Le troisième spectacle de sa carrière, intitulé Hypersensoriel, repose sur la même expertise qui a rendu Messmer célèbre, seulement, celui-ci pousse le bouchon un peu plus loin.

Messmer: hypnotiser par les sens

TROIS-RIVIÈRES — Un million et demi de spectateurs en Europe comme ici ont vu l’un ou l’autre des trois spectacles de scène de Messmer et l’engouement se maintient, et ce, malgré ou grâce aux émissions de télévision qu’il continue d’animer sur les deux continents.

La chose est remarquable compte tenu du fait que le fascinateur ne compte toujours que sur l’hypnose pour captiver ses auditoires. Une technique vieille comme le monde que lui et son équipe ont eu le grand mérite de renouveler. «Je travaille toujours avec Marc Gélinas comme idéateur et mon agent Éric Young s’implique très étroitement dans le développement de mes spectacles. Je sais que ce sont deux gars de votre région: je me demande ce qu’il y a dans l’eau par chez vous pour produire des talents semblables!»

Le troisième spectacle de sa carrière, intitulé Hypersensoriel, repose sur la même expertise qui a rendu Messmer célèbre seulement, celui-ci pousse le bouchon un peu plus loin. «Disons que la technologie s’introduit dans mon spectacle. Je vais hypnotiser des gens par l’intermédiaire de la réalité virtuelle ce qui est, à ma connaissance, une première sur une scène. Je n’ai pas à leur parler directement: ils ont leur casque d’écoute et les lunettes et ils sont hypnotisés à travers ce qui est transmis par réalité virtuelle. Les gens dans la salle sont en mesure de voir sur écran géant ce qui est présenté aux candidats dans les casques. C’est vraiment particulier et ça marche très bien.»

Si vous pensez qu’il s’arrête là, c’est que vous connaissez mal le fascinateur et son équipe, toujours à l’affût d’innovation. C’est d’ailleurs dans cette portion qu’on comprend le titre du nouveau spectacle. Messmer affirme arriver à hypnotiser les gens dans la salle par leurs sens: un son, une odeur, un goût. «Je fais envoyer une odeur dans la salle et en la sentant, les gens tombent sous hypnose. Bien sûr, je leur parle, mais c’est par l’odeur que j’arrive à les plonger dans un état hypnotique. C’est assez particulier, je dirais. Je suis certainement un des seuls au monde à pouvoir le faire.»

«Je suis conscient que pour maintenir l’intérêt du public d’un spectacle à l’autre, je dois pousser plus loin. Comme je pratique l’hypnose tous les jours, je continue de développer la technique. Je suis allé voir des spectacles d’hypnotiseurs à Las Vegas, des gars comme Anthony Cool et Marc Savard, un Canadien anglophone et j’ai pu constater que je n’ai rien à leur envier. Je demeure dans l’avant-garde du domaine.»

Plutôt que Las Vegas, Messmer a préféré s’attaquer au marché de la francophonie avec beaucoup de succès. Sa carrière se déroule autant sur le Vieux Continent qu’au Québec. «Je vais continuer de présenter mon spectacle au Québec jusqu’à la fin novembre et par la suite, je vais le faire en Europe jusqu’en mars avant de revenir passer deux mois ici et de retourner en Europe par la suite. Ça va être comme ça pour les prochaines années puisque pour l’instant, on a des spectacles programmés pour au moins les trois prochaines années. Si je me fie à la durée de vie de mes spectacles précédents, je devrais être bon pour faire rouler Hypersensoriel pendant au moins cinq ou six ans.»

Le spectacle a été conçu pour être présenté aussi bien ici que dans la francophonie européenne, sans adaptation. «Les gens réagissent essentiellement de la même façon là-bas qu’ici. J’arrive de Nouvelle-Calédonie et de Tahiti où j’ai présenté le spectacle et la réaction a été la même là-bas également.»

«Par contre, il faut bien être conscient que chaque spectacle est différent des autres. Ça dépend des endroits, des soirs. C’est comme pour un humoriste qui va sentir son public rapidement pour savoir à qui il a affaire à chaque représentation. Moi, j’ai une ligne directrice mais j’improvise à chaque soir en fonction de la réaction des gens.»

Devant la constance de la demande, Messmer a compris qu’il ne pourrait pas maintenir le rythme épuisant de 200 spectacles par année qu’il avait il y a quelques années, sans compter les émissions de télévision qu’il présente au Québec comme en France. «Je me limite à environ 140 spectacles désormais, ce qui me donne le temps de souffler un peu plus mais la demande est toujours là. Je m’assure de revenir travailler au Québec régulièrement pour retrouver les miens, mes amis, mon pays.»

Le spectacle trifluvien du 16 novembre est déjà une supplémentaire suite aux deux spectacles offerts en août dernier. Reviendra-t-il plus tard? «Je ne sais pas. C’est sûr que j’ai un excellent lien avec le public trifluvien qui a toujours été très friand de mes spectacles et Culture Trois-Rivières a toujours été un excellent partenaire. Mais avec la demande un peu partout, ce sera peut-être la dernière représentation de ce spectacle-ci chez vous. C’est le temps d’en profiter.»