L’historien René Hardy a dirigé le dernier numéro portant sur Mékinac de la revue d’histoire Empreintes.

Mékinac sous la loupe d’Empreintes

TROIS-RIVIÈRES — Chaque année à cette même période, des centaines de milliers de personnes se rendent à Saint-Tite pour son mythique Festival western. On pourrait penser que ce grand rendez-vous annuel est une reconstitution historique de la vie des premiers pionniers qui se sont établis dans Mékinac, mais il n’en est rien. Les chapeaux et les bottes de cow-boy ont plutôt fait leur apparition à Saint-Tite avec le festival, fondé il y a 52 ans. Empreintes, la revue d’histoire de la Mauricie et du Centre-du-Québec, consacre son tout dernier numéro à Mékinac et à son développement grandement influencé par l’utilisation et l’exploitation de la forêt.

Ce nouveau numéro d’Empreintes propose des articles sur la visite de touristes américains à Saint-Tite en 1894 et leur vision de cette jeune collectivité, sur la relation entre Saint-Tite et les autochtones au XIXe siècle, sur les colons de la rivière Brochet ou encore sur le camp de vacances Lac en Cœur. «Il était temps d’aller du côté de Saint-Tite et Mékinac», confie l’historien René Hardy, directeur de ce numéro de la revue Empreintes, professeur à la retraite de l’Université du Québec à Trois-Rivières et lui-même originaire de Saint-Tite.

«Saint-Tite me tient à cœur. Je connais bien la région et j’ai écrit Forêt et société en Mauricie. Et dans ce livre, Saint-Tite est un des points centraux de l’organisation de la coupe forestière», ajoute M. Hardy en expliquant le lien étroit entre l’histoire de Saint-Tite et la forêt.

En prenant la direction de ce numéro sur Mékinac, René Hardy a pu mettre à profit un ancien document qu’il a en sa possession sur une expédition de pêche à Saint-Tite en 1894 par des New-Yorkais. Deux des pêcheurs de cette expédition ayant même écrit le récit de leur voyage dans une revue new-yorkaise. «Comment est-ce qu’on arrive de New York pour venir pêcher?», s’est demandé l’historien.

«Je me suis alors interrogé sur la naissance des clubs et comment Saint-Tite avait été parmi les premiers endroits où on allait créer des clubs de chasse et de pêche après l’arrivée du chemin de fer en 1886.»

Alors qu’une partie de la forêt de Mékinac était «réservée» aux touristes fortunés à la recherche de gibier et de poissons dès la fin du XIXe siècle, les compagnies forestières exploitaient déjà le territoire. L’arrivée du chemin de fer a toutefois ouvert de nouveaux territoires à la colonisation. C’est alors qu’est née en pleine forêt la petite communauté de Lac-aux-Brochets. Situé à près de 50 km au nord des villages voisins de Saint-Tite et Sainte-Thècle, ce secteur a accueilli ses premiers colons à partir de 1905. Voulant peupler les régions plus au nord, le gouvernement vendait pour environ 1$ l’acre des terres «au potentiel agricole très variable», comme on peut le lire dans le plus récent numéro de la revue Empreintes.

«La colonisation de Lac-aux-Brochets, je trouvais ça original. À partir du moment où le chemin de fer a monté vers l’Ouest canadien et vers Parent, les gens de Saint-Tite qui étaient des habitués de la forêt et du sciage se sont portés entrepreneurs pour construire des dormants de chemin de fer pour la construction ferroviaire. Ç’a été pour certains l’occasion d’acquérir des lots le long de Lac-aux-Brochets ou Lac-Chat, toute cette région entre La Tuque et Hervey-Jonction», précise René Hardy. «Les terres agricoles ont finalement été abandonnées.»

En plus d’aborder des thématiques propres à Mékinac, la revue Empreintes propose dans ce nouveau numéro des textes sur l’évolution du village de Sainte-Flore ainsi que sur le rocher de Grand-Mère et son Coins-des-Anglais.

Empreintes est vendue dans plusieurs librairies de la région, dont les librairies Poirier, L’Exèdre ou encore Pauline à Trois-Rivières, ainsi que chez certaines sociétés d’histoire. La liste des différents points de vente se retrouve sur le site Internet de la publication au empreintes.cieq.ca.