Familier de la salle Thompson, Louis-José Houde y présentera une supplémentaire de son quatrième spectacle solo, Préfère novembre, le vendredi 6 décembre.

Louis-José Houde: toujours drôle, toujours pertinent

TROIS-RIVIÈRES — Le spectacle de Louis-José Houde Préfère novembre fête ses deux ans d’existence et l’humoriste se fait encore un devoir de rencontrer la presse pour en discuter. Le plus étonnant, c’est qu’il a encore beaucoup de choses intéressantes à dire sur ce spectacle de type stand-up qu’il présentera le vendredi 6 décembre de même que le mercredi 4 mars 2020 à la salle Thompson en supplémentaires.

«C’est vrai, convient-il, que quand un nouveau spectacle débute, j’en parle abondamment dans les médias. J’ai appris à sélectionner les thèmes qui ont une plus longue durée de vie pour les entrevues subséquentes, ce qui fait que j’ai toujours quelque chose de pertinent à en dire.»

La chose est d’autant plus facile dans ce cas-ci que ce quatrième spectacle a été élaboré d’une façon différente des précédents. «Plutôt que de faire comme à mes débuts et chercher des sujets comiques que j’essaie de rendre plus comiques encore, j’ai cherché des sujets qui me tenaient simplement à cœur. Le genre de sujets qui ressortaient le plus souvent lors des soupers de famille ou entre amis. Donc, il ne s’agissait pas de sujets drôles en soi et le défi a été de les traiter de façon comique. C’était très intéressant du point de vue créatif et aujourd’hui, deux ou trois ans plus tard, plusieurs de ces sujets continuent de me préoccuper. J’aborde notamment certains problèmes sociaux comme le racisme, l’environnement, les rapports sexuels non consentants, etc.»

«Je suis assez d’accord avec l’idée qu’on peut rire de presque tout. On dit toujours que c’est une question d’angle. En traitant de choses comme ça dans un spectacle comique, ça nous entraîne assurément sur une glace mince mais quand le rire survient, il fait beaucoup de bien. Tout est dans l’attitude, comment tu amènes le problème et comment tu te situes par rapport à ça. Il n’est certainement pas bien avisé de réagir à chaud sur un sujet délicat: ça prend un certain recul. Il m’arrive d’ailleurs souvent d’écrire en réaction immédiate à un événement mais c’est très rarement du matériel qui va me servir dans un spectacle.»

«Trouver le bon ton, c’est tellement délicat: c’est dans la présentation autant que dans l’écriture. Par contre, c’est intéressant parce que ça amène le spectateur dans une autre zone au cours de la soirée. Ça change le ton, le tempo, l’ambiance. Ça fait des spectacles plus texturés, plus substantiels. J’ai d’ailleurs l’intention de le faire de nouveau dans l’avenir.»

L’humoriste est déjà en train d’écrire son prochain spectacle, bribe par bribe, au gré de l’inspiration et du temps précieux que lui offrent les tournées. Il y a déjà un moment qu’il a intégré le texte de Préfère novembre ce qui ne veut pas dire qu’il ne travaille pas toujours dessus. «Il y a mille petites choses que je fais pour garder le matériel frais même si tout est bien en place. Souvent, je vais me concentrer sur complètement autre chose dans la loge; je ne répéterai pas la moindre ligne avant d’entrer en scène, histoire de vraiment plonger en y mettant les pieds. Je vais aussi essayer de nouvelles mimiques ou simplement changer un détail comme de faire tel ou tel geste du côté opposé à celui auquel je suis habitué. Mine de rien, ça change systématiquement la façon de dire le texte. Pour plusieurs passages, j’ai des versions courtes et des versions longues que je change au gré de mes envies. J’aime prendre des décisions alors que je suis sur scène. Il y a aussi du texte qui disparaît en cours de route parce qu’il ne me plaît plus autant; il faut toujours aimer tout son matériel.»

Les humoristes ont le devoir de prendre le pouls de chaque salle, sentir dès les premiers mots de la représentation à quel genre de public ils ont affaire et le temps que met le rire à faire le tour de la salle, ce qui détermine le rythme de leur débit. Louis-José Houde connaît très bien la salle Thompson. Non seulement l’a-t-il visitée à quelques reprises pour chacun de ses spectacles solos, mais il se souvient aussi d’un été complet, en 2004, alors qu’il a offert quelque 25 représentations de Louis-José Houde, son tout premier spectacle solo, dans le cadre d’une résidence.

«C’est une salle que j’aime beaucoup, dit-il. D’abord, il y a le décor, bien sûr, qui est unique et qui nous transporte ailleurs mais elle a aussi une configuration très spéciale. La scène est très haute par rapport au parterre alors que le balcon est très bas en plus d’être très massif. Comme toutes les salles d’un certain âge, on entend très bien les rires du public mais surtout, on a l’impression que tout le monde est près de nous. De la scène, on sent vraiment bien la salle.»

La chose en surprendra plusieurs, mais à une semaine de la présentation de Préfère novembre, il reste plusieurs billets disponibles. On peut se procurer les siens sur le site culture3r.com.