Maxime Desbiens-Tremblay

Maxime Desbiens-Tremblay: relève avec expérience

TROIS-RIVIÈRES — «Je n’ai jamais attendu d’avoir un buzz pour continuer de créer des chansons. Je n’ai jamais surfé là-dessus. Je m’en fous d’être à la mode ou la saveur du mois.»

C’est peut-être à cause du cap de la trentaine qu’il a franchi ou à cause de l’expérience qu’il emmagasine depuis plus de 20 ans sur les plateaux de télévision, mais Maxime Desbiens-Tremblay dégage une grande sérénité. Ça ne l’empêche toutefois pas d’être fébrile à la veille de la sortie de son troisième album solo. Il a hâte de voir la réaction des gens, mais le désir de se faire aimer à tout prix le ronge de moins en moins. Cet opus, il l’a fait avec ses tripes, sans se mettre une tonne de pression. Au fond, la musique est une passion qu’il choisit d’exprimer et il tente de lâcher prise sur le reste.

Certains seront surpris de reconnaître le gars qui incarnait Manolo dans Ramdam ou le jeune plein d’énergie qui coanimait Les Couche-tôt. La musique fait depuis longtemps partie de sa vie, elle lui a d’ailleurs permis de traverser des périodes plus sombres qu’il évoque dans la chanson Si j’étais moi. «Ça c’est ce que ça dévoile d’être un enfant vedette. Tu peux avoir tes downs. Il y a des moments où tu te demandes pourquoi tu leur plaisais avant et que là... qu’est-ce qui fait que je ne suis plus sous les projecteurs? C’est pour ça que la musique, ça m’a sauvé. J’en ai toujours fait», mentionne celui qui a offert les chansons Aime/Pardonne et Summer Love.

«L’écriture, ça ne coûte rien. Tu peux te ramasser un sac de tounes et voir plus tard ce que tu en feras.»

Quand il chante, il se fait appeler Tremblay, tout simplement. Son nom complet était trop long à son avis. De plus, ça lui permettait une certaine différenciation entre ses deux univers. «C’est comme une autre palette. Je compose, je m’occupe du visuel, je fais les concepts de clips, j’écris les paroles avec des amis. C’est mon projet, presque à 100 %. Tandis qu’à la télé, j’interprète un personnage. C’est un état d’être qui est différent. Quand je chante une de mes tounes, c’est beaucoup plus personnel», affirme-t-il.

Bien que chaque projet d’album soit excitant et unique, il avoue néanmoins que pour Bleu septembre, le bagage personnel dans lequel il est allé puiser lui confère un cachet distinctif. On pourrait le penser plus angoissé qu’à l’habitude étant donné qu’il se livre plus que jamais mais, pourtant, c’est tout le contraire.

«On ne peut pas plaire à tout le monde. Ça m’a pris du temps à faire la paix avec ça. Quand t’es jeune et que tu évolues dans un milieu d’adultes, tu vois tout le monde qui aime ton travail, mais avec le temps j’ai appris qu’on ne pouvait pas plaire à tout le monde», raconte le Trifluvien d’origine.

«C’est comme si j’avais du recul pour cet album plus que pour les autres. J’ai eu beaucoup de changements positifs dans les dernières années. Avec le recul, je suis capable de parler de la fragilité, de la maladresse de l’être humain, de ma manière de voir les choses. Je suis quelqu’un qui est vraiment imparfait. C’est comme si j’avais une sagesse par rapport à ça. Comme si j’acceptais le fait d’être humain et imparfait, avec de l’expérience. Il y a de la maturité mais, d’un autre côté, je n’ai pas peur de montrer une certaine faiblesse et une certaine fragilité.»

On sent le propos, dans ses chansons, sincère, assumé et franc. Notamment sur cette chanson, Si j’étais moi, qui raconte son histoire, celle d’un enfant qui a grandi sous les projecteurs. Il a choisi d’y aller à fond, sans demi-mesure. «La première version allait moins creuser dans mon histoire de manière crue. Je suis allé jusqu’à reprendre certains couplets parce que je voulais me dévoiler pour vrai», pointe-t-il.

Cette sincérité résonne aussi dans En t’attendant, qui évoque son fort désir de paternité, qu’il espère concrétiser un jour. Il s’aventure aussi sur les chemins de l’amour avec Seule sur ton île et Quand faut se dire adieu, une chanson plutôt sombre aux sonorités contrastantes. «Il y a toujours un côté lumineux parce que j’aime la musique qui a un petit côté accrocheur.»

«Je vais toujours faire de la musique dans ma vie, peu importe le succès. Je ne sais pas trop si c’est positif ou négatif. Si c’est pour écrire pour des pièces de théâtre pour la publicité, des films, des séries, eh bien ce sera ça! Pour celui-là, j’ai écrit 35 chansons pour en choisir 10. Trois ans et demi se sont écoulés entre mon deuxième et mon troisième. C’est la première fois que je prends autant de temps.»

«Il y a un détachement. C’est le plus près de moi, mais j’ai envie de dire: ‘Faites ce que vous en voulez’. Il y a quelque chose qui s’est passé. Je suis habituellement plus nerveux à cette étape», lance-t-il, bien qu’il ne sache pas nommer précisément ce que c’est. La sagesse peut-être. «Je le respecte cet album-là, beaucoup.»

Même si la sortie de cet opus accaparera une bonne partie de son agenda, il demeure toujours ouvert aux opportunités qui s’offrent à lui. Dans un monde idéal, il jouerait sur les plateaux le jour et ferait de la musique le soir. Il n’en demeure pas moins que les deux milieux sont très dissemblables et que la notoriété acquise dans les deux dernières décennies n’est pas un gage de réussite dans l’univers musical. «L’industrie de la musique est très différente de celle de la télé. Même au troisième album studio (quatrième en fait parce que j’avais un band avant), je me considère encore comme de la relève. C’est une bonne chose, même avec l’expérience que j’ai. C’est comme si j’avais toujours quelque chose à prouver. Je suis encore jeune, mais, je vais avoir 33 ans, je ne suis pas un p’tit cul qui débarque de nulle part. Mon expérience fait que je sais ce que je veux. J’ai encore le côté fébrile de me faire découvrir, de me faire entendre.»

Revenir à Trois-Rivières
Bien qu’il ait quitté la région à l’âge de 12 ans, il en garde un excellent souvenir. Il avoue aussi que plusieurs de ses fans se trouvent ici. C’est d’ailleurs avec fierté qu’il a confirmé qu’il serait de passage au Gambrinus le 29 janvier 2019. Selon lui, l’intimité de l’endroit est parfaite pour son style planant et introspectif. «À Trois-Rivières et Québec, je sens que j’ai un fan base le fun. Les shows sont toujours pleins», se réjouit Maxime Desbiens-Tremblay.