Matt Lang n’a pas déçu; il a été un interprète à la hauteur de ses ambitieux moyens.

Matt Lang: il faisait chaud au Country Club

SAINT-TITE — La 52e édition du Festival western de Saint-Tite s’est mise en branle au rythme irrésistible du New Country et de sa plus récente sensation québécoise: Matt Lang, qui présentait son spectacle au Country Club Desjardins.

Disons que comme départ, on n’y est pas allé de main morte. Le New Country est la tendance forte du genre depuis quelques années aux États-Unis comme ici et c’est une orientation que le Festival western a décidé d’emprunter depuis 2016.

Histoire de préparer le public à l’arrivée de Matt Lang, vedette montante du genre comme le démontre sa victoire au défi Top of the Country dans le cadre des Canadian Country Music Awards, on a délégué Laurence Saint-Martin. La jeune femme incarne elle aussi plutôt bien la tendance New Country avec son style qui déborde sur la musique pop ou sur le folk tout en conservant du country une fraîcheur et une simplicité assez réjouissantes. Qui plus est, l’auteure et compositrice est jeune, jolie, dynamique et défend avec ferveur ses refrains accrocheurs que bon nombre de spectateurs connaissaient par cœur.

N’empêche, c’est pour Matt Lang que trépignaient les 1600 spectateurs, la très grande majorité debout dans une configuration exceptionnelle du Country Club Desjardins qui sera reprise pour le spectacle de Brett Kissel, vendredi prochain. Comme pour celui de Matt Lang, tous les billets sont vendus et depuis plusieurs semaines.

Les bonnes ventes ne sont qu’une bonne nouvelle parmi d’autres pour le Festival western. Le virage New Country permet à l’événement de diversifier son offre musicale et d’élargir son public cible en rejoignant de plus jeunes fans, comme en témoignait la très bruyante salle de vendredi soir.

Dès l’entrée en scène de Matt Lang, digne d’une superstar, on a compris qu’on aurait affaire à un spectacle avec des moyens considérables. Le son était assourdissant et les éclairages dignes des plus gros spectacles jadis offerts en extérieur aux grandes estrades.

Accompagné de cinq musiciens, dont deux batteurs, Matt Lang n’a pas déçu; il a été un interprète à la hauteur de ses ambitieux moyens. On ne voit que très rarement le Country Club Desjardins vibrer comme il l’a fait vendredi soir. Sous les coups des décibels, certes, mais surtout sous l’énergie des musiciens qui l’ont transmise très efficacement à la foule.


Laurence Saint-Martin assurait la première partie du spectacle.

Évidemment, les geysers de fumée ou d’étincelles qui ont fusé à quelques reprises sur la scène de même que les effets stroboscopiques des projecteurs n’ont pas nui mais c’est d’abord la musique qui a fait son travail.

Dans un judicieux mélange de chansons originales tirées de son seul album mais également un bon assortiment de reprises, Matt Lang a fait la preuve que l’enthousiasme qu’il suscite depuis quelques mois n’est pas fabriqué. Le jeune homme est une redoutable bête de scène qui sait donner à sa musique, au demeurant excellente, une texture supplémentaire en l’offrant en direct.

S’adressant à son public en français, bien qu’il ne chante qu’en anglais, le natif de Maniwaki n’a pas cessé de stimuler l’enthousiasme des festivaliers en réclamant qu’ils fassent du bruit, chantent avec lui ou dansent, même, sur un medley très entraînant aux trois quarts du spectacle.

Je regrette presque d’avoir dû répondre à l’injonction de l’heure de tombée pour rédiger ce texte tellement on s’amusait au Country Club. La seule chose qu’on puisse regretter, c’est qu’il soit pratiquement impossible d’obtenir un son puissant de belle qualité au Sportium qui n’a évidemment pas été conçu comme salle de concert.  

Non seulement ce spectacle remarquablement divertissant a-t-il été un gros succès mais il confirme à lui seul la justesse du désir de la direction du Festival de miser sur le New Country. On a déjà hâte au spectacle de Brett Kissel vendredi prochain.

D’ici là, la portion culturelle du Festival va se poursuivre dès samedi au Country Club Desjardins avec la présentation du spectacle Pionnières mettant en vedette Brigitte Boisjoli, Cindy Bédard, Annie Blanchard, Luce Dufault, Laurence Jalbert, Martine Saint-Clair et Martin Fontaine alors que dimanche, à 16 h, ce sera au tour de Martin Fontaine de présenter ses invités dans un spectacle miroir du précédent: Pionniers avec Paul Daraîche, Marc Hervieux, David Thibault, Tommy Charles et Brigitte Boisjoli.

Dans un autre ordre d’idée, la direction du Festival avait une bonne nouvelle à annoncer puisque l’événement sera honoré par la prestigieuse Société canadienne des auteurs, compositeurs lors de son gala annuel le 22 septembre. On rendra alors hommage aux efforts du FWST pour son rôle majeur dans la promotion des arts.