Le public trifluvien retrouvera un de ses favoris en Claude Dubois qui clôturera la 25e édition du FestiVoix sur la grande scène.

«Ma plus grande source d’énergie»

Trois-Rivières — Au bout du fil, la voix est bonne et Claude Dubois est d’excellente humeur. La maladie ne semble pas l’affaiblir et il se dit même particulièrement excité à l’idée de revenir chanter au FestiVoix, un des événements qu’il préfère au Québec.

Malgré le cancer de la moëlle osseuse dont il souffre, sa santé est stable et c’est sur la scène qu’il puise le plus de carburant pour garder le cap. «Le contact avec le public, ça reste ma plus grande source d’énergie. C’est bien la télévision, l’Internet, mais jamais rien n’a pu remplacer le contact direct entre un artiste et son public. Ç’a été vrai de tout temps et ça le restera: c’est la seule chose qui ressemble à l’éternité. Tout le reste, ce sont des modes qui passent.»

L’auteur, compositeur et interprète de 71 ans en veut pour exemple son père qui le faisait rêver en lui racontant, quand il était jeune, les spectacles de La Bolduc qu’il allait voir. «Moi, je trouvais déjà ça fabuleux et ça ne s’est jamais démenti au cours de ma vie. La vibration qui naît de la rencontre de l’artiste et du public, c’est quelque chose d’irremplaçable parce que c’est magique. Ça existait avant la radio, avant la télé et ce sera là après.»

«Dans le cas de Trois-Rivières cette année, c’est particulier parce que je vais retrouver un paquet de monde que je n’ai pas vu depuis longtemps. En plus, je vais avoir l’honneur de clore l’événement.» L’artiste ne s’est pas produit au FestiVoix depuis 2007.

Claude Dubois a quelques spectacles à l’agenda au cours de l’été dans divers coins du Québec; certains en salles, d’autres à l’extérieur. «C’est sûr que l’émotion est différente selon qu’on est devant 12 000 personnes en plein air ou 600 à l’intérieur. Elle n’est pas moins grande en salle, mais différente. Pour moi, ça implique une façon différente de travailler. Je ne peux pas m’adresser aux gens de la même façon, il faut parler plus lentement, laisser le temps au public de réagir.»

«Les spectacles extérieurs me font penser au Forum à l’époque ou à certaines participations au Festival d’été de Québec devant quelques dizaines de milliers de personnes. Le son provenant du public t’envahit d’une façon incroyable: les pieds te lèvent de terre! J’ai eu beau en faire beaucoup au cours de ma carrière, la fibre ne s’est jamais usée. Ça me donne encore une dose d’énergie incroyable.»

Popularité inchangée
Pendant que les producteurs peinent à remplir leurs salles, Claude Dubois maintient sa cote de popularité depuis des décennies. «C’est vrai que je suis chanceux, réplique-t-il, les spectacles que je fais sont pleins. À Québec, j’en suis à ma dixième supplémentaire depuis un an. Je ne peux pas très bien dire comment ça se fait. C’est peut-être les sujets de mes chansons qui rejoignent toujours les gens, ou c’est peut-être ma personnalité. Je dois dire que j’ai toujours eu du respect pour le public. Chaque spectacle est important à mes yeux et je pense que la sincérité, ça se ressent.»

Dubois se montre plus qu’évasif sur le contenu du spectacle trifluvien du 8 juillet. «Je ne veux pas en dire trop sur le spectacle pour que le public ait la surprise. Je serai accompagné de quatre musiciens sur scène et on va passer par différentes vagues qui ont marqué mon parcours. Ce que je peux dire, c’est que le travail du groupe est très enrichissant et c’est la base de tout. Je ne suis jamais assez nerveux sur scène pour ne pas être à l’écoute de mes musiciens: c’est ça, le secret d’une bonne performance.»

Il parle d’une sorte de symbiose alors que ce sont surtout les musiciens qui ont gouverné aux nouveaux arrangements de chansons bien connues. «Ç’a été un travail de grande liberté de monter tout ça. Tout le monde a été mis à contribution pour redonner une nouvelle vie aux chansons. Évidemment, le public va les reconnaître: je ne veux pas changer tellement les chansons qu’on ne les reconnaisse plus. Ce que je peux en dire, c’est que ça a donné un sacré bon résultat.»

