Dans sa pièce J’aime Hydro, Christine Beaulieu entraîne le public dans sa propre recherche à la découverte d’Hydro-Québec et de ses stratégies énergétiques.

L’ouverture amène la lumière

Trois-Rivières — Dans son texte de J’aime Hydro, Christine Beaulieu ne manque pas de dire qu’elle se sentait dépassée par la tâche devant ce défi. «J’ai finalement abordé ma recherche comme une simple citoyenne qui cherche à s’informer. Cette citoyenne-là est allée à fond dans le projet. Si j’ai un mérite dans cette aventure, c’est que je me suis beaucoup investie même si au départ, je ne pensais pas me rendre au bout.»

Déjà, devenir auteure constituait une énorme gageure. «J’ai adoré l’écriture, soutient pourtant la comédienne. Cependant, j’ai découvert que c’est extrêmement prenant. J’étais constamment habitée par ça, j’y réfléchissais toujours, toujours. Tant que je n’ai pas fini par trouver la bonne fin à mon histoire, j’ai été obsédée et je portais toujours le texte en moi.»

La comédienne y a trouvé un espace bien à elle pour réfléchir et partager sa façon de voir la vie.

«Beaucoup de gens l’ont noté: je fais preuve de beaucoup de candeur dans le texte simplement parce que, que je le veuille ou non, je suis candide. J’ai du caractère et je sais prendre ma place mais je suis aussi très ouverte aux discussions et aux opinions différentes des miennes. C’est d’ailleurs ce que je fais avec J’aime Hydro: je présente honnêtement différents points de vue. Je ne suis pas dans le jugement ou la critique. Je déteste le cynisme ou le sarcasme. Ce qui m’intéresse, c’est de comprendre les choses et pour cela, il faut bien écouter avec attention et ouverture différents points de vue.»

«Je trouve dommage qu’un peu partout, les idées soient devenues extrêmement polarisées. Mon approche n’est pas d’être pour ou contre un enjeu mais de bien le saisir. J’ai été très chanceuse puisque tous ceux à qui j’ai demandé de participer au débat sur Hydro-Québec ont accepté. Le ton de mon écriture devenait donc extrêmement important pour refléter un respect des perspectives divergentes. Au bout de l’exercice, on constate que l’entente est probablement plus proche qu’on pense. Si on est braqué dans une opinion au départ, on ne peut en arriver à un vrai dialogue.»

«Je pense que les gens de ma génération sont tannés de la polarisation des idées et ont envie de débats productifs. Je ne dis pas qu’on règle définitivement des problèmes, mais au moins, on sait mieux de quoi on parle. J’accepte l’insécurité de ne pas avoir de réponses claires et définitives aux grands problèmes. Les nuances sont peut-être plus déstabilisantes que les opinions très tranchées, mais elle ouvrent vers plus de lumière, je trouve.»

C’est sans doute la raison pour laquelle elle refuse l’épithète de militante.

«Dans ce débat sur Hydro-Québec, je me considère plus consciente que militante. Je sais bien que l’argent est au coeur de beaucoup de grandes orientations mais pour moi, l’argent a moins de valeur que la nature. Il me faut suffisamment de sous pour payer ma maison et vivre décemment, mais l’argent reste une totale invention humaine alors que la nature fait partie de nous comme nous d’elle. Elle nous permet de vivre. Ce n’est pas du militantisme que d’être simplement fidèle à mes valeurs.»