Mariana Mazza s’installe au Vieux Clocher de Magog pour deux semaines. L’humoriste y franchira la barre des 300 représentations.

Mariana Mazza refuse de se taire

La carrière de l’humoriste Mariana Mazza fonctionne à merveille. Ayant connu une ascension fulgurante ces dernières années, elle a déjà vendu 250 000 billets pour son premier one-woman-show et le public en redemande. Les Québécois n’ont, de toute évidence, pas l’intention de l’inviter à se taire comme le suggère le titre de son spectacle, Femme ta gueule.

Mariana Mazza aime parler et ne s’en prive pas. Véritable bombe d’énergie, femme fonceuse et parfois dérangeante, elle paraît avoir été taillée sur mesure pour l’industrie du show-business. Facile de comprendre pourquoi elle a autant attiré l’attention depuis ses débuts dans le monde de l’humour au Québec.

Preuve qu’elle était probablement prédestinée au monde du spectacle, elle n’a pas besoin de changer de registre ni de se métamorphoser pour grimper sur une scène. « Je reste moi-même devant le public. Je ne joue pas un personnage », assure-t-elle.

Arborant de larges tatouages aux bras, cette enfant de l’immigration sait qu’elle déplace de l’air et ne voit pas du tout pourquoi elle adopterait une autre manière d’être. « Je suis intense et polarisante, c’est vrai. Et je laisse rarement les gens indifférents. Mais je suis simplement une fille qui a confiance en elle. On n’est pas habitué à ça au Québec », fait-elle valoir, tout en précisant néanmoins être bien élevée.

Elle considère d’ailleurs que plusieurs personnes devraient prendre exemple sur elle. « Je veux dire aux gens de ne pas s’excuser d’exister et de s’affirmer. Par contre, il faut être prêt à faire face à la musique quand on s’exprime sans se retenir. Et ça, moi je le suis toujours, partout où je vais. »

Cependant, si elle confesse être désinvolte par moments, Mariana Mazza estime faire preuve d’une « désinvolture plus contrôlée » aujourd’hui. Et elle soutient que ses apparitions à la télévision et au cinéma ont contribué à « adoucir » son image. En conséquence, ce serait en quelque sorte une version 2.0 de l’humoriste qui parcourrait la province pour présenter son spectacle ces jours-ci.

« Avec le temps, j’ai trouvé la façon de livrer mon art et de faire ma livraison sur scène, admet-elle. Je n’ai pas suivi de cours pour être humoriste. Et puis, de toute manière, il y a des aspects du métier auxquels l’École de l’humour ne te prépare pas. Il faut peu à peu en apprendre sur soi et sur le métier. » 

Femme ta gueule

Bien qu’elle a déjà plus de 290 représentations de Femme ta gueule derrière la cravate, Mariana Mazza entretient un peu le mystère lorsqu’on lui pose des questions concernant son one-woman-show, qui lui a permis de remporter le Félix du Spectacle d’humour de l’année au Gala de l’ADISQ en 2017. Elle fait allusion au contenu abordé en demeurant vague.

« C’est un spectacle dans lequel je me présente et je confronte, souligne-t-elle. Je parle de mes failles, de ce que je vis, de messages textes et autres. À chacune des choses que je raconte, tu pourrais dire ferme ta gueule. »

Un peu comme elle, son spectacle a évolué au fil des mois. « Son contenu est en grande partie le même qu’au début. Mais il y a eu une évolution dans ma manière de le faire. En plus, quand un spectateur intervient, je m’en sers dans ma prestation, je commence une discussion, etc. Moi, je ne veux pas statuer. Je n’aime pas les choses figées. Rien n’est plus plate que ça! »

Mariana Mazza débarque mardi (21 août) au Vieux Clocher de Magog pour une série de 10 spectacles en 12 jours. Elle retrouvera vraisemblablement cette salle avec un certain plaisir. « C’est le meilleur lieu pour tester du matériel, entre autres parce que l’endroit accueille plein de vacanciers de partout en été », déclare-t-elle, comparant la salle à un grand salon.

La suite

Si elle connaît un énorme succès avec Femme ta gueule, Mariana Mazza ne jure de rien lorsqu’on la questionne sur son avenir. Elle aurait amorcé l’écriture d’un second spectacle, mais elle ne se projette pas très loin dans le futur.

« Je m’épanouis dans mon travail en ce moment, c’est sûr. Par contre, qu’est-ce que je vais faire de ma vie à long terme? Je ne sais pas. Personne ne voudrait être condamné à rester dans le même créneau toute sa vie. Bien des choses peuvent arriver : la Troisième Guerre mondiale, des changements climatiques importants, etc... Alors je me concentre plus sur le présent que le futur », explique-t-elle.

Celle qui a été de la distribution de Bon Cop, Bad Cop 2 et De père en flic 2 pourrait évidemment à nouveau être tentée par le cinéma ou la télévision. Mais, en attendant la concrétisation d’autres projets, elle poursuivra sa tournée avec Femme ta gueule durant les mois à venir.


Vous voulez y aller?
Femme ta gueule (16 ans et plus)
Mariana Mazza

Vieux Clocher de Magog
21 au 25 août et 28 août au 1er septembre, 20 h 30
Entrée : 45 $ (mardi au jeudi), 47 $ (vendredi et samedi)
Prix étudiant : 35 $