En plus de 50 ans de carrière, Claude Dubois ne peut se souvenir du nombre de spectacles donnés à Trois-Rivières, un endroit de prédilection pour lui parce qu’une partie de sa famille vient d’ici. «Je me souviens que dans les premières fois, je suis allé jouer dans un bar de l’autre côté de la rivière qui s’appelait La Roulette bar. J’étais assis derrière le piano avec ma guitare et comme j’avais de la famille dans le coin, j’étais sûr qu’il y aurait au moins un peu de monde à mes spectacles. Les gens ne m’écoutaient pas nécessairement mais à force d’insister ils ont fini par m’adopter.»

«Je ne sais pas si c’est encore le cas mais Trois-Rivières était un endroit baromètre: si ça marchait bien chez vous, tu allais avoir du succès partout. Moi, disons que ça a bien marché. J’ai aussi quelques bonnes anecdotes. Une fois, j’étais passé à la radio mais le personnel de la station était en grève. On m’a installé devant un micro et tout le monde est parti et il a fallu que j’anime l’émission complète tout seul», rigole-t-il de bon cœur. «Sans blague, j’ai toujours été tellement bien accueilli chez vous que c’est toujours une fête que d’y retourner.»

Il sera le dernier artiste à chanter lors de la 25e édition du FestiVoix le dimanche 8 juillet sur la grande scène, évidemment.

Goûter l’expérience plus variée

Si, à une certaine époque, un festival d’été, c’était essentiellement une grande scène avec des spectacles, les choses ont bien changé. Le FestiVoix, par exemple, a diversifié son offre pour offrir une expérience beaucoup plus variée, mélangeant les plaisirs et les atmosphères. Le bon festivalier a tout intérêt à en profiter. Voici quelques exemples.

L’espace côté jardin Métro

C’est d’abord là que l’innovation est venue avec le bistro SAQ permettant d’écouter spectacles de jazz tout en sirotant quelque boisson enivrante et de la bouffe préparées sur place dans une des cuisines mobiles confortablement attablé sur la terrasse. Quoi de mieux pour apprécier pleinement un beau soir d’été?

La nouvelle scène de la vieille prison

On reprend un peu l’expérience précédente avec service de bar incluant des bières du Trou du diable et de la bouffe sur BBQ assurée par la Maison de débauche. L’innovation tient d’abord au site, très intrigant et particulièrement invitant à l’ombre des murs anciens de la vieille prison mais aussi à la programmation acoustique avec notamment Michel Pagliaro, King Melrose, Daran, Les Frères Lemay, Paule Landry. Les spectacles sont présentés à partir de 17 h. Ça pourrait bien être la nouveauté la plus plaisante de l’édition du 25e anniversaire du FestiVoix.

La scène des voix classiques 

On n’en parle pas tellement, pas assez en fait, mais la scène de la Maison de la culture pour la musique classique a toujours été une des plus agréables du FestiVoix. Loin du tumulte, dans l’atmosphère feutrée et intime de la salle Anaïs-Allard-Rousseau, on vit parfois des moments de grâce. La programmation est relevée avec Quartom, Valérie Milot, Caroline Gélinas, Jean-Michel Blais et Les Songes. Les spectacles sont présentés par Culture Trois-Rivières et les détenteurs de passeports du FestiVoix ont droit à un escompte de 10 $ sur un billet dont le coût régulier est d’une vingtaine de dollars. Les spectacles auront lieu dès 16 h les 29 et 30 juin ainsi que les 6, 7 et 8 juillet.

Les Voix maritimes

L’expansion du FestiVoix vers la rive sud du fleuve amène une nouveauté qui donne accès à une nouvelle expérience maritime. Des spectacles seront présentés au quai de Ste-Angèle les samedis et dimanches pendant le FestiVoix. On peut s’y rendre grâce à la navette fluviale qui effectue une traversée 45 minutes avant le début des représentations prévues pour 13 h 45 les samedis et 11 h les dimanches. Le coût en est de 8 $ pour un aller-retour et de 5 $ pour une simple traversée. Les vélos sont les bienvenus.