Le dernier album de Marie-Mai, Elle et moi, a été lancé le 9 novembre.

Marie-Mai sans compromis

En enregistrant Elle et moi sans Québecor, Marie-Mai a refusé tout compromis dans sa démarche artistique. « Si j’allais avoir un discours plein de conviction et d’empowerment, je n’avais pas le choix de le faire jusqu’au bout. »

Après cinq albums signés Musicor, l’auteure-compositrice-interprète voulait aller ailleurs pour voir « où je pourrais continuer à grandir en tant qu’artiste ». Mais dès qu’elle s’est mise à envisager travailler avec d’autres maisons de disques, on lui a fait comprendre que si elle tournait le dos à Québecor, toute l’entreprise, ses médias compris, en ferait autant. « Pour moi, ça, c’est par-dessus mes principes », a-t-elle résumé simplement, rencontrée lors de son arrêt à Ottawa pour la promotion de son sixième album.

C’est finalement avec le label Spectra et le promoteur Evenko que Marie-Mai a fait paraître son sixième album, Elle et moi, le 9 novembre dernier. « Je ne voulais pas prendre une décision basée sur la peur et l’insécurité. C’était vraiment une décision que je prenais pour moi. Les gens avec qui j’ai choisi d’aller, ce sont les gens en qui j’avais confiance, qui avaient la même vision que moi. Il n’y a pas de peur, d’insécurité, de manipulation. C’est basé sur la musique. »

« En 2018, c’est le public qui décide ce qu’il a envie d’entendre et de voir. »

La décision n’en a pas été une facile. Mais la sortie d’Elle et moi a apaisé ses insécurités. Depuis, Julie Snyder, avec qui elle a aussi rompu en quittant les Productions J, lui a écrit des commentaires qui témoignent de leur « respect mutuel ». « Cette semaine, j’ai vu comment les gens sont réceptifs. Les critiques sont écœurantes. Ça fait juste confirmer, entrevue après entrevue, que j’étais à la bonne place et que j’ai fait les bons choix. »

Une série documentaire sur l’auteure-compositrice-interprète Marie-Mai est en préparation.

Elle et moi fait la paix avec les années troubles qui ont suivi son dernier album. La Marie-Mai de M (2014) vivait et travaillait depuis 11 ans avec son mari Fred St-Gelais ; celle d’Elle et moi habite les Laurentides avec son conjoint David Laflèche et leur fille Gisèle, et collabore avec le Britannique Oliver Som. Loin du pop-rock signature de ses premiers albums, Elle et moi est toute faite d’une pop dansante sur laquelle Marie-Mai se livre sans se cacher.

« C’est mon histoire, c’est mon vécu, je n’ai pas honte de le dire. Je ne changerais absolument rien à cet album-là. Et je ne pense pas en faire deux comme ça, parce que ce n’est pas n’importe quelle phase de ta vie qui demande une psychanalyse comme ça ! »

La chanteuse a rencontré son nouveau collègue lors d’une session d’écriture en Californie. Ces séances font travailler ensemble un auteur-compositeur et un réalisateur qui ne se connaissent pas, et en trois heures, les deux doivent accoucher d’une chanson qui sera peut-être reprise par un autre artiste.

Oliver Som y était son deuxième partenaire de création. La chimie fut instantanée. Il fallait travailler ensemble de nouveau. Deux fois, le Britannique a passé une semaine au chalet de la musicienne. Tout y a été enregistré en deux semaines – les plus attentifs pourront entendre le feu crépiter derrière la voix. « Je pense que c’est pour ça qu’il y a un fil conducteur entre les chansons. Ça a été écrit dans la même période, donc ça fait un album qui se tient dans le propos. Parler de ce que j’ai vécu dans les dernières années, c’était une façon de mettre les couleurs que j’avais envie de mettre sur ma page blanche. »

The Launch, Son « launch »

En janvier, sur CTV à VRAK, les téléspectateurs pourront voir Marie-Mai comme mentor à l’émission The Launch aux côtés de Scott Borchetta, Nile Rodgers, Bryan Adams et Sarah McLachlan. Les rencontres sur le plateau pourraient aussi être son propre « launch », son lancement, dans le showbiz anglophone. Déjà, elle prévoit une session d’écriture d’une semaine ce décembre avec la réalisatrice australienne Alex Hope dans son chalet laurentien. Le producteur Jon Levine, un collaborateur de Dua Lipa, Drake et Serena Ryder, l’a invitée à Los Angeles pour écrire. Quant à Scott Borchetta, « on est encore en train de voir comment ça va se passer », mais l’aventure continuera certainement avec celui qui l’a invitée à l’émission.

« Ça m’a redonné envie de rêver à une carrière internationale », confie la star québécoise. Ce n’est pas qu’elle n’a pas essayé de dépasser les frontières de la Belle Province ; le timing n’a simplement jamais été opportun. En France, elle n’était pas prête à faire les compromis qu’on lui demandait de faire – on a offert des tonnes de rôles dans des comédies musicales à celle qui voulait être connue pour ses compositions. Aux États-Unis, « c’est un autre monde, complètement ». « Si ça n’arrive jamais, ce n’est pas grave. Je serai allée au bout de cette idée-là et je vais avoir la confirmation que ce n’est pas pour moi, finalement. Mais je ne suis jamais la fille qui ferme la porte à une opportunité. C’est sûr que si on m’ouvre une petite craque, je vais la défoncer ! »

Par ailleurs, Marie-Mai reviendra bientôt au petit écran francophone. En février, six épisodes d’une série documentaire la dévoileront dans sa vie privée, dans la préparation de son spectacle et de son album, et bien sûr, dans l’élan que prend sa carrière au Canada anglais. La série, en plus d’un documentaire d’une heure, sera disponible sur ICI TOU.TV et ICI TÉLÉ.