Fondateur et toujours maître d’œuvre de Cavalia, Normand Latourelle n’a pas oublié les débuts du spectacle équestre à Shawinigan en 2003.

Merci à Shawinigan

TROIS-RIVIÈRES — Le spectacle Cavalia célèbre cette année ses 15 ans d’existence. Avec ses milliers de représentations offertes un peu partout à travers le monde, les millions de spectateurs, le spectacle implanté en Chine et le succès de son grand frère Odysseo, qui se souvient que cette aventure a débuté en 2003 à Shawinigan?

Normand Latourelle, le fondateur, lui, s’en souvient très bien. Et c’est la raison pour laquelle il a décidé d’inviter près de 300 Shawiniganais qui ont été impliqués, de près ou de loin, dans les premiers pas de Cavalia à assister gratuitement à une représentation d’Odysséo le 3 septembre prochain en après-midi. Pour le reste de la population de Shawinigan, les billets seront offerts à moitié prix. Conscient que la Mauricie avait contribué au succès de 2003, il étend le cadeau à l’ensemble de la région en offrant un rabais de 25 % sur le prix d’entrée aux gens de l’ensemble de la région.

Le maire de Shawinigan Michel Angers est sur la liste des invités mais des circonstances familiales l’empêcheront d’assister à la représentation. Il n’en apprécie pas moins le geste. «C’est très dommage que je ne puisse y aller mais je trouve que c’est une très belle marque de reconnaissance de la part de M. Latourelle. Je me souviens que j’étais à la première du spectacle à Shawinigan et j’avais été très impressionné. Je me souviens aussi de l’engouement qu’il avait suscité dans la population. C’est un très beau coup que d’inviter des gens de chez nous pour cet anniversaire.»

Spectacle mêlant acrobatie et travail équestre, Odysseo de Cavalia offrira une représentation lundi après-midi à laquelle on a invité 300 personnes de Shawinigan.

Pour le maître d’œuvre de Cavalia, c’est une façon de rappeler qu’il n’oublie pas l’accueil qu’on lui avait fait à l’époque mais aussi une façon de remplir à demi une promesse. Il raconte: «C’est Jean Chrétien à qui j’avais parlé de ce qui n’était encore qu’un projet de spectacle équestre qui m’avait incité à venir m’installer à Shawinigan. On avait été super bien accueilli par les autorités municipales et on avait connu un très gros succès. J’avais promis à Jean Chrétien que je reviendrais un jour présenter le spectacle à Shawinigan mais l’ampleur de la production fait que c’est désormais impossible. En invitant les gens de la région à fêter notre 15e anniversaire, j’essaie de façon détournée de remplir ma promesse.»

Normand Latourelle se dit redevable aux gens de la région non seulement pour leur intérêt envers son spectacle qui constituait à l’époque quelque chose de très inusité dans le paysage culturel, mais aussi pour l’ouverture des autorités. «La Ville de Shawinigan a été très généreuse: on nous avait donné accès gratuit à l’aréna Jacques-Plante pour s’y installer et entraîner les chevaux. Par ailleurs, on n’avait pas accès à des subventions gouvernementales mais on a eu droit à certains programmes et un prêt qu’on a remboursé rapidement; ça nous a donné un bon coup de main.»

Aurait-il pu connaître un tel succès en débutant à Montréal? Il croit que oui, puisque le succès de Cavalia n’a fait aucun doute par la suite mais il est aussi conscient que les débuts à Shawinigan l’ont favorisé. «On n’aurait pas pu avoir une visibilité équivalente à Montréal. Quand on a installé notre chapiteau, la plus grosse tente du monde, dans une ville de la grosseur de Shawinigan, c’est sûr que ça a attiré l’attention. Le bouche-à-oreille a fait son œuvre jusqu’à l’extérieur de la région et c’est comme ça qu’on a pu avoir un si beau succès en présentant le spectacle à guichet fermé.»

Est-ce la preuve qu’on peut très bien monter un projet en région et rêver sans frontières? «J’ai foi dans les régions. Avant Cavalia, j’ai monté Les légendes fantastiques à Drummondville pendant neuf ans avec beaucoup de succès. Il peut cependant arriver un moment dans l’évolution d’une production où on ne peut plus espérer générer des profits dans de plus petits marchés. La production Odysséo est tellement gigantesque qu’on doit vendre pratiquement 75 000 billets à 140 $ en moyenne pour le rentabiliser. On ne peut pas espérer pareils résultats à Shawinigan, malheureusement. À Montréal, on ne vise pas que la région métropolitaine mais aussi des Américains.»

Michel Angers, pour sa part, soutient que le succès actuel du spectacle démontre qu’on peut très bien partir des régions pour aspirer aux plus hauts sommets. «C’est sûr qu’à la Ville de Shawinigan, nous demeurons à l’affût de tout projet qui pourrait venir s’installer chez nous dans tous les secteurs incluant le secteur culturel. Nous demeurons très ouverts à toutes les opportunités. Voyez ce qu’on a fait avec les deux galas de boxe présentés dernièrement chez nous: on a saisi l’opportunité et ça a fait de gros succès.»