait écrin. Comme quoi la très grande qualité peut se marier avec l’accessibilité. Un superbe spectacle.
Le tunnel
Je sais, je sais, ça n’a pas grand-chose à voir avec la musique. Mais justement: la direction du FestiVoix fait de la qualité de l’expérience de ses festivaliers un point d’honneur et un élément essentiel de son identité. L’idée d’intégrer des arts visuels est excellente mais l’exploitation que Jérémie Deschamps Bussières a faite du tunnel sous le parc portuaire était exceptionnelle. Il a fait de l’assez longue marche pour atteindre la scène principale dans cette infrastructure de béton inamicale une très belle expérience. L’art peut être abordable, sympathique et... améliorer l’expérience client.

Paul Piché a proposé un spectacle tout en sincérité et en modestie à un public qui a été sensible à ces dispositions de l’auteur, compositeur et interprète.