Simon Parent, propriétaire du Sanatorium, est entouré des artistes qui étaient à l’oeuvre le week-end dernier.
Simon Parent, propriétaire du Sanatorium, est entouré des artistes qui étaient à l’oeuvre le week-end dernier.

Mettre en valeur le Sanatorium historique à Lac-Édouard par l’art [VIDÉO]

Audrey Tremblay
Audrey Tremblay
Le Nouvelliste
LAC-ÉDOUARD — Une dizaine d’artistes se sont donné rendez-vous le week-end dernier au Sanatorium de Lac-Édouard afin de mettre en valeur le site historique. Le soleil était radieux et la température idéale pour le travail de ces graffiteurs, muralistes, et ces spécialistes du street art qui ont répondu à l’appel du propriétaire sur les réseaux sociaux. Le projet de fresque sur toile pourrait bien être la première phase d’une longue aventure.

«L’ensemble de l’œuvre se marie bien avec nous, dans notre façon d’être, avec ce que l’on veut offrir à la clientèle et avec la vocation des lieux […] C’est de l’art visuel, tout le monde est capable de l’apprécier», affirme Simon Parent propriétaire du San – Station boréal.

L’appel lancé par Le San n’était ni plus ni moins qu’un échange de services. Les artistes étaient invités à créer une œuvre honorifique aux malades de la tuberculose qui ont séjourné au Sanatorium de Lac-Édouard au début du 20e siècle. Trois grands thèmes étaient proposés aux artistes, soit la forêt boréale, le patrimoine bâti et la résilience.

En échange, le propriétaire du Sanatorium proposait de loger les artistes sur le site, d’offrir à volonté des fruits et légumes cultivés sur place, de la peinture, du plaisir et des souvenirs magnifiques.

«J’ai eu l’occasion de voir aller des artistes de rues, et je me disais que ça allait parfaitement dans notre décor. On a un village avec des aspects un peu urbains. Les martinets viennent ici dans une grosse cheminée de briques qu’on pourrait voir au centre-ville de Montréal et une tour à eau qu’on pourrait voir à Brooklyn. On se sent comme dans une ville, mais au milieu des bois. On veut redonner un look à tout ça au fil des ans», note Simon Parent.

«Pour la plupart, c’est à l’opposé de leur environnement naturel. On est loin du dessous de pont à la noirceur avec du stress. Les gens viennent par plaisir, ils n’ont pas de limite et ils font l’œuvre qu’ils veulent sous le thème de la nature et l’histoire».

La fresque longe le terrain du Sanatorium.

Le but était simple, embellir le paysage avec un mix de couleurs, de styles et d’artistes. Jusqu’à maintenant, 17 artistes ont ajouté leur touche à cette fresque géante.

La publication Facebook a été partagée des centaines de fois. Simon Parent n’est pas surpris par la popularité de son offre, mais par le talent des gens qu’il a pu recruter.

«Je savais que ça allait attirer des gens, je suis surpris de ce qu’ils sont capables de faire en si peu de temps et de la qualité de leurs œuvres», souligne-t-il.

Les artistes rencontrés par Le Nouvelliste quant à eux n’en revenaient juste pas, certains ont même hésité à répondre à l’offre qui «était trop belle pour être vraie».

«Quand j’ai vu l’appel d’offres, je n’y croyais pas. J’ai répondu, mais je ne pensais jamais que ça allait aboutir, parce que c’était trop beau pour être vrai. Mais au final, on est là. On s’est inspiré des animaux et de la végétation qu’il y a dans le coin pour faire quelque chose qui va bien avec les lieux. C’est vraiment beau ici, perdu au milieu de nulle part. […] J’ai même pu filmer un ours ce matin. Je suis tombé nez à nez avec lui», a lancé Louis Vallantin-Dulac, un artiste montréalais.

«On a trop de chance, c’est vraiment le week-end le plus magnifique de l’été», ajoute l’une de ses collègues.

Le premier train à rejoindre Lake Edward en 1888 a inspiré cette oeuvre.

La plupart en étaient à leur première visite à Lac-Édouard. Ils sont arrivés par la route ou par le train, mais dans les deux cas, ils ont été séduits par les paysages. Ils se sont inspirés dans certains cas en arrivant sur place.

Ils ont pris le pouls des lieux. D’ailleurs, on reconnaît plusieurs bâtiments et icônes du Sanatorium sur les toiles. Une artiste a également reproduit une photo de la grand-mère de Simon Parent qui cueillait des marguerites dans son œuvre.

«Pour ma part, c’est la première fois que je peins aussi gros, c’est vraiment le fun. L’expérience est vraiment magique, on a de la misère à comprendre ce qui se passe tellement c’est beau et paisible», souligne Hélène Martel, une artiste originaire de l’Abitibi.

Le plus jeune, un artiste de 14 ans, a également apporté sa touche à cette gigantesque fresque. C’est un ami qui l’a amené jusqu’à Lac-Édouard.

«C’est cool, on est en nature. Je rencontre des gens aussi. Je fais ça depuis sept mois et je me suis dit pourquoi pas ! Ici, je suis libre de faire ce que je veux alors qu’à côté de chez moi, je me limite parce que ça coûte quand même cher», note Léo Sands.

Le travail va se poursuivre dans les prochains jours. Certains artistes vont demeurer sur place afin de poursuivre la création. Certains murs de briques seront peints de façon permanente et le camion de l’entreprise changera de look. Trois artistes différents rendront le véhicule unique.

La fresque est située au Sanatorium historique de Lac-Édouard.

Le projet dans son ensemble sert également de laboratoire pour Simon Parent, il voulait confirmer les coûts de peinture, apprivoiser le travail de ces professionnels des arts visuels et développer un réseau avec les artistes.

Le propriétaire du Sanatorium assure que le succès est tel qu’il est particulièrement ouvert à refaire l’événement.