On mettait mercredi la dernière touche à la pièce Lucky Lady qui sera présentée par le TGP à la salle Anaïs-Allard-Rousseau les 8, 9, 10, 11, 15, 16 et  17 décembre.

Lucky Lady au TGP: au-delà de la laideur

C'est la pièce Lucky Lady de l'auteur Jean-Marc Dalpé que le metteur en scène Tommy Joubert propose au public trifluvien comme deuxième production de la saison du Théâtre des Gens de la Place.
Les sept représentations auront lieu à la salle Anaïs-Allard-Rousseau de la Maison de la culture les 8, 9, 10, 11, 15, 16 et 17 décembre.
À noter que lors de la représentations du dimanche 11 décembre, à 14 h, l'auteur de la pièce sera sur place et participera à un échange avec les spectateurs au terme de la représentation. Toutes les autres représentations sont prévues à 20 h.
À 25 ans, Tommy Joubert est un jeune metteur en scène mais n'en a pas moins un parcours de théâtre étoffé. Ce récent diplômé en interprétation de l'École nationale de théâtre du Canada a fait ses premières armes grâce à l'option théâtre de l'école secondaire Chavigny, formation qu'il a poursuivie au cégep trifluvien. Il a participé à deux productions du Théâtre des Gens de la Place comme interprète à l'époque du cégep.
Pourquoi alors l'aventure de la mise en scène à ce moment-ci? «D'abord, j'aime raconter des histoires. Par ailleurs, je me suis rendu compte que la direction de comédiens m'aide dans mon propre cheminement d'interprète. Ça m'aide à bien exprimer mes exigences, à mettre des mots sur des impressions et comme je continue de jouer en parallèle, c'est formateur pour moi.»
Il s'est tourné vers une pièce de Jean-Marc Dalpé qu'il a eu comme professeur à l'École nationale de théâtre.
«Ayant lu toute son oeuvre, cette pièce m'a particulièrement rentré dedans, confie-t-il. Elle est peuplée de personnages qu'on n'aime pas, qu'on ne veut pas voir gagner mais qui nous touche quand même. Ça confronte le spectateur à ses jugements envers des gens qu'il regarde de haut dans la vie, le tout sur la base de jugements pas forcément fondés.»
Il a notamment été happé par le rythme de cette pièce qui a une parenté avec le cinéma dont il est un fan. «C'est très rythmé: on a des scènes qui n'ont que deux répliques, puis on passe à la suivante. À ce titre, ça me fait un peu penser au film Pulp Fiction de Tarantino: il y a un gros suspense et derrière le drame apparent, c'est très drôle.»
Les personnages de la pièce sont des paumés au langage particulièrement vulgaire dont les horizons sont bouchés. «Ils viennent de quartiers défavorisés où ils vivent comme en parallèle des gens plus riches. Ils sont à part. Comme la musique prend beaucoup de place et qu'elle est dans un style country, un genre musical lui aussi en parallèle des tendances plus populaires, j'ai choisi d'avoir un groupe de musiciens sur scène pendant toute la pièce», explique le metteur en scène.
«La langue des personnages est crue et c'est vrai qu'ils sont laids mais je les ai traités avec respect. Qui suis-je, moi, pour juger ces gens-là? C'est pour ça que j'essaie de leur donner une certaine beauté, une humanité invisible au premier coup d'oeil. J'aime l'idée d'aller puiser la beauté dans ce qui est dégueulasse. C'est en ça que ça peut confronter le public quant aux jugements faciles que nous portons tous sur des gens de condition sociale différente de la nôtre.»
«Dans le dernier acte de la pièce, les personnages sont dans une situation de tension où ils pourraient enfin gagner et là, dit le metteur en scène, les spectateurs pourraient se surprendre à vouloir du bien à l'un ou l'autre. Je ne souhaite à personne de se reconnaître dans ces personnages-là, mais en même temps, j'aimerais ça que ça arrive.»
La pièce regroupe cinq interprètes, tous originaires de Trois-Rivières: Francis Legendre, Thierry Béliveau, Célane Dodier Côte, Élodie Mongrain et Cindy Gagné. «J'ai confié à certains des rôles qui leur allaient bien alors que j'ai donné des défis d'interprétations à d'autres en les sortant de leur zone de confort mais en bout de ligne, je suis vraiment très satisfait du résultat.